Second tour des municipales et cantonales, les mots de la presse.

17 mars 2008

La semaine passée nous nous étions intéressés à la difficulté pour les rédactions de trouver le mot qui résumera le mieux le premier tour des élections présidentielles. Une semaine plus tard, même casse tête pour les journalistes français et européens, visite guidée.

A part Le Figaro qui titre sur la « belle victoire de Gaudin », tous les autres journaux mettent en avant la victoire de la gauche. Le titre du Figaro fait d’ailleurs figure de lot de consolation mais aussi de cas à part, pour Libération, ce serait faire preuve de « mauvaise fois soviétique » que de soutenir que la droite n’a pas perdu ces élections. Ce journal joue le titre humoristique en passant du président « bling bling » à l’expression cartoonesque « et bling ! ». Laurent Joffrin dans son édito utilise les termes de « désaveu cinglant» et même de « fiasco ». Il est relayé par toute la rédaction, on peut d’ailleurs lire que « l’UMP voulait croire à la bourrasque, c’est une tornade qui s’est abattue hier sur le parti présidentiel ». Si l’on regarde encore un peu plus à gauche, L’Humanité titre : « la gauche confirme » et parle d’un « nouvel échec pour Sarkozy-Fillon ». Pour Pierre Laurent, éditorialiste, « la sanction est claire et nette ». Le Parisien – Aujourd’hui en France, parle de « déferlante». Pour eux « Nicolas Sarkozy à bel et bien reçu une claque ». S’intéressant à Metz, qui a pour la première fois depuis 1848 un maire de gauche, les éditorialistes affirment que la gauche va devoir gérer sa victoire. Sur le web, Le Monde titrait que « le succès de la gauche au municipale confirme sa dynamique locale » puis que la droite a été « sanctionnée aux élections municipales ». Passé le titre que nous citions, Le Figaro affirme que la gauche possède maintenant « une force de frappe territoriale considérable », mais Etienne Mougeotte, loin de parler de désaveu en appel à des « réformes, plus vite, plus fort ». Reconnaissant que la gauche a obtenue une « écrasante victoire », Olivier Pognon a une expression surprenante « la droite sauve Marseille », on se demande de quoi Marseille a été sauvée, mais c’est ainsi.

Avant de passer à la presse européenne, notons un autre fait marquant dans les colonnes de nos journaux, les réactions à contre-courant des ministres du gouvernement. L’Humanité cite quelques phrases clés : « la majorité est un peu égratignée » (Brice Hortefeux), « le second tour des élections est un rééquilibrage entre la droite et la gauche » pour Patrick Devedjian, alors que Jean-François Copé parle de « conjugaison des impatients et des mécontents. ». Dans l’édito d’Aujourd’hui en France, les journalistes écrivent : « sur les plateaux de télévision, les leaders de l’UMP avaient beau, une fois de plus, minimiser la portée du scrutin, insistant sur ses enjeux locaux et niant la vague rose puisque Marseille a résisté, les faits sont là. ». Libération affirme « vous avez perdu et bien perdu ces élections municipales, vos affidés, vos porte-voix et votre Premier ministre ont beau soutenir le contraire, ce premier scrutin, tenu dix mois après votre élection, se solde par un désaveu cinglant ». Laurent Joffrin continue sur le même ton, « dans un sondage portant sur 44 millions de personnes interrogées, ce qu’on avait deviné : le charme sarkozien s’est rompu en quelques mois ».

Ces analyses présentées, regardons ce qu’il en est chez nos voisins européens. Commençons par l’Espagne qui a été très réactive et qui dès hier soir donnait déjà des informations sur le scrutin. Pour El Mundo, « La droite française subit un revers au deuxième tour des élections municipales ». El pais va plus loin en affirmant que l’impopularité du président français a été un boulet pour l’UMP qui a même perdu des villes qu’ils tenaient depuis des décennies, ce journal titre : « la gauche émerge comme force d’opposition ». Nos voisins italiens sont encore plus sévères sur le constat, le Corriere de la Sera titre « La France punit Sarkozy » alors que La Repubblica préfère : « Les élections en France, un coup pour Sarkozy ». Ces titres sont retrouvés chez d’autres de nos voisins européens, le Financial Times parle aussi de « coup pour Sarkozy » et le journal munichois, le Süddeutsche Zeitung titre « Les français punissent Sarkozy aux élections municipales ». L’humour suisse a encore marqué des points ce matin avec ce titre de La Tribune de Genève : « La France d’en bas inflige une claque au pouvoir ». Ils analysent tout de même plus en détails cette élection en affirmant que « Déjà majoritaires dans les régions, les socialistes possèdent désormais plus de villes et de départements que la droite. Le MoDem est l’autre grand perdant avec l’UMP de Sarkozy. ». Les quotidiens belges n’ont pas non plus manqué de réagir sur ce scrutin, Le Soir évoque un « sévère avertissement », et parle même d’« un vote sanction qui devrait pousser le Président à (ré)agir. ». Malgré son titre très net, « la gauche l’emporte très largement », La libre Belgique est plus modérée, le journaliste évoque « une vague rose à l’égal de la vague bleue de 2001. ».

Vous l’aurez compris, bien que les résultats donnés par les journaux soient en grande majorité des résultats définitifs, il n’est toujours pas possible de donner une interprétation claire et objective. La seule chose qui semble faire consensus, c’est que le MoDem va avoir du mal à s’en relever. « Le MoDem risque aujourd’hui d’être éliminé pour un certain temps de la scène nationale » écrit même Le Parisien ; Le Figaro surenchérit en écrivant que François Bayrou « aura beaucoup de mal, dans les mois à venir, pour trouver l’oxygène nécessaire afin d’aller jusqu’en 2012 sur sa route solitaire, refusant les sentiers de la majorité autant que ceux de l’opposition », affaire à suivre.


Les mots de Nicolas Sarkozy, l’excellent ouvrage de Jean Véronis et Louis-Jean Calvet

16 mars 2008

De nombreuses études le prouvent actuellement, Nicolas Sarkozy fait vendre. Les magazines politiques s’en réjouissent, mais ils partagent le butin avec les éditeurs qui essaient tous de placer leur opus sur le président en tête de gondole. Les mots de Nicolas Sarkozy est un ouvrage bien différent de ses concurrents. Il est l’œuvre de deux linguistes, Jean Véronis et Louis-Jean Calvet. Tout au long de l’ouvrage les auteurs vont démontrer avec brio comment le candidat Nicolas Sarkozy a « vampirisé » le langage de ses opposants qui ont été « anéantis » car laissés « sans voix ». A travers de nombreuses démonstrations, notamment graphiques, ils vont aussi expliquer l’impact majeur de la rencontre Sarkozy-Guaino allant même jusqu’à parler de rapport du « ventriloque à sa poupée ». Je ne pourrais pas vous livrer toutes les informations que l’on peut trouver dans cet ouvrage, il vous faudra dépenser 16 € (bien investis) pour cela, mais à l’instar de bakchich.fr, révélons quelques pistes…

Comme je le disais, l’élément central de ce travail, c’est la recherche des traces de « cannibalisation » du langage des opposants à Nicolas Sarkozy, les auteurs parlent même de « hold-up », « d’OPA hostiles » de « phagocytage », ils utilisent même le terme de « transformisme » pour expliquer l’incroyable grand écart qu’il a réussi à réaliser en aspirant le vocabulaire de la gauche à l’extrême droite, en passant par le centre. La stratégie était simple, couper l’herbe sous les pieds de ses concurrents en vampirisant leur vocabulaire, ce qui vidait leur propos de contenu et les déstabilisait. Pour Jean Véronis et Louis-Jean Calvet, déjà auteurs de Combat Pour l’Elysée (CPE), c’est une « tactique de conquête de l’hégémonie politique ». Pour donner quelques exemples, sur les 140 discours analysés par ces linguistes, Nicolas Sarkozy à cité 97 fois Jaurès et 50 fois Léon Blum tout en se déclamant « l’héritier de 1936 », alors que François Hollande criait à la « captation d’héritage », Ségolène Royal quant à elle, essayait de reprendre la possession de Jean Jaurès en l’évoquant 23 fois dans le même discours, mais les dommages étaient déjà faits, sa parole était vidée de sens, d’autant plus qu’elle avait semble-t-il pris des distances trop grandes avec son parti pour être crédible en défenseuse du socialisme. La force du discours de Nicolas Sarkozy, qui avait déclaré au Figaro en 2004 : « ils m’attendent sur la droite, je vais les déborder par la gauche », c’est de n’avoir pas exclusivement mobilisé un vocabulaire de gauche, il a réussi à séduire l’électorat frontiste en citant Barrès (le chef de file des antidreyfusards, qui alla jusqu’à écrire : « Que Dreyfus ait trahi, je le conclus de sa race »). Parallèlement à cela, il a fait apparaître des nouveaux mots dans son discours tel celui de « repentance » qu’il n’avait jamais utilisé avant octobre 2006. Deux autres termes à noter bien sûr, l’attaque frontale de mai 68, accusé d’avoir « introduit le cynisme dans la société et dans la politique ». Ce langage sur mai 68 est considéré par les auteurs comme « réac », ce qui permet, pour eux, de flatter l’électorat frontiste sans choquer les électeurs de la droite modérée. La dernière expression décriée comme un clin d’œil au FN est bien sûr celle du ministère de l’immigration et de l’identité nationale. Pour les auteurs, Nicolas Sarkozy a réintroduit ainsi le clivage droite-gauche afin de laisser de l’espace pour que Ségolène Royal puisse arriver au second tour (Face à François Bayrou, Nicolas Sarkozy était donné perdant). Beaucoup d’autres informations de cet acabit sont données dans ce livre de recherche, ce qui permet de bien mieux comprendre la stratégie de Nicolas Sarkozy.

Notons notamment des informations sur le style de discours. En lisant ce livre, vous découvrirez peut-être comment établir le discours politique modèle ! Tout d’abord des phrases courtes, il faut rompre avec le modèle de la IIIème République qui inspirait les discours du Général de Gaulle. Ce modèle encore utilisé par François Bayrou et Ségolène Royal qui font des phrases d’en moyenne 28 mots par phrase, a été abandonné par Nicolas Sarkozy qui s’efforce de faire les phrases les plus courtes possibles (24 mots de moyenne). Mais ce n’est pas tout, il faut un vocabulaire simple, Nicolas Sarkozy l’a compris notamment grâce à sa plume, Henri Guaino. Vous découvrirez dans ce livre à quel point il peut utiliser un vocabulaire plus « pauvre » que ses rivaux et que ses prédécesseurs. Je ne m’appesantirai pas davantage, mais notons enfin qu’un discours qui fonctionne est aussi fait de figures de style. La préférée de Nicolas Sarkozy, c’est incontestablement l’anaphore. C’est-à-dire, commencer toutes ses phrases par la même expression comme « je veux être le président … ». En parcourant ce livre, vous apprendrez aussi que le discours de Nicolas Sarkozy privilégie le verbe sur le nom ; et qu’il ne prononce finalement pas plus le « je » que les autres candidats, mais, ce qui donne l’impression d’un égotisme surdimensionné, c’est l’absence des autres pronoms (nous et vous) mais aussi et surtout l’omniprésence de l’expression « je veux ». Expression dont l’analyse des auteurs est extrêmement convaincante bien que relevant plus de la psychanalyse que de la lexicométrie.

Enfin, le livre s’appuie beaucoup sur le rôle central joué par la plume de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino. Nous en avons déjà donné un exemple plus haut, mais vous verrez en parcourant ce livre à quel point la présence de Guaino, « gaulliste social » qui était notamment le père de l’expression « fracture sociale » lorsqu’il officiait pour Jacques Chirac, a été prépondérante dans cette victoire. Les auteurs se demandent d’ailleurs si Nicolas Sarkozy aurait pu se détacher de son image de provocateur de « racailles » s’il n’avait pas été entouré de cette plume qui a été l’auteur de la majorité de ses discours. Pour ne donner qu’un exemple de l’impact d’Henri Guaino, il suffit de noter que lorsque c’est lui qui écrit les discours de Nicolas Sarkozy 45% des phrases commencent par des anaphores, alors que lorsque les discours sont écrits par quelqu’un d’autre, seule une phrase sur cinq bénéficie de cette figure de style.

Vous l’aurez compris, j’ai adoré ce livre et je vous le recommande. Je le recommande à ceux qui s’intéressent aux mots, à ceux qui cherchent à savoir comment faire un discours percutant, à ceux qui veulent comprendre comment Nicolas Sarkozy a pu acquérir une si large victoire, à ceux qui veulent s’opposer à lui, mais aussi à ceux qui ne savaient pas quel livre choisir parmi les dizaines de titres sortis sur notre président. Un excellent ouvrage, agréable à lire, excellemment argumenté et édifiant. A mettre en toutes les mains en somme.


Besancenot, de Marx à Mars…

13 mars 2008
Renouveau du langage politique, ou nouvelle génération? Difficile de trancher, l’un ne va certainement pas sans l’autre. Après le « casse-toi pauvre con » que des linguistes avaient jugé « inquiétant » et « lourd de conséquence », on a eu une nouvelle illustration aujourd’hui de ce que pourrait devenir le nouveau langage politique.

Interrogé aux micros de la chaîne d’information continue I télé, le leader de la LCR a déclaré : « Le PS ne veut pas que l’on s’allie avec eux dans les villes où l’on a fait plus de dix pour cent des voix, comme ça ils espèrent récupérer nos électeurs sans, en échange, nous laisser de sièges au conseil municipal, ils veulent quoi de plus cent balles et un mars ! ».

Une belle expression qui nous rappelle le jeune âge du facteur de Neuilly (34 ans dans un mois), et qui nous amène une fois encore à nous interroger sur les modifications du comportement des hommes politiques. Rappelons que sur les 200 listes présentées ou défendues par la LCR, 114 ont recueilli plus de 5%, dont 32 plus de 10%. Le parti a ainsi obtenu 72 élus.

Promis, dès que je peux dégager un peu plus de temps, je vous parlerai de Langage et pouvoir symbolique de Pierre Bourdieu, mais en attendant, je voulais juste vous faire partager cette phrase de celui qui ne voulait pas s’associer à ce P.S. qui « continue à courir après la droite ».


Elections municipales et cantonales, les mots de la presse.

10 mars 2008

« Poussée », « ajustement », « cuisant revers », difficile de trouver le mot qui résumera les élections municipales et cantonales qui ont vu une progression du vote de gauche par rapport aux élections de 2001.

Difficile de tirer une conclusion donc, la droite veut minimiser la défaite : « Ce ne sont pas de bons résultats naturellement, mais en même temps ils ne sont pas si mauvais que les sondages les ont annoncés. » [Patrick Devedjian, secrétaire général de l’UMP] et la gauche veut se garder de tout triomphalisme de peur de démobiliser son électorat au second tour : « Ce premier tour marque la volonté d’avertir le président de la République et le gouvernement sur la politique menée depuis neuf mois, en particulier sur le pouvoir d’achat (…) Rien n’est gagné ou joué, c’est encourageant mais une autre étape doit être franchie » [François Hollande, encore premier secrétaire du PS]. Pour Le Parisien, Aujourd’hui en France, la droite va essayer de « nier l’existence de vague rose et parler de résultat pas si mauvais » et la gauche va se battre pour la participation au second tour.

Cette volonté de modérer le vocabulaire se retrouve donc dans les journaux. On évoque éventuellement une « vague rose » dans les journaux de gauche, mais en tout cas ce n’est pas le tsunami attendu. « Le raz-de-marée n’a pas eu lieu » écrit Libération ce que confirme La Croix pour qu’il il n’y a pas eu « un raz-de-marée ». La bataille des mots a lieu dans tous les journaux, par exemple pour l’Union de Reims c’est une « grosse gifle pour la droite » alors que pour Est Eclair, il n’y a « pas eu de gifle », autre mot, même sens, pour Aujourd’hui en France, « ce n’est pas un claque ».

Notons tout de même quelques constantes, on parle volontiers de « poussée de la gauche», voire de « forte poussée » ou d’ « avertissement » et de « vote sanction ». Mais chaque journal a son propre vocabulaire, ainsi L’Humanité préfère « la gauche en conquête », parlant de « sérieux coup d’arrêt » et de « cinglant désaveu » et de « cuisants revers ». Libération, logiquement plus modéré, parle de « déception qui entoure le succès ». Le Figaro, enfin aspire à « contester la vague rose », citant le premier ministre, le journaliste affirme que les résultats « plus équilibrés qu’annoncés ». Pour eux « la gauche progresse mais la droite résiste mieux que prévue ». Ce verbe « résister » est d’ailleurs utiliser à de très nombreuses reprises dans les colonnes de ce journal, comme un appel à utiliser son bulletin de vote comme arme contre la gauche qui veut envahir toutes les mairies.

Les journalistes ne vont pas être avars en métaphores, notamment sportives. Dans les colonnes de Libération, Nicolas Sarkozy est dépeint comme un « avant-centre talentueux qui s’obstine à marquer contre son camps » et de nombreux journaux utilisent le terme « carton jaune ». C’est Le Figaro qui va le plus loin dans cette métaphore, « Les Français devront réfléchir avant de sortir un deuxième carton jaune dimanche prochain. Comme au foot, où un deuxième carton se transforme en carton rouge, une faible mobilisation de la droite et du centre au deuxième tour pourrait amplifier la poussée socialiste », il aurait pu ajouter que ce serait un véritable carton pour les « rouges » mais, il n’a pas osé, je pense ! Les métaphores footballistiques étaient les plus nombreuses, ce qui n’est pas rare comme le soulignait le politologue Denis Barbet dans un article intitulé « La politique est elle footue ? » (Revue Mots, septembre 2007), mais elles n’étaient pas seules, de nombreux journaux se demandent si le PS va, ou non, transformer l’essai marqué ce dimanche.

Quand la politique vole le vocabulaire du foot, il ne faut pas qu’elle s’indigne que celui-ci se défende, ainsi, L’Equipe titre « Lyon, garde son siège » et dans le Figaro on peut lire « Lyon élu sans ballotage » à propos de la victoire 4-2 de L’OL face aux girondins de Bordeaux.



Elections municipales et cantonales, les limites de la loi sur la parité.

7 mars 2008
Ce n’est un secret pour personne, ce week-end a lieu dans toutes les communes de France les élections municipales, et, dans un département sur deux, les élections cantonales. Il y a sept ans, pour les précédentes échéances municipales, s’appliquait pour la première fois la loi du 6 juin 2000 favorisant l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, autrement dit, la loi sur la parité. Avant même les résultats de ces élections, nous pouvons déjà tirer quelques conclusions des effets de cette loi sur l’accès des femmes au pouvoir. Regardons – dans un premier temps – ce qui se passe dans un cas où la loi ne s’applique pas, les élections cantonales, puis nous analyserons ce qui se passe pour les élections municipales.

8 candidats sur 10 aux cantonales sont des hommes. 80%, ce chiffre paraît tout simplement d’un autre âge, il est guère plus élevé que celui de 2001 ou 2004 (rappelons que les conseils généraux sont élus pour des mandats de six ans, mais qu’ils sont renouvelés par moitié tous les trois ans), l’observatoire de la parité ironise d’ailleurs sur cette faible progression en affirmant qu’à cette vitesse il faudrait 70 ans pour qu’il y ait autant de candidates que de candidats aux cantonales. Le choix des candidats est laissé à la discrétion et au bon vouloir des partis. On voit dans cette statistique que, si on ne leur force pas la main, les partis ne sont pas du tout enclin à favoriser l’accès des femmes à la politique. Ceci confirme la célèbre phrase de Janine Mossuz-Lavau, « les partis politiques sont des cénacles masculins fonctionnant en cercle fermé ». Outre, le très faible nombre de candidates, on peut noter que les femmes sont régulièrement placées dans des circonscriptions dites « ingagnables ». Ainsi, non seulement, elles ne sont que 20% de candidates, mais, au final, elles n’atteindront guère plus de 10% d’élues. Les graphiques ci-dessous sont parlants. Une fois encore, dans deux semaines, on peut prévoir qu’il n’y aura pas plus d’une femme sur dix élus aux conseils généraux. Peut-être peut-on même battre le record de 2001, où 18 départements n’avaient élu aucune femme au sein de son conseil général.


Notons trois facteurs à ceci : une mauvaise volonté des partis comme nous le signalions, un très faible taux de renouvellement des élus (les candidats enchaînent souvent beaucoup de mandats) et enfin le caractère très local de cette élection qui favorise toujours les notables installés depuis long terme dans les régions, donc des hommes (blancs).

Passons aux élections municipales. La loi sur la parité s’applique aux communes de plus de 3500 habitants. Les listes doivent être mixtes pour être valides. Cette mixité fonctionne par tranche de six candidats, il faut donc trois hommes trois femmes, et ainsi de suite. Les résultats sont – bien sûr – visibles. En 1995, un élu sur quatre dans les conseils municipaux était une femme, en 2001, 47,5% des élus sont des élues. Une victoire pour la parité ? Pas vraiment.

Si les femmes entrent dans les mairies, les hommes en gardent les clés. La loi sur la parité ne joue que sur la mixité de la liste, elle n’a aucun caractère d’obligation sur le sexe de la personne qui conduit cette liste. Ainsi, comme on le voit ci-dessous, les femmes entrent massivement au conseil municipal, mais la part de maire du sexe féminin reste encore très faible. D’ailleurs, plus la taille de la ville augmente, plus la part de femme maire diminue. Ainsi, cette part passe de 7,8% à 11,2% pour les villes de moins de 3500 habitants entre 1995 et 2001 et de 4,4 à 6,7% pour les villes de plus de 3500 habitants sur la même période. Parmi les villes de plus de 150 000 habitants, seules Lille et Strasbourg sont dirigées par des femmes !

Ce n’est pas tout. Si les femmes entrent dans les conseils municipaux, on les cantonne encore très souvent à des rôles que l’on qualifie volontiers de « féminins ». Aux hommes les affaires économiques, industrielles, sécuritaires, bref toutes les fonctions propres à la gestion de la commune. Aux femmes : le social, le familial, la petite enfance… Cette division imposée des rôles est une façon d’interdire aux femmes l’entrée dans la sphère proprement politique.

En conclusion, ce petit article pour dire qu’il y a encore beaucoup de travail avant que l’on puisse parler de parité dans les conseils municipaux et généraux même si l’on voit que la loi sur la parité à au moins le mérite de faire entrer les femmes en nombre dans les conseils municipaux.


Nicolas Sarkozy au Figaro, on ne change pas une équipe même si elle ne gagne pas.

6 mars 2008

Dans une interview accordée ce matin au Figaro, Nicolas Sarkozy a réaffirmé – à quelques jours des municipales – sa volonté de ne pas changer de cap, quel que soit le résultat de ces élections. « Je n’ai pas l’intention de rythmer mon quinquennat en fonction des scrutins locaux », et c’est vrai que dans cette interview, où le chef de l’Etat est peu contredit, on retrouve la plupart des traits du candidat à l’élection présidentielle.

Commençons par le style. Bien que sa manière de gouverner soit souvent décriée comme trop personnelle, voire à dérive monarchique – on se souvient du très médiatisé « appel à la vigilance républicaine » – Nicolas Sarkozy n’entend pas changer quoi que ce soit. Dans cette interview, il utilise un peu moins de cinquante fois le « je » contre seulement deux fois « nous », on sait que c’est l’une des caractéristiques majeures de son discours, pas de changement en vue. Ces « je » sont appuyés par les habituelles expressions telles que « mon devoir », « ma mission », « mon devoir de président de la République » (2), « le président de la République doit », « le rôle du chef de l’Etat »,… Ces expressions montrent toujours une vision tout à fait personnelle de sa fonction, mais une vision qui semble être imposée, comme si c’était inscrit dans la Constitution, alors que rappelons que la Constitution indique simplement que « Le Président de la République veille au respect de la Constitution. Il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l’Etat. Il est le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire, du respect des accords de Communauté et des traités. ». Ce n’est certainement pas écrit que « le président de la République doit choisir le meilleur [Premier Ministre] pour mettre en œuvre sa politique » comme le déclare dans les colonnes du Figaro Nicolas Sarkozy. Puisque l’article 20 stipule que c’est le gouvernement qui « détermine et conduit la politique de la nation » et que « le premier ministre dirige l’action du gouvernement ».

Outre la forme qui appuie la vision personnelle que Nicolas Sarkozy a de sa fonction, notons le vocabulaire utilisé par notre président. Tout d’abord, notons cette constante volonté d’associer le terme 35 heures au mot « carcan ». Rappelons, tout d’abord, qu’un carcan est à l’origine un collier de fer avec lequel on attachait un condamné au poteau d’exécution, par métaphore, ce terme signifie aujourd’hui « ce qui entrave la liberté de façon rigoureuse ». On est en droit de se demander quelle liberté est entravée par les 35h ? Nicolas Sarkozy fait probablement référence à la liberté de travailler. Que l’on soit pour ou contre cette loi, on est forcé de constater qu’elle n’a jamais empêchée quiconque de travailler puisque le stock d’heures supplémentaires prévu par la loi n’a jamais été utilisé au maximum. Ce n’est donc que pure communication que d’associer le terme 35 heures à celui de « carcan » et cela il faudrait le reconnaître même pour ceux qui considèrent que « les trente-cinq heures ont nui considérablement aux évolutions salariales ».

Comme l’explique si bien le psychiatre Jim Mc Dermott : « les gens qui ont peur ont leur fait faire ce qu’on veut ». On sait que Nicolas Sarkozy a beaucoup joué sur cette thématique pendant la campagne, ce qui a, notamment, contribué à le rendre populaire auprès des électeurs frontistes. Pour justifier son opposition au Conseil Constitutionnel – qu’il maintient en affirmant que « contre les récidivistes, [il ira] jusqu’au bout » – il déclare qu’il est de son « devoir de veiller à ce que des femmes, des petites filles, des petits garçons ne tombent pas dans les mains d’un violeur ». C’est une façon de présenter les choses qui explique probablement que le président ait l’assentiment d’une très large majorité de la population pour cette loi qui consisterait pourtant à inscrire dans la législation la reconnaissance officielle de l’incapacité de la prison à punir, à réinsérer ou à changer les individus.

Pour finir, notons pêle-mêle, qu’il affirme « travailler main dans la main avec Angela Merkel », qu’il affirme avoir mis fin à de longues « années de laxisme », qu’il se félicite de ne pas avoir « remplacé vingt-deux mille départ à la retraite dans la fonction publique », qu’il ne veut pas que « la pensée unique ne triomphe » et que « l’élévation du niveau de vie des français est un objectif central de [sa] politique », bref, à quelques jours de la présidentielle, on retrouve quasiment mot pour mot le discours de campagne de Nicolas Sarkozy. Finalement il ne revient que sur un point, alors qu’il avait déclaré qu’« être président de la République c’est renoncé au bonheur personnel », il affirme qu’il est heureux.

En conclusion, nous retiendrons donc que malgré les fortes baisses dans les sondages, le président ne cherche vraiment pas à changer de cap. Je vous laisse avec une citation de ce dernier, libre à vous de l’analyser comme bon vous semble. « Quand tant de gens suspectent vos discours, ce n’est pas le monde entier qui à tort, c’est peut-être vous qui devez faire votre introspection ».


Une semaine chez nos voisins européens, L’image de notre président.

2 mars 2008
Une fois la surprise de dimanche passé atténuée, j’ai décidé de reprendre du service et de faire sur toute la semaine une revue de presse européenne. Dans le contexte de « sarkoze obsessionnelle » ambiante, j’ai une fois de plus décidé de m’intéresser à tous les articles qui lui sont réservés dans les colonnes des journaux de nos pays voisins. Afin d’essayer d’avoir le point de vue le plus complet j’ai choisi comme journaux : Pour l’Espagne : El Pais, journal proche du PSOE et El Mundo proche du PP, pour l’Italie Corriere della serra, proche de Romano Prodi et La Repubblica qui s’apparente relativement au parti démocrate ; pour la Suisse j’ai parcouru la Tribune de Genève ; pour l’Allemagne, j’ai choisi le Süddeutsche Zeitung qui est un journal libéral et le Frankfurter Allgemeine Zeitung. Nos voisins belges sont représentés par le Soir et La libre Belgique. Ce dernier, bien qu’ayant beaucoup évolué est un journal que l’on peut encore qualifier de catholique conservateur. Pour compléter le panorama, nous prendrons deux journaux chez nos voisins anglais, The Guardian – censé être aussi neutre que le Monde mais considéré comme de centre gauche – et Le Financial Times qui est dans la même posture mais qui est écrit et lu majoritairement par des conservateurs… Tous les thèmes sont abordés, du Salon de l’Agriculture aux excuses bidon, en passant par l’impopularité de notre président et la fragilité du couple Franco-allemand.

Commençons, tout d’abord, par un aperçu de ce que pensent nos voisins européens des excuses du président. Pour le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung même si le président regrettait vraiment les insultes du salon de l’Agriculture les dommages causés à sa popularité sont irréversibles. El Pais, insiste beaucoup sur le fait que ce ne sont pas de vraies excuses puisqu’elles ont été ajoutées par les services de l’Elysée. Le Frankfurter Allgemeine Zeitung est de cet avis, les regrets ne peuvent être sincères puisqu’ajoutés par l’Elysée. Le quotidien suisse, La Tribune de Genève, titre « Sarkozy regrette, en traînant les pieds », ils pensent que ces insultes étaient maîtrisées puisqu’elles ont servi à faire oublier l’affaire du conseil constitutionnel sur laquelle nous reviendrons.

Tous les journaux s’accordent pour dire que cette affaire devrait, une fois encore, se ressentir sur sa côte de popularité. Un journaliste d’El Pais pense que Sarkozy pourrait être un boulet pour tous les candidats UMP aux municipales. Pour eux, si la côte de popularité du Premier Ministre remonte c’est tout simplement parce que Nicolas Sarkozy ne correspond pas du tout à l’image que les Français ont d’un président de la République. La Tribune de Genève reprend cette idée dans un article intitulé « Pourquoi Sarkozy exaspère les Français », selon ce journal le président n’arrive pas à « revêtir ses habits de chef de l’Etat », « le principal ennemi de Sarkozy, c’est lui-même. » insiste un peu plus le journaliste, en citant Jacques Chirac. Dans cet article, Jean-Noël Cuénod va encore plus loin, il avance l’idée qu’une « sarkophobie » serait en train de naître en France. Elle serait liée à quatre points selon lui : Tout d’abord la vulgarité, quelle soit intentionnelle (Nettoyer la cité au karcher, parler de Carla pour faire oublier les autres problèmes), compulsive (pianotant des sms alors qu’il est en visite avec le Pape) ou encore spontanée, le « casses toi pauvre con » montre qu’il ne peut se contrôler. Mais aussi un égoïsme exacerbé, il a prononcé 47 fois « je veux » dans son discours sur les banlieues et ne « conçoit l’action politique qu’à travers son ego », un étalage de la vie privée, même si pour le journaliste suisse il y a une ambigüité entre le fait que les Français critiquent l’étalage de la vie privée du président et le fait qu’ils achètent massivement les magazines en faisant état, le journaliste affirme qu’une chose et sûre, les Français sont exaspérés de le voir fasciné par les milliardaires. Enfin, il pense que l’auto augmentation du président a du mal à passer, surtout que ça ne l’empêche pas de voler des stylos.

Le journaliste del Mundo est encore plus dur, pour lui, Sarkozy n’est plus une étoile montante de la politique mais plutôt l’auteur d’un « nouveau fascisme » dont la règle est « soit tu te soumets, soit je te méprise ». El Pais aura le dernier mot en citant Le Pen : « Sarkozy tient plus de Tintin que de de Gaulle ». Notons tout de même que La Libre Belgique préfère ironiser sur la fidélité du gouvernement, avec un titre adapté : « il faut sauver le soldat Sarkozy ». Insulter un homme au salon de l’agriculture, une erreur ? Pas du tout : le chef de l’Etat a simplement fait preuve d’« authenticité », a défendu lundi le grand communicant de l’UMP, Thierry Saussez. « Il n’est pas dans le double langage, pas dans l’hypocrisie. Il ne triche pas. Ce n’est plus, comme les précédents, un Président sur une autre planète, dans la distance avec les Français. Mais un Président qui est dans la vraie vie ». Et le porte-parole de l’UMP, Yves Jégo, de renchérir : « Je préfère un Président sincère à un Président hypocrite. Il n’est pas malsain que le chef d’Etat soit comme nous ». « Il ne joue pas un rôle, il ne se laisse pas insulter, c’est tout », a complété le ministre Bertrand. Le journaliste montre qu’ils ont « osé » comparer ce lynchage des « charognards » à celui qui a poussé Bérégovoy à se suicider…Cette ironie est aussi de ton dans le Financial Times, qui se moque de la façon soit disant « moderne » de faire de la politique. Pour ce journal, la reine d’Angleterre n’aurait jamais tenu de tels propos. Ils rappellent que la dernière fois que Jacques Chirac a été insulté de la sorte, il a répondu : « Ravi de vous rencontrer, mon nom est Jacques Chirac ». Il raille aussi le fait que notre président défende l’idée que sa chute dans les sondages ne soit que liée à des événements personnels. Le journaliste conclue sur cette belle formule : “During the presidential election campaign, Sarkozy hooked France. Now he has lost the fish.” [Pendant la campagne pour l’élection présidentielle Sarkozy avait la France au bout de l’hameçon, maintenent le poisson est parti] Pour filer la métaphore, notons que Le soir écrit que Marine Le Pen est comme chez elle sur le marché d’Henin-Beaumont, en allant à la pêche aux «déçus de Sarko».

Cette impopularité n’est pas la seule à faire couler beaucoup d’encre dans les journaux européens, El pais revient beaucoup sur la publicité interdite pour l’hebdomadaire Courrier International dont un des titres était « vu de Madrid, Sarkozy ce grand malade. » Bien que le journaliste explique que la société Replay, qui a refusé cette pub, appartient au groupe Lagardère dont le propriétaire est un ami personnel de notre président, il pense que les annonceurs ont, en fait, été effrayés par la poursuite au pénal du journaliste du Nouvel Observateur ayant révélé le célèbre sms. Le Financial Times quant à lui consacre un article entier sur « Sarkozy’s nuclear seduction ». Le journaliste montre à quel point les livres sur Carla Bruni se vendent bien. Il explique comment « Speedy Sarko » a réussi à conquérir Carla Bruni et conclue que malheureusement le mariage n’a pas réussi à impressionner l’électorat français. Les journaux espagnols quant à eux affirment que Carla Bruni-Sarkozy a éclipsé le président lors de la visite officielle en Afrique du Sud.

L’un des autres thèmes très présents, surtout dans la presse suisse et allemande, c’est le divorce entre Sarkozy et Angela Merkel. La Tribune de Genève titre « Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, un couple au bord de la crise de nerfs » et revient sur l’annulation à la dernière minute de la réunion entre Christine Lagarde, la ministre de l’Economie, et Peter Steinbrück, son homologue d’outre-Rhin alors que quelques jours auparavant, le président Nicolas Sarkozy et la chancelière Angela Merkel invoquaient un «calendrier chargé» pour annoncer le report au 9 juin d’un sommet prévu le 3 mars en Bavière. Pour ce journal « l’explication a tout du subterfuge » car c’est en fait « l’exaspération qu’a provoquée en Allemagne le projet français d’Union méditerranéenne » qui a entrainé ce froid entre les deux nations. Selon le quotidien Die Welt, Merkel aurait refusé de cosigner sur ce thème une contribution que Sarkozy souhaitait voir publiée dans deux journaux de part et d’autre de la frontière. De manière plus générale, Berlin dénonce à la fois un comportement arrogant et une initiative douteuse. Le FAZ pense que le président joue avant tout son égoïsme et qu’il a oublié sa phrase de campagne, « pour la France l’amitié germano française est sacrée ». Il ajoute que ce ne sont pas les bises de Sarkozy à Merkel qui remplacent la cordialité. Titrant « Zwischen Pathos und Pragmatismus » [entre pragmatisme et pathétique] le SZ affirme que Sarkozy ne pense pas à l’Allemagne en se rasant, probablement parce qu’il a bien d’autre soucis.

Enfin Sarkozy est raillé à cause de son immersion dans l’économie française notamment dans sa volonté de voir Daniel Bouton démissionner de la société générale, volonté reniée à deux reprises par les actionnaires de la banque. Le FAZ se dit ébahi de voir la secrétaire nationale aux droits de l’homme approuver l’utilisation du Malodore pour chasser les SDF de sa ville de Colombes.

Mais on ne dit pas que du mal de la France, le président du PDC Suisse a même plagié Nicolas Sarkozy. En effet, son discours d’investiture reprenait mot pour mot des passages d’un texte du président français. Fabiano Forte dit «assumer totalement» ce plagiat dénoncé par ses alliés du Parti radical. «J’ai effectivement repris certains passages, parce que je me reconnais dans ces propos, qui m’ont touché. Ils correspondent à ma manière d’être. En politique, il est parfois inutile de réinventer la roue.» Déclara-t-il, et si cet exemple ne suffit pas, rappelons que Marion Cotillard a été, l’espace d’une semaine, une excellente ambassadrice de la France.