"Grenelle", un nom bien commun

Alors qu’il était à Dijon pour défendre le Revenu de Solidarité Active, Nicolas Sarkozy a promis un « Grenelle de l’insertion ». Cette annonce faite au moment où l’assemblée nationale se plaint de ne pas assez débattre dans ce « Grenelle de l’environnement » m’amène à réfléchir, dans le cadre de ce blog dédié aux mots, à l’utilisation du terme « Grenelle ». Pourquoi le Président emploie-t-il ce mot plutôt que sommet ou états généraux ?

Il y a bien sûr dans un premier temps un effet de communication. Il fallait un terme qui marque une rupture, un terme qui attire l’attention des médias et des individus. Un terme que l’on puisse retenir. Mais pourquoi « Grenelle » ?

Rappelons l’origine des accords de Grenelle. Ces accords ont été signés le 26 mai 1968, alors que la France se trouvait au cœur des grèves de grande ampleur de mai 68. Il y a une crise. Crise qu’il faut résoudre d’urgence. Pour cela le gouvernement Pompidou avait regroupé des représentants des syndicats et des organisations patronales. Le problème que ces partenaires sociaux devaient résoudre dans les locaux du ministère du travail – rue de Grenelle – était un problème de société. Selon Denis Barbet, politologue, ces accords se devaient de « révolutionner les esprits, les mentalités et les pratiques. »

C’est donc bien à cette idée que le gouvernement se réfère en annonçant des « grenelles » à tous les maux de notre société. Ainsi, plus personne n’accuse le gouvernement de vouloir « liquider l’héritage de mai 68 » et, de surcroît, on nous prépare à des réformes révolutionnaires tout en trouvant une formule qui fait mouche et que les médias répètent à cœur joie. Notons tout de même que cette idée n’est pas nouvelle, Lionel Jospin avait organisé en 2001, « le Grenelle de la santé ». Sommet qui n’avait pas été une grande réussite, tout comme « les accords de Grenelle » qui rappelons-le n’avaient pas soldé la crise de mai 68…

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One Response to "Grenelle", un nom bien commun

  1. Greg dit :

    J’ai eu la chance de participer Vendredi à une conférence donnée par Denis Barbet au sujet du « Grenelle de l’environnement ».

    Voici donc quelques détails. Le terme « Grenelle de » a -en fait- été utilisé à de nombreuses reprises depuis 2001. Pour ne donner que quelques exemples il y a eu un Grenelle de l’Unedic, de la sécurité, de l agriculture, de la production cinématographique,…

    A chaque utilisation de ce terme, on pouvait noter trois grands principes: il y a une crise, il faut réunir autour d’une table les partenaires concernés et la solution appelle à une révolution des mentalités.

    Notons pour finir que Denis Barbet, penche pour une éventuelle lexicographisation (entrée dans le dictionnaire) de cette antonomase qui pour lui a été utilisée par le gouvernement pour revisiter Mai 68 en ne gardant que le souvenir de la sortie de crise.

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