La cacophonie au P.S. amuse le monde.

A l’heure où les dirigeants du P.S. comptent, décomptent, recomptent les bulletins des militants de vendredi dernier, la presse mondiale se moque de ce parti incapable de se renouveler. Petite revue de presse de ce qui a pu être écrit ce week-end chez nos voisins plus ou moins lointains.

aubryroyalRegardons dans un premier temps ce que ces journaux pensent de la situation du P.S., inutile de préciser que les mots que l’on retrouve le plus souvent appartiennent au registre de la division. Ce qui est plus surprenant c’est l’omniprésence du champ lexical de la guerre. Pretoria News le journal sud-africain est certainement celui qui va plus loin dans cette métaphore en allant jusqu’à titrer « civil war in France ». On retrouve souvent l’idée de « guerre des chiffres » entre les deux camps. Le Welt am Sonntag évoque une guerre des femmes (« Krieg der Frauen ») et le quotidien de référence espagnol, El Mundo traite des événements de ces derniers jours comme d’une pulsion de mort qui entrainera les deux camps au tribunal. (« El pulso a muerte entre Aubry y Royal acaba en los tribunales »). Dans ce registre, la palme du journal le plus drôle et le plus moqueur est accordé à The Independent comparant les événements du P.S. à un combat de boue entre femmes (« Female mud-wrestling, French style »). Pour le journaliste anglosaxon, il s’agit du seul moyen de détourner pendant quelques temps les médias du président français… Tout au long de l’article il file la métaphore du catch allant jusqu’à appeler Ségolène Royal « the Poitou hellcat ». Le résultat de ces querelles intestines est parfois qualifié de chaos, de désastre et de complet désarroi. Pour le Daily Telegraph ce chaos est un désastre de plus pour un parti dont le déclin est facile à mesurer depuis la mort de Mitterrand. Le journaliste y voit une illustration de l’apathie française et de l’incapacité de notre pays à se réformer.

Les journaux insistent beaucoup sur la division. Beaucoup soulignent que le P.S. est à présent totalement divisé en deux. La dépêche de l’AFP en espagnol parlait d’un parti au bord de la scission (« al borde de la escisión »), Reuters surenchérit dans sa dépêche dédiée à l’Amérique Latine en utilisant le mot « schisme » (« El cisma del socialismo francés podría acabar en los tribunales »). L’image du divorce est aussi souvent évoquée, l’éditorialiste del Mundo pense que les deux factions du PS ont autant de chance de se mélanger que l’huile et l’eau (« Como el agua y el aceite. Así han quedado las dos facciones del Partido Socialista francés después de la votación celebrada el pasado viernes para elegir a su líder.”)

Les journaux essayent aussi de dresser un portrait des deux candidates. Celles que le Berliner Zeitung nomme les « Feindliche Schwestern » (les sœurs rivales) sont souvent décrites de la même façon. Ségolène Royal est plus connue, on l’évoque comme la candidate du PS à l’élection présidentielle de 2007 alors que l’on s’arrête un peu davantage sur Martine Aubry. « Madame 50,02 Prozent » (Madame 50,02 %) comme la nomme Die Welt, est souvent renvoyée à son poste de ministre du travail de Lionel Jospin et surtout à sa réforme clé les 35heures. Le Basler Zeitung l’appelle en français dans le texte «Madame 35 heures». The Daily Telegraph utilise aussi un mot français pour la qualifier, celui d’éléphant qu’il traduit plus loin par old guard, le journaliste affirme que sa réforme a profondément endommagé la productivité française. Pour lui le choix de Martine Aubry prouve que la France est passéiste (stuck to the past). Le Times de Londres enlève tout mérite à sa victoire, pour le journaliste, elle n’est pas vraiment appréciée et n’a gagné que parce qu’une courte majorité des militants socialistes ne voulaient pas de Ségolène Royal pourtant nommée ‘Zapatera prodigiosa’ par El Mundo et qualifiée de glamour par l’éditorialiste du New York Times

A quelques mois des élections européennes, le P.S. est la risée de l’Europe entière, aujourd’hui encore il a présenté une image déplorable. Il apparaît incapable de se mouvoir, de changer, de présenter des idées, et est en fait bien plus divisé qu’on ne le dit. Car si le camp Royal semble relativement uni autour de sa candidate, rien ne nous dit que les anciens soutiens de Delanoë et de Benoît Hamon soient capables de s’entendre sur l’avenir du P.S. en se rangeant derrière Martine Aubry. Un nouveau vote ne résoudrait vraisemblablement rien, qu’on le veuille ou non, il y aura des déçus au Parti Socialiste. Dans le cas d’un nouveau vote, si Ségolène Royal l’emportait quelques 70 000 militants se sentiraient floués et risqueraient de nourrir une réelle rancœur contre la candidate. Si la commission devait décider de proclamer la victoire de Martine Aubry, il ne laisse aucun doute que l’équipe de Ségolène Royal entrerait en résistance au sein du parti dans l’espoir de reprendre la main en 2012 face à cette coalition hétéroclite… Quelques belles années en perspective donc.

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