Pauvres parmi les pauvres? Des femmes.

Sorti à la fin de l’année passée, Pauvres parmi les pauvres? Des femmes est à présent en ligne (ici). Le dernier petit ouvrage de Janine Mossuz-Lavau est une enquête dans le milieu de la pauvreté qui s’intéresse aux souffrances particulières des femmes.

Janine Mossuz-Lavau, DR pour Le Figaro, 14 octobre 2007

Janine Mossuz-Lavau, DR pour Le Figaro, 14 octobre 2007

Chiffres à l’appui, cette directrice de recherche au C.N.R.S., nous fait partager des témoignages de femmes en grande pauvreté. Les premiers éléments qu’elle nous apporte frappent immédiatement, si 12,4 % des femmes françaises vivent sous le seuil de la pauvreté (contre 11,4 % des hommes), on apprend que 80 % des salariés pauvres sont des femmes ce qui est notamment lié au fait que 82 % des personnes restant plus de quinze ans à temps partiel sont des femmes. Janine Mossuz-Lavau insiste pour que l’on comprenne que ce temps partiel ne correspond plus au choix de ne pas travailler le mercredi pour être avec les enfants, mais plus à un temps partiel subi, peu qualifié et mal rémunéré.

Une fois encore sur la base de statistiques, l’auteur nous apprend que les femmes sont aussi plus touchées par le chômage que les hommes surtout si elles sont jeunes et ouvrières. Arrivé l’âge de la retraite l’égalité n’est toujours pas de mise. Parmi les personnes âgées de plus de 75 ans, 12,8 % des femmes et 9,2 % des hommes vivent sous le seuil de pauvreté. En outre, les hommes reçoivent en moyenne une retraite globale de 1625 € alors que les femmes perçoivent en moyenne 979 €.

Mais un ouvrage de Janine Mossuz-Lavau n’est jamais un simple étalage de statistiques, elle nous fait partager quelques phrases fortes de ses entretiens. Comme cette femme qui nous confie que « ça fait trente six ans qu'[elle est] mariée et que ça fait trente-six ans qu'[elle] vit à crédits » ou cette ancienne RMIste qui témoigne : « c’était affreux je ne pouvais pas aller prendre un café. C’était même pas café crème ou pas crème, c’était : non j’ai déjà bu un café hier ».

Un petit ouvrage que je ne peux que vous conseiller de lire, pour retrouver ces témoignages entrecoupés des références de Janine Mossuz-Lavau qui nous emmène de Nadine Gordimer aux Guignols de l’info, en passant par Grand Corps Malade, Claude Autant-Lara ou Jules Renard. Une seule surprise, malgré le titre de l’ouvrage Jules Michelet qui parlait des femmes comme étant les « prolétaires des prolétaires » n’est jamais cité.

Bonne lecture.

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