Guaino, une plume bien mal inspirée.

La joute oratoire entre BHL (devrais-je dire PCP ?) et Guaino a marqué l’actualité de la journée. Un mot me vient à l’esprit : dommage ! Bernard Henry-Levy accuse celui que l’on appelle « la plume de Sarkozy » (Je me passerai de l’appeler « le nègre », par peur de mauvais goût.) de racisme, et celui-ci ne trouve rien de mieux à faire que de lui répondre qu’il n’est qu’un « petit con prétentieux » qui «a la bave aux lèvres, avec la haine qui suinte de partout ».

Dommage, en effet, puisque le débat sur le caractère raciste – ou non – de ce discours n’a du coup pas avancé. Cette accusation avait permis de remettre sur le devant de la scène ce discours qui n’avait que faiblement influencé nos préoccupations estivales. Proclamé à l’Université de Dakar (Sénégal) il avait pourtant suscité une onde de choc en Afrique et indigné plusieurs intellectuels. Parmi eux on compte une historienne malienne qui travaille actuellement sur un ouvrage du type l’Afrique pour les Nuls qu’elle a ironiquement intitulé : Mettre Sarkozy à niveau de connaissance de l’histoire africaine.

Jean Daniel avait posé le débat sur le caractère raciste, ou non, de ce discours dans les colonnes du Nouvel Obs’. Il n’a pas souhaité trancher préférant souligner la dualité de ce discours en montrant qu’il y a certes des termes choquants mais que «jamais sans doute un Président n’avait été aussi loin dans la critique de la colonisation ». Notre Président a, en effet, vivement critiqué le colonisateur qui « a exploité, pillé des ressources, des richesses qui ne lui appartenaient pas » et « a dépouillé le colonisé de sa personnalité, de sa liberté, de sa terre, du fruit de son travail. ». Il a en outre souligné que l’esclavage avait été un « crime contre l’humanité toute entière », répétant à quatre reprises l’expression « ils ont eu tort ».

Certes, ce discours controversé contient ces termes, mais Nicolas Sarkozy avait aussi profité de cette occasion pour souligner à nouveau les « bienfaits » de la colonisation. Il a, en effet, montré que les colons avaient « construit des ponts, des routes, des hôpitaux,… » tout en rappelant que « la colonisation n’est pas responsable de toutes les difficultés actuelles de l’Afrique », qu’elle n’est pas « responsable des génocides », « des dictateurs » ni « du fanatisme » ou « de la corruption ». Ce n’est pas la première fois que notre Président tient de tels propos, ce n’est pas forcément un avis que tout le monde partage, ce n’est pas pour autant qu’il peut être qualifié de « raciste ».

En « s’arrêtant » un peu plus sur les mots de ce discours, on trouve pourtant quelques syntagmes ambigus. Tout d’abord si l’on s’arrête sur la façon dont M. Sarkozy désigne les « Africains », on note qu’il utilise des expressions telles que « l’homme africain » ou « l’homme noir ». On ne peut pas dire en soit que ces termes soient de nature « raciste », mais force est de constater que ce n’est pas une manière classique de designer un peuple. Notons au passage que l’adjectif « noir » apparaît tout de même à six reprises dans ce texte. Cependant, le débat tourne plutôt autour de quelques phrases litigieuses. En effet, dans ce discours, on a pu entendre que «l’homme africain ne s’élance jamais vers l’avenir », qu’il « n’est pas assez entré dans l’histoire » et que corollairement « il n’y a de place [dans son histoire] ni pour l’aventure humaine, ni pour le progrès ».

Ce n’est pas à moi de trancher si ces termes sont racistes ou non, mais je peux en revanche déplorer que nos intellectuels préfèrent échanger des insanités – au demeurant amusantes – que débattre sur la nature de ces termes controversés.

Un commentaire pour Guaino, une plume bien mal inspirée.

  1. FalconHill dit :

    Bonjour à toi, jeune bloggueur,

    Pas de commentaires sur le discours africain de Guaino. Pas assez qualifié. Pas le sentiment d’entendre des choses franchement différentes d’avant : la politique France – Afrique a toujours été faite dans une infantilisation de l’Afrique, ce n’est pas forcément plus humaniste que les discours d’aujourd’hui dans les actes.
    Je dis ça sans forcément condamner la politique France – Africaine de l’aprés colonisation. Simplement un constat, un sentiment.

    Par contre, sur la guerre des mots en guise de guerre des boutons des deux pseudos philosophes, je partage totalement ton avis.

    J’eus ecrit un modeste billet sur ma tristesse de voir combien Guaino me paraissait avoir changé. Mais peut être est ce ma perception qui a changé. Je ne me souviens pas avoir apprécié, fin des années 90, un petit prétentieux, orgueilleux et méprisant…

    Je confirme ce que j’ai dit chez notre ami (de web pour moi) Marion : ton blog est vraiment une mine. Le fond est super, sur des sujets que j’adore.
    Quand je vois ça, je me dis vraiment en soupirant que j’aurais bien aimé faire le cursus que tu fais (soupir du vieux con de Faucon ^__^)

    Bonne continuation et bon blog

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