Sarkozy aux deux extrêmes?

En l’espace d’un week-end Nicolas Sarkozy a été à la fois accusé de se conduire comme un collaborateur d’Hitler et qualifié de « camarade » par Hugo Chavez, un véritable grand écart…

Hugo Chávez, Nicolas Sarkozy, Vaclav Klaus

Hugo Chávez, Nicolas Sarkozy, Vaclav Klaus

C’est le président du Vénézuela qui a ouvert le bal samedi en déclarant: «Sarkozy, tu es en train de te rapprocher du socialisme, bienvenu au club, ce sont des idées intéressantes». Il fait naturellement échos aux idées lancées par le président français pour résoudre la crise économique mondiale. Lors de son message transmis à la radio-télévision nationale, Hugo Chávez a appelé Nicolas Sarkozy – son camarade – a venir discuter de la mise en place d’un nouveau système. En parcourant les journaux vénézuélien, on peut retrouver cette phrase de leur président: « ¡Qué frase para la historia! Camarada Sarkozy, caramba, me tiene sorprendido »(Quelle déclaration historique! Caramba, le camarade Sarkozy m’a surpris). Il se réfère alors au fait que Nicolas Sarkozy ait souhaité réformer le capitalisme, ce qu’il voit comme un point commun entre eux. Même s’il sait que la président français est d’obédience libérale et qu’il ne nommera surement pas cette refonte du capitalisme « le socialisme », il pense que leurs deux nations peuvent collaborer pour changer le système mondial…

Mais le week-end était loin d’être terminé pour Nicolas Sarkozy, c’est au tour du président Tchèque de s’exprimer. La règle en matière de présidence de l’Union Européenne est presque la même depuis 50 ans. Tous les six mois le pays président change pour laisser place à son suivant dans l’ordre alphabétique. Avec l’élargissement de l’Union Européenne la désignation du pays suivant a un peu changé, il n’empêche que le roulement à tout de même lieu tous les six mois. Une durée qui semble peu convenir au président Sarkozy qui a trouvé dans la crise financière une manière d’exprimer sa volonté d’action, un rôle à sa mesure. Il se verrait bien garder ces pouvoirs quelques mois de plus. Le problème c’est qu’au premier janvier 2009, c’est à la République Tchèque d’exercer cette présidence. Selon Libération, Vaclav Klaus aurait déclaré: «M. Sarkozy veut siphonner notre présidence». Mais le problème c’est que ce libéral eurosceptique convaincu ne s’est pas arrêté à ce point, dans son allocution télévisuelle il aurait déclaré: « les quatre pays (France, Allemagne, Grande-Bretagne et Italie) qui ont initié début octobre une action européenne concertée sont les mêmes que ceux qui ont écrit les accords de Munich qui ont permis à Hitler d’envahir une partie de la Tchécoslovaquie en 1938. » Cet amalgame est tout à fait regrettable pour celui qui devrait être le prochain président de l’Union. On comprend pourquoi plusieurs journaux européens affirmaient cette semaine que la crise aurait été beaucoup plus mal gérée en Europe si elle avait eu lieu six mois plus tard c’est à dire pendant la présidence tchèque…

A l’issue d’un week-end comme celui-ci, on est en droit de se demander comment Nicolas Sarkozy va pouvoir (s’il peut) gérer son retour à l’anonymat de la présidence française. Il semble vraiment à l’aise quand il est au centre de toutes les attentions comme ce fut le cas ce week-end.

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