Sciences : Sarkozy VS Obama !

20 février 2009

Un montage particulièrement réussi qui compare les positions des deux aspirants au poste de président du monde sur le sujet des sciences.


Obama, une investiture mutatis mutandis

21 janvier 2009

J’ai essayé de résister, mais il est dur actuellement de ne pas parler des Etats-Unis le monde ayant cessé de tourner depuis plusieurs semaines et l’élection de Barack Obama. Petite analyse de son discours d’investiture.

Le président américain et la première dame le 20 janvier 2009

Jim Young / Reuters : Le président américain et la première dame le 20 janvier 2009

Le discours de Barack Obama paraît plus en rupture avec ses allocutions précédentes qu’avec les investitures de ses prédécesseurs. Il a utilisé un style plus policé, moins lyrique que lors de sa campagne. La solennité de l’événement est vraisemblablement la cause de ce changement de style : « On ne peut pas parler de sacrifice, de responsabilité et de refondation sur un ton qui galvanise les foules. » commente Vincent Michelot, professeur de civilisation américaine à l’IEP de Lyon.

Depuis l’hexagone on peut en tout cas être surpris de voir un discours où le « je » est aussi peu utilisé. Dans cette allocution, Barack Obama l’emploie seulement trois fois contre 92 « nous »! Nous avons eu l’occasion de montrer sur ce blog que l’impression d’égotisme surdimensionné de notre président tient à son absence d’utilisation de ce nous.

Si l’introduction de son discours rend – comme le veut la coutume – hommage à l’équipe précédente, le reste est nettement plus critique. Le discours inaugural est fait pour rassembler la majorité des américains pourtant Barack Obama a férocement critiqué les « enfantillages », les « haines » et les divisions du passé visant bien sûr l’administration Bush.

Le point central du discours de Barack Obama est à mon avis le fait qu’il ait beaucoup insisté sur les notions de responsabilité et de sacrifice. Ces deux termes ont été rarement prononcés au cours des années Bush. Il a notamment utilisé à huit reprises dans ce court discours le terme de travail ou un dérivé. C’est probablement la seule vraie rupture dans ce discours qu’il a comme ses prédécesseurs placé sous le signe de Dieu invoqué à trois reprises. Il ne faut pourtant pas croire (contrairement à Christian Estrosi) qu’il y ait une quelconque inspiration sarkozienne dans cet appel au travail : dans le monde de Barack Obama, les ouvriers « préfèrent travailler moins que de voir un ami perdre son emploi ».

Conscient de la pression mondiale, le nouveau président américain a aussi fait des déclarations de « président du monde ». Affirmant que « les Etats-Unis doivent jouer leur rôle en donnant l’élan d’une nouvelle ère de paix » et à propos de son Etat il a ajouté : « nous sommes prêts à nouveau à jouer notre rôle dirigeant. »

En dehors de ces éléments, ce discours était relativement pauvre, quelques anaphores mettent en relief le caractère historique de l’événement puisqu’un homme de couleur qui – il y a seulement soixante ans – « n’aurait peut-être pas pu être servi dans un restaurant de quartier » est à présent le 44ème président des Etats-Unis.

Laissons un peu retomber le soufflé médiatique et attendons les premiers agissements du président Obama pour juger sur pièces.


Un mois après son élection, Obama dans la presse d’extrême droite française

4 décembre 2008

Alors que la planète entière célébrait la victoire de Barack Obama le mois passé (voir ici), j’ai voulu aller faire un tour du côté de la presse d’extrême droite française pour voir comment cette élection avait été reçue. Je me suis tourné vers les trois journaux qui font référence en la matière depuis la fin de l’ère National Hebdo, c’est à dire: Rivarol, Le Choc du Mois et bien sûr Minute. J’ai essentiellement parcouru les articles publiés en novembre par ces trois revues, même si je suis parfois allé piocher dans quelques autres articles des mois précédents.

Trois conclusions. La presse d’extrême droite française n’a pas « voté » pour Barack Obama ; ce n’est pas important d’avoir élu un noir président des Etats-Unis mais ce qui est dommageable c’est qu’il soit musulman ; son élection n’est en rien un événement.

small_obama_imageLes trois journaux font preuve d’une certaine unité dans le traitement d’une certaine élection. Tout d’abord, ce n’est pas un événement de premier plan. Ils consacreront chacun au maximum une « une » au sujet,  avec des articles moins étayés que ceux traitant de la carrière de Dieudonné (que l’on appelle volontiers « Dieudo ») ou de l’avenir du F.N.. On affiche un certain soutien à la candidature de Sarah Palin qui a été « honteusement lynchée » par les médias et surtout on n’aime pas, mais alors pas du tout, l’admiration que suscite Barack Obama dans la presse mondiale. Un journaliste de Rivarol pense d’ailleurs que « quiconque ne bée pas d’admiration devant Obama [sera considéré comme] raciste ». Il est vu comme une pure création des médias, « le produit de l’année, secteur grande distribution ».

Dans les quelques caricatures qui lui sont accordées (à côté d’une caricature d’un immigré qui apprend le français en commençant par les mots Allocs, sécu, chôm du, CMU, RSA [sic]) on le voit représenté en pantin manipulé par les lobbies. On le présente comme un « fumeur de hash » qui fait « honneur à la pègre », pire encore il est ça et là qualifié de Marxiste, de Trotskiste ou de Maoïste… Dans les colonnes de Minutes on affirme déjà qu’il va se planter sur tous les grands sujets et que la déception ne va pas tarder à se faire sentir.

Les trois journaux se voient aussi obligé de commenter la couleur du candidat (comme beaucoup de journaux par ailleurs). Elle n’est pas toujours traitée frontalement parfois les journalistes préfèrent un biais détourné comme les jeux de mots. C’est notamment le cas de Pierre Villedary dans Le Choc du Mois dont l’article intitulé « Quand l’Obamania altère la raison ; un loup déguisé en agneau » est paru avant l’annonce de la victoire d’Obama. Pour annoncer le suspens du résultat il utilise l’expression « Roulez tambours, résonnez gospels », une manière déguisée de renvoyer à la couleur du candidat. C’est aussi le cas d’articles parus dans les autres journaux où l’on retrouve par exemple l’idée que l’Amérique est tombée dans « le pot au noir (économiquement bien sûr)» ou quand on ironise sur le nom de la Maison Blanche que d’aucun voudrait renommer la « maison noire » et que François Couteil propose de renommer la Maison du Café. Un humour que chacun appréciera. Il n’est pas rare de trouver aussi de l’ironie autour de la couleur du candidat. Dans l’article que nous citions auparavant l’auteur utilise à trois reprises l’expression « noir (ou métis) » mais aussi le terme de « demi-noir » raillant ainsi les commentaires que l’on peut lire dans le reste de la presse. Minute renchérit en écrivant : « Il possède une particularité physique épatante: il est noir. ». Pour les journalistes de ces trois rédactions (qui sont parfois les mêmes d’un journal à l’autre) il s’agit d’une « négritude très politique » Pour Jean Sageret du Choc du Mois les conseillers de Barack Obama le rendent plus ou moins noirs selon les circonstances… Après avoir ajouté un jeu de mot à la liste – « Soyons clairs (pardon) » – le journaliste conclut que « sa couleur n’est pas un héritage mais un calcul politique ».

En fait, ce que les journalistes entendent surtout dénoncer c’est que Barack Obama n’est pas le chrétien qu’il prétend être. Le premier procédé employé est d’utiliser (presque) systématiquement le second prénom de Barack Obama que l’on écrit Hussein ou Husseyn selon les journalistes. Ces derniers n’oublient pas de noter qu’Hussein rappelle l’ex-dictateur irakien aussi surement qu’Obama rappelle Osama (Bin Laden). Dans une enquête parue en février dans Le choc du mois intitulée « Quand Obama rime avec Allah » les journalistes notent que le père de Barack était un polygame musulman (il était marié à une autre femme quand il a mis au monde le futur président!), que Barack Hussein a étudié dans une medresa,… Ils vont même jusqu’à retrouver un de ses camarades d’écoles qui affirment avoir vu le nouveau président américain dans une mosquée… Dans Rivarol, on le qualifie de « frotté d’Islam » et de « mutant emblématique du village planétaire », pour insister un peu davantage il est même nommé Obamessiah (de messiah le messie). Le journaliste conclut son article en affirmant qu’Obama préfèrerait surement porter serment sur le Coran que sur la Bible et finit son article par ces mots: « Pour tous ceux qui croient en lui dont nous ne sommes pas, souhaitons que « God Bless Obama » ou plutôt qu’Allah protège Obama. » Ironie du sort quelques mois plus tard, le même journaliste critiquera Obama pour être « A la botte des lobbies israéliens », on n’est pas à une contradiction près…


L’élection de Barack Obama : un événement planétaire

7 novembre 2008

Ceci n’est pas vraiment un article, ce n’est pas même vraiment une revue de presse, juste un panorama des unes de la journée d’hier dans le monde entier. Trouver les unes n’a pas toujours été aisé surtout pour les pays dont je ne maîtrise pas l’alphabet ce qui explique l’inégale répartition des journaux. J’ai cependant essayé de présenter ici un maximum de revues.

On connait assez bien les unes des journaux américains, je ne vais pas m’y arrêter mais juste vous les présenter comme suis.

frontpages

Ces journaux ayant été tellement vendus, que de nombreux vendeurs se sont trouvés en rupture de stock (voir photo ci-dessous), si bien que l’on peut trouver certains numéros d’ores et déjà à 1000$ sur Ebay.

ruptures

Le phénomène Obama a bien entendu été international. Commençons par aller faire un tour au niveau de la presse européenne francophone.

franco

De gauche à droite, Libération (France – « un rêve d’Amérique »), L’humanité (France – « L’onde de Choc Obama »), Le Monde (France – « ce que le monde attend d’Obama »), Le Figaro (France – « Ce que ve faire Obama), Le soir (Belgique –  » notre rêve américain »), La libre Belgique ( Belgique – « Une histoire à écrire »).

Regardons à présent quelques autres unes en Europe

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Aksam ( Turquie – « Faire l’histoire »), De Standaard (Belgique-Pays Bas – « Yes we can »), Milliyet (Turquie – « Espoir planétaire »), SZ (Allemagne – « Le monde exulte: Obama devient président »), La Stampa ( Italie – « Obama, l’Amérique »), Cotidianul (Roumanie – « Planete le moment O.), El Mundo (Espagne – « Le début d’une nouvelle ère »), El pais (Espagne – « Le changement est arrivé en Amérique »), L’osservatore romano ( Vatican – « Nous sommes les Etats-Unis d’Amérique ») et enfin un journal grec qui titre: « un souffle d’espoir sur la planète ».

Dans le reste du monde, commençons par l’Amérique Latine et centrale:

amerique-latine

La Jornada ( Mexique – « Donner vie au changement, le grand défi pour Barack Obama »), El Tiempo ( Colombie – « Le monde fait la liste des doléances à Barack Obama »), El Mundo (Venezuela – « Barack Obama avec plus de pouvoirs que l’enfant Jesus »), La nacion ( Argentine – « Le monte célèbre Barack Obama »), O globo (Brésil – « Le monde célèbre le nouveau visage des Etats-Unis »), Folha de S.Paulo ( brésil, « la victoire de Barack Obama écarte les conservateurs du pouvoir et met en échec le racisme »)

Enfin un petit panorama de quelques autres journaux que j’ai pu rencontrer ça et là.

reste-du-monde-copy

en haut: Un journal kenyan, un extrait de Russia Today (écrit en arabe, l’article écrit que le pays accueille la nomination d’Obama avec scepticisme), un extrait d’un journal chinois puis enfin un journal iranien.

en bas: El Watan (journal algérien francophone titre : « Guérir l’Amérique, réparer le Monde »), puis deux journaux iraniens, un journal irakien et enfin la une de Daily Nation (Kenya – « Les kéniens célèbrent la victoire d’Obama).

A travers cette une, j’ai voulu montrer l’espoir mondial qu’a suscité la victoire d’Obama, pour lui, le plus dur reste donc à venir…


Le vote hispanique, un enjeu qui ne craint pas le ridicule

28 février 2008


Non non, ce n’est pas une parodie, cette vidéo est vraiment visible sur le site de Barack Obama. Le vote hispanique est tellement important dans certains états que les candidats ont dû rivaliser d’imagination. Les chants de campagnes sont donc aussi un terrain de bataille. Evidemment Hillary Clinton a aussi sa chanson traditionnelle mexicaine.

Outre le côté folklorique désuet, notons tout de même que les paroles montrent les enjeux, et les atouts mis en avant par les candidats.

J’ai tenté une traduction qui vaut ce qu’elle vaut:

Pour la chanson Viva Obama, les paroles sont:

Au candidat qui s’appelle Barack Obama,
Je chante cette chanson avec une âme humble
Qu’il a aussi puisque il est né sans prétention.

Il a commencé dans les rues de Chicago
Travaillant pour protéger les travailleurs
Et nous unir, tous, dans cette grande nation.

Vive Obama, vive Obama !
Des familles unies, sûres grâce au plan de santé
Vive Obama, vive Obama !
Un candidat qui lutte pour notre nation.

Peu Importe si tu es de San Antonio
Peu importe si tu es de Corpus Christi
De Dallas,…
Ce qui compte c’est que nous votions pour Obama
Parce que sa lutte est aussi la notre
Et qu’aujourd’hui il y a urgence.
Pour que ça change, soyons unis
Avec notre ami, Barack Obama.

Les paroles de la chanson pour Hillary Clinton sont plus simples encore:

Hillary, Hillary Clinton, c’est pour elle que je vote. (bis) Mes amis, c’est Johnny Canales, je voudrais dédier une chanson à notre amie, Hillary Clinton… Nous avons besoin de changements, il y a tant de choses à améliorer, et il n’y a qu’une candidate qui peut réussir. Elle a l’expérience, son mari a gouverné, et ensemble ils rendront les choses meilleures. Hillary, Hillary Clinton, c’est pour elle que je vote. Une présidente forte, peut mettre fin à la guerre et assurer les soins aux personnes de cette terre, des lois migratoires justes et une économie meilleure. Je n’y réfléchis pas à deux fois, pour Hillary, je vote. Hillary Hillary Clinton, c’est pour elle que je vote, Hillary, Hillary, Clinton, c’est pour elle que je vote, C’est pour Clinton que je vote.

Dans ces paroles, deux choses me marquent immédiatement, l’utilisation du terme « ami(e) » pour désigner le ou la candidate et l’utilisation du terme changement. J’avais déjà parlé du second point dans un précédent billet, n’y revenons pas. Mais ce terme d' »ami(e) » est tout de même marquant. On imagine mal, même avec sa familiarité lexicale, Nicolas Sarkozy se faire appeler « l’ami ». La campagne américaine est vraiment différente et c’est probablement ce qui justifie des clips aussi désuets que ceux que l’on peut voir ici, ou comme la désormais célèbre parodie de la mythique série Soprano tournée par Hillary et Bill Clinton en personne. Difficile d’analyser cette proximité factice avec les électeurs, espérons simplement que dans ce domaine nous n’imitions pas trop vite les états-uniens. Ce serait vraiment étrange que pour la campagne 2012, Nicolas Sarkozy tourne avec Carla Bruni un épisode de plus belle la vie, et que le candidat du PS face un rap pour obtenir le vote des jeunes des banlieues, non?

En dehors, des points communs que l’on vient de voir, nous pouvons noter une vraie différence entre les candidats. Pas entre leur programme, ils défendent tous les deux les travailleurs et leur système de santé, n’oublions tout de même pas qu’ils sont du même camps à la base. Non, la différence vient de la personne, Hillary est compétente, elle joue sur la popularité et l’expérience de son mari alors qu’Obama est près du peuple, il est humble et a le même combat que celui de la minorité espagnole (est-ce parce qu’il est noir?). On joue uniquement sur l’image, le programme n’est quasiment pas évoqué…

Tout cela pour dire que sous un petit air innocent et totalement kitsch se cache une vraie arme de communication électorale, ils sont forts ces américains.


CHANGE the wor(l)d!

7 février 2008

Bien que déjà un peu éloignée on se souvient tous de la campagne électorale qui a ponctué l’année 2007. La gauche parlait de devoir de victoire et d’ « élection imperdable ». C’est pourtant bien Nicolas Sarkozy qui a été élu à la suite d’une campagne placée sous le signe du changement. « La France ne peut pas rester immobile, et je veux porter le changement » déclarait-il, la gauche, probablement trop désordonnée, n’a pas réussi à démontrer l’incohérence – pour un candidat qui a été un ministre majeur du gouvernement sortant – de se revendiquer comme changement. En revanche, elle a su communiquer sur ce thème, « le grand vent du changement s’est levé » scandait Ségolène Royal à Toulon avant de dévoiler son affiche pour le second tour intitulée « le changement »

Indéniablement, on peut donc affirmer que pour être élu en France, il faut être le candidat du changement. « Changer la vie » disait Mitterrand, ce que Raymond Barre approuvait par cette formule gravée dans le marbre par un sketch de Coluche : « il faut mettre un frein à l’immobilisme ». D’ailleurs, quand on veut se revendiquer de l’héritage de son prédécesseur, c’est le cas de Pompidou puis de Giscard, on se revendique certes du changement, mais du « changement dans la continuité ». Mais alors ce thème récurrent du changement est-il un mal français ? Rien n’est moins sûr.

Outre-Atlantique, le mot est aussi utilisé avec une unanimité stupéfiante. Barack Obama a ouvert le bal, en communiquant énormément sur le terme change plus que sur son propre nom. Ses militants sont des « agents of change » (agents du changement pas agents de change !) et son slogan principal est « stand for change » (représenter le changement). Voyant que ce terme faisait mouche Hillary a emboité le pas prenant pour slogan « ready for change » (prêt pour le changement). Elle a même déclaré que le fait même qu’une femme entre à la maison blanche serait un changement, renchérissant : « Je veux faire des changements, mais j’ai déjà fait des changements. Je continuerai à faire des changements. Je ne me contente pas de promettre des changements. Je propose trente-cinq ans de changement ». Les républicains ne comptaient certainement pas être de reste, d’autant plus que pour eux il est difficile de se revendiquer de George Bush au plus bas dans les sondages. Mitt Romney, qui vient de retirer sa candidature déclarait « J’ai apporté du changement à toute une série de sociétés. Pendant les J.O., on a eu des problèmes : j’ai apporté du changement. Dans le Massachussetts, j’ai apporté du changement. Je l’ai fait. J’ai changé les choses. ». Le favoris de ses élections, John McCain, a d’ailleurs déclaré « Change is coming » (le changement arrive).

Difficile de se retrouver dans tous ces changements. Notons tout de même une expression très intéressante dans l’intervention de Romney. Les réponses qu’il apporte aux « problèmes » ne sont pas des solutions mais « du changement ». On dirait que le lexique électoral s’est figé sur ce mot. Impossible d’en utiliser un autre. Mais cette omniprésence du mot « changement » dans ses élections amène toute une série de questions. Est-il possible que deux rivaux se réclament tous deux du changement ? Comment les électeurs peuvent-ils s’y retrouver ? Qui est le plus légitime des candidats pour se réclamer du changement ? Pourquoi faut-il absolument promettre le changement ? Comment se fait-il que les candidats qui parlent de changement ne soient pas totalement décrédibilisés quand leurs adversaires et leurs prédécesseurs utilisaient déjà le même terme ?… La liste pourrait être longue sans que l’on ait pour autant de réponses. Donner une réponse semble d’autant plus impossible que personne ne cherche jamais à définir ce que veut dire ce terme. Qu’est-ce que c’est qu’un changement ? C’est comme une révolution mais sans le côté révolutionnaire ? On veut bien changer mais pas trop ? Pourquoi alors ne faut-il pas utiliser le terme amélioration, modification, mutation… ? Comment le consensus autour de ce mot a-t-il pu s’établir alors qu’il est franchement difficile de le définir?

Beaucoup trop de questions auxquelles je ne pourrai pas répondre, puisque la seule définition du terme qui me vient à l’esprit est celle donnée par Coluche : « le changement, c’est quand on prendra les arabes en stop ».


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