Un geste simple pour aider les Restos du cœur !

25 février 2009

Vendredi et samedi prochains comme beaucoup de Français vous allez vous rendre dans votre supermarché, les Restos du coeur, Carrefour et Danone vous proposent de transformer ce rituel hebdomadaire en un geste de solidarité.

partenariat-restos

Buzz paradise m’a invité à participer à une belle opération de solidarité. Si je ne suis pas très habitué à ces opérations blogueurs, je dois avouer que celle-ci a attiré toute mon attention ! Les fidèles lecteurs savent à quel point je suis attaché à l’œuvre de Coluche, les autres comprendront que cet article est une goute d’eau pour qu’enfin aujourd’hui en France on n’ait plus le droit ni d’avoir faim, ni d’avoir froid.

« J’ai une petit idée comme ça (…) un resto qui aurait comme ambition, au départ, de distribuer deux ou trois mille couverts par jour ». Une annonce surprise après une belle réflexion, un brin de provocation et tout le talent de Coluche : les Restos du cœur étaient nés. Aujourd’hui cette association offre près d’un milliard de repas annuel et plus que jamais elle a besoin de nous, elle a besoin de vous.

Depuis leur création, les Restos du cœur ont su s’imposer comme un rempart contre la misère qui touche des milliers d’habitants de notre pays « riche ». Face à l’évolution de la pauvreté en France cette association a su se parer de multiples visages ou de multiples cœurs devrais-je dire. Relais du cœur, jardins du cœur, toits du cœur comme autant de projets pour lutter contre la misère partout où elle se trouve et agir en faveur de l’insertion des personnes les plus fragiles.

stats

En plus de vingt ans la misère a évolué, elle a touché de nouvelles personnes et a pris des formes différentes. C’est pourquoi, les Restos du cœur sont devenus plus que des « restaurants ». Dans un premier temps l’association créée par Coluche a lancé des ateliers et chantiers d’insertion encadrés par des équipes de professionnels et de bénévoles. Ces jardins et autres ateliers ont permis de mener à nouveau des dizaines de personnes vers le chemin de l’emploi. Parallèlement, il a fallu aider les plus fragiles : s’équiper de maraudes pour apporter l’aide alimentaire à ceux qui ne peuvent pas se déplacer et imaginer des solutions adaptées aux bébés et aux mamans dans le besoin. Des logements d’urgence ont aussi vu le jour ainsi que des programmes d’accompagnement scolaire, de lutte contre l’illettrisme, de départs en vacances et autres projets culturels. Plus que jamais, Les Restos ont besoin de vous, le meilleur que l’on puisse donner c’est bien sûr de son temps, mais l’argent reste le nerf de la guerre ! Bien sûr, vous pouvez faire un don ici, acheter les disques et DVD des Enfoirés, mais c’est d’une opération spéciale que je viens vous parler aujourd’hui.

partenariat-danone-carrefou

Dès le 6 mars prochain, vous allez pouvoir contribuer à offrir un million de repas supplémentaires à ceux qui en ont besoin. C’est l’objectif fixé par le partenariat entre Danone, les magasins du groupe Carrefour et les Restaurants du cœur. Pour résumer de la manière la plus simple vous trouverez les 6 et 7 mars des caddies à votre disposition dans tous les magasins Carrefour, Carrefour Market et Champion. Chaque don compte. Si vous pouvez remplir à vous seul un caddie, inutile de vous en priver. Mais c’est la quantité de petits gestes qui fera la différence. Si vous ne pouvez pas offrir beaucoup, vous pouvez penser à donner un article qui sorte de l’ordinaire, au-delà du paquet de pâtes, pensez qu’il est toujours utile d’offrir des produits d’hygiène (dentifrice, gel douche,…) ou des produits pour bébé comme un paquet de couches par exemple.

En plus de cette collecte, Danone s’engage à offrir un repas aux Restaurants du cœur à chaque fois que cinq de leurs produits seront achetés dans un magasin Carrefour. L’occasion rêvée de faire le plein de Volvic, de Salvetat, d’acheter quelques Activia, Danette et autres Taillefine vous trouverez des dépliants vous informant de tous les produits concernés. Vous recevrez en plus des promotions sur ces produits dans vos magasins Champion du 25 février au 8 mars puis du 17 au 25 mars chez Carrefour !

Et comme disait Coluche : on compte sur vous !

 

Publicités

Sciences : Sarkozy VS Obama !

20 février 2009

Un montage particulièrement réussi qui compare les positions des deux aspirants au poste de président du monde sur le sujet des sciences.


Sarkozy : deux semaines pour ça?

19 février 2009

Annoncée il y a près de deux semaines, l’intervention du chef de l’État a été une fois encore sans surprise. Petit retour sur la forme et sur le fond.

La justice

sarkozy1En réécoutant l’intervention du chef de l’État, je me suis amusé à noter les mots qu’il a utilisés le plus souvent. Bien sûr parmi les termes les plus employés on retrouve crise, réforme(s) et travail. Prévisible. Nicolas Sarkozy était déterminé à démontrer sa volonté de ne pas changer de cap, même si le chômage croît dangereusement, il ne jure toujours que par la « valeur travail » et n’arrêtera pas le train des réformes. On ne s’attendait pas à plus. Et pourtant, le mot le plus employé par le président – un beau pied de nez à l’opposition – était bien justice. Il est vrai que ce terme dans la bouche de Nicolas Sarkozy a dû en gêner plus d’un. Il en est ainsi. À six reprises il a donc mis en avant « l’esprit de justice » de ses mesures, justice qui doit être « une priorité en ce moment », même si le travail « est la clé de tout ». La justice passe notamment, dans son discours, par la suppression des bonus pour les patrons dont les entreprises font faillite ainsi que les autres décisions que l’on ne détaillera pas ici. Dans cette allocution soigneusement préparée et enregistrée, il y a pourtant une phrase plus que surprenante : « au delà de ces mesures de justice (…) les réformes doivent continuer ». Qu’a-t-il bien pu vouloir signifier par cette phrase? Ses réformes dépassent l’idée de justice, est-ce que cela signifie qu’elles sont injustes? Un aveu?

Où sont les syndicats et les DOM?

Tout au long de cette allocution, je n’ai cessé de me poser deux questions où sont passées les négociations avec les syndicats et quand va-t-il évoquer la crise aiguë qui agite l’Outre-mer ? Je n’ose pas imaginer la déception des uns et des autres sur ce sujet. Une fois encore Sarkozy qui aimait tant agir sans réfléchir réapprend le temps long. La crise en Guadeloupe sera l’objet de nouvelles discussions, rien de concret n’est apparu ce mercredi. Lui qui était allé au Tchad chercher quelques otages, ne se rend même pas dans une région sinistrée de France qui ne cesse de demander de l’aide depuis plusieurs semaines…

Quant à la rencontre avec les syndicats, je dois avouer que j’ai été choqué devant le déni de démocratie de notre président. Il n’avait cessé de répéter le 5 février dernier que les décisions ne seraient prises que ce mercredi lors de la rencontre avec les syndicats. Mercredi soir, il nous a offert une allocution enregistrée probablement rédigée la veille. Toutes les propositions annoncées étaient déjà listées dans un article du monde.fr paru avant la rencontre avec les syndicats. A quoi sert cette réunion – soit disant  »sommet social » – autant mise en exergue par le président si les décisions sont déjà prises?

Aujourd’hui c’était ma réponse

La semaine passée, dans le cadre de la mobilisation des universités contre la réforme du statut des enseignants-chercheurs, j’ai assisté à une conférence de Pierre Rosanvallon sur le sujet : « un pouvoir autiste même élu est-il légitime? » La question se pose réellement aujourd’hui. La consultation avec les syndicats n’a servi à rien. Le président n’écoute que lui-même et éventuellement ses conseillers. Il l’a d’ailleurs dit clairement à la fin de son discours. « Aujourd’hui c’était ma réponse aux conséquences sociales de la crise ». S’il a veillé à contrôler l’utilisation du je et qu’il a tenu à dire que ces réformes émanaient du gouvernement, le président de la République nous a tout de même gratifier de ses sempiternelles : « j’ai été élu pour », « c’est mon rôle de chef de l’Etat » et « c’est ma responsabilité »… Sa réponse est claire, « le seul chemin qui vaille » c’est l’effort. Il a dramatisé les conséquences d’une augmentation possible du SMIC qui concerne « à peine un travailleur sur dix » (en fait 1,7 sur dix tout de même) et a une fois encore prouvé qu’il était en campagne perpétuelle en attaquant de manière latente les 35 heures qui ont « ruiné la compétitivité du pays ». Il ne nomme pas la réforme et préfère la désigner par « les erreurs du passé » qui ont « sacrifié l’avenir au présent » et qui étaient « une politique de facilité ». J’ai pu montrer que Nicolas Sarkozy s’était emparé du terme de justice. Il a, de plus, fait ressurgir un peu de son vocabulaire gauchiste qu’il employait ces derniers temps en évoquant son grand chantier de moralisation et de re-fondation du capitalisme…

Que faut-il en retenir?

Si sur la forme rien ne change, force est de constater que le président de la République a tout de même fait quelques concessions sur le fond en annonçant 2,6 milliards d’euros consacrés à la relance par la consommation. Rien à voir bien sûr avec ce qui était demandé il y a deux semaines dans les rues, mais c’est tout de même une forme de compromis. Que faut-il en retenir? Il est évident que ce ne sont pas ces quelques réformes qui vont relancer l’économie. Il faut espérer que les milliards précédents jouent leur rôle car on ne relancera pas la France avec moins de 100 euros par foyer ! Les journaux qui ont déjà réagi à l’heure où j’écris ces lignes sont évidemment partagés. Le Figaro a surtout retenu l’une des phrases d’introduction de l’allocution présidentielle : «Nous sortirons de la crise en modernisant la France», Le Monde rappelle que ces mesures visent les classes moyennes alors que Libération titre – à mon avis maladroitement – « le paquet social de Sarkozy ». Ce titre est surprenant pour un journal proche de l’opposition parce que les mesures annoncées par Sarkozy ce mercredi soir sont loin d’avoir l’ampleur du « paquet fiscal » qui est pris comme référence. En utilisant, un tel titre, sans le vouloir, le journaliste de Libération donne du crédit aux réformes du chef de l’État. Les déclarations seront surement plus nombreuses ce jeudi mais on peut d’ores et déjà noter que Martine Aubry a fait savoir que ces propositions n’avaient rien d’un plan de relance alors que Benoît Hamon parle d’une « aumône aux plus fragiles ».

Dans cette allocution qui fait semblant d’être le fruit des négociations de l’après-midi, Nicolas Sarkozy n’a pas annoncé la moindre mesure surprise qui aurait pu lui redonner du crédit. Si je ne suis pas capable de juger l’effet des réformes annoncées, il semble évident qu’en les dévoilant juste après la rencontre avec les syndicats, le chef de l’État a voulu paraître plus ouvert et plus à l’écoute alors que concrètement tout était planifié depuis longue date. Ce qui est choquant, c’est que finalement, il aura fallu attendre deux semaines depuis sa précédente intervention pour que Nicolas Sarkozy annonce sa propre réponse à la crise dont nous ne sommes qu’à la moitié… Même s’il a appelé les syndicats « à la raison », il est tout à fait possible que la grève prévue au mois de mars soit maintenue et qu’elle soit tout à fait populaire… affaire à suivre !


Si à 50 ans, on n’a pas une rolex on a raté sa vie!

18 février 2009

Invité pour vendre son Autobiographie non autorisée, Jacques Séguéla s’est fendu d’une belle déclaration de crise : « tout le monde a une Rolex ».

Non content de cette ridicule déclaration, il enchaîne en faisant de la possession d’une rolex la condition sine qua non de la réussite. Une vie sans consommation ne peut pas être une vie sensée. Une vie sans Rolex est gâchée…


Politique : qui sont les stars de nos journaux?

11 février 2009

Après avoir découvert une énième couverture sur Rachida Dati cette semaine dans mon kiosque à journaux, j’ai décidé de regarder à quelles personnalités politiques la presse s’intéresse le plus depuis les élections. Pour ce faire, j’ai regardé combien d’articles évoquaient les seize personnalités que j’avais choisies dans la presse nationale1. Un moyen un peu plus simple que de mesurer le temps de parole de chacun et qui permet déjà de dégager de sérieuses tendances.

4presidentiables

Le premier constat est sans appel, la presse n’en a que pour Nicolas Sarkozy. Ce n’est pas une surprise mais les chiffres sont sans appel. Depuis l’élection présidentielle, sur trente cinq mille articles évoquant l’un des présidentiables (Bayrou, Le Pen, Royal, Sarkozy) plus de 75% des articles font référence à Nicolas Sarkozy. S’il est assez logique que le président de la République fasse parler de lui, on ne peut qu’être surpris de remarquer qu’environ un article politique sur deux évoque Nicolas Sarkozy, un sur deux! On peut tout de même remarquer que depuis un an, sa présence dans les colonnes de presse s’est (un peu) raréfiée. L’écart le plus faible entre lui et Ségolène Royal a été atteint pendant la primaire socialiste en novembre 2008. Toutefois, le président de la République est tout de même évoqué deux fois plus souvent que sa rivale socialiste sur cette période !

4presidentiables-camembert

Avant de revenir sur les leaders de l’opposition notons que Jean-Marie Le Pen n’a plus vraiment la cote. Après avoir été omniprésent dans les médias en 2002, il désintéresse de plus en plus. Sur les huit titres de la presse écrite que j’aibenlepen2 sélectionnés le leader du front national est évoqué en moyenne 30 fois par mois soit environ cinq fois moins que François Bayrou par exemple et même moins qu’Olivier Besancenot (50 articles / mois). Ceci explique ses dernières tentatives de dérapages contrôlés. Cette semaine il annonçait que le maire de Marseille devrait bientôt s’appeler Ben Gaudin si la population d’origine maghrébine continuait à croître. Sans commenter cette sortie raciste, cette phrase me rappelle une des premières unes de l’Echos des Savannes que l’on voit ici.

opposition

Pour en revenir à notre sujet, le plus inquiétant dans mes résultats c’est que lorsque l’on compare les articles évoquant les principaux leaders de l’opposition (Martine Aubry, François Bayrou, Olivier Besancenot, François Hollande et Ségolène Royal) et ceux consacrés à Nicolas Sarkozy, on se rend compte que ce dernier est évoqué dans deux fois plus d’articles que tous les autres réunis. Jusqu’à l’élection de Martine Aubry à la tête du P.S., la figure de l’opposition était indiscutablement Ségolène Royal. Le seul mois où il y avait plus d’articles au sujet de François Bayrou que de la présidente de la région Poitou-Charentes c’étaien mars passé lors des élections municipales de 2008… Rappelons que l’élection à Pau avait été sur-médiatisée car l’enjeu était évidemment de faire barrage au leader centriste. Un autre point est intéressant à noter dans ce graphique. Si Ségolène Royal a perdu les élections internes du parti socialiste, elle n’en est pas moins présente dans la presse. Martine Aubry arrive à peine à la dépasser ces derniers mois. A propos de cette dernière, on peut remarquer qu’il y a un an, la presse ne l’évoquait à peine. Elle ne s’est imposée comme dirigeante possible que très tardivement ce qui risque d’être un handicap supplémentaire pour son mandat à la tête du parti qui incarne comme le montre ce graphique la principale opposition au gouvernement.

majorite

Pour finir j’avais prévu de faire un graphique sur tous les membres du gouvernement pour essayer de voir ceux qui intéressent au premier plan les journaux français. Le graphique présentant un trop grand nombre de courbes devient totalement illisible une fois présenté sur ce blog. Je me contenterai donc de vous présenter ce camembert sans appel. Rachida Dati qui rafle de loin le plus grand nombre de unes, est aussi la ministre la plus fréquemment évoquée par les journaux français. Elle est suivie de près par Xavier Bertrand et Bernard Kouchner dont on parle beaucoup en ce moment. L’hyper-médiatisation du Grenelle de l’environnement permet à Jean-Louis Borloo de prendre une bonne place dans ce classement quand des personnalités qui font beaucoup de bruit -comme Fadela Amara- intéressent finalement assez peu les médias. Rama Yade n’est pas présentée ici, mais elle occupe aussi beaucoup les pages des magazines qui ont abondamment évoqué les ministres d’ouverture et ceux représentant la « diversité » dans ce gouvernement. A titre d’exemple, j’ai indiqué dans ce camembert Dominique de Villepin qui, en moyenne, est évoqué 70 fois par mois soit près de 20 fois moins que Nicolas Sarkozy ! Dur de se mettre sur les rangs pour 2012 dans ce cadre là!

1J’ai selectionné : l’humanité, libération, le monde, la croix, le figaro, le nouvel observateur, le point et l’express


Femme debout, Ségolène Royal sans surprise

9 février 2009

La présence de Nicolas Sarkozy jeudi dans les médias a presque réussi à faire oublier la sortie du livre de Ségolène Royal et Françoise Degois : Femme debout. Une fois encore, l’ancienne candidate à l’élection présidentielle réussit un ouvrage qui plaira à ceux qui l’apprécient et irritera les autres. Petit aperçu.

royal21Une charge contre Nicolas Sarkozy et son gouvernement

Les « bonnes pages » soigneusement publiées dans la presse depuis quelques jours présentaient cet ouvrage comme très polémique et donnaient quelques exemples de charges violentes contre Nicolas Sarkozy. Pourtant, ce livre n’est pas à proprement parler un pamphlet politique. Ségolène Royal évoque plus d’expériences et de ressentis personnels que d’attaques politiques. Toutefois, il est vrai que le fil rouge de cet ouvrage est l’attaque en règle de Nicolas Sarkozy et de quelques membres du P.S.

Les extraits que l’on a pu lire représentent la toute fin de l’ouvrage (p.230-235) pourtant dès la centième page, elle est catégorique : « Nicolas Sarkozy a manipulé l’opinion en créant un espoir mâtiné de spiritualité, regardez le résultat. L’essence de la politique, c’est d’unir, de rassembler, d’harmoniser la vie de ses concitoyens, pas de fracturer, de casser, de diviser. Il a tout fragmenté, désossé, désuni ». Les charges ne s’arrêteront plus, elle rappelle que si le président Uribe n’a pas fait appel à Sarkozy pour la libération d’Ingrid Bétancourt c’est parce qu’il est « immaîtrisable ». Elle ajoute que son action est de l’ordre de « l’incompétence politique crasse », que le président est « fade » et « malsain ». Elle affirme que son action n’est que du « chloroforme » et de « la manipulation politique de bas étage ». Comme dans son ouvrage précédent, elle dénonce « la connivence intenable, intolérable entre le chef de l’Etat, la haute finance, les grands patrons » et regrette parfois de ne pas avoir à l’affronter dans des élections américaines où on dénoncerait l’ « amoralité » de Sarkozy notamment en matière de fraude à l’ISF.

Outre les attaques que l’on a pu lire dans la presse, Ségolène Royal va aussi savoir faire preuve de subtilité en affirmant que l’un de ses livres préférés est La Princesse de Clèves « c’est une écriture somptueuse, voilà, c’est tout. Cette histoire magnifique, déchirante. ». Rappelez-vous le candidat Sarkozy déclarait pendant sa campagne à propos d’un concours administratif qu’ « un sadique ou un imbécile avait mis dans le programme d’interroger les concurrents sur La Princesse de Clèves. Je ne sais pas si cela vous est souvent arrivé de demander à la guichetière ce qu’elle pensait de ‘La Princesse de Clèves’… Imaginez un peu le spectacle ! » Subtil.

Règlements de compte au P.S.

Une fois encore, cet ouvrage était présenté comme très violent vis à vis du P.S. et pourtant, même si la plupart des pages ont été écrites avant le congrès du P.S. Ségolène Royal n’est pas si critique. La première charge est dédiée à Martine Aubry qui la « regarde toujours comme quand [Ségolène Royal était] sa sous-ministre. Elle le pense vraiment. » Une petite attaque contre François Hollande, Jack Lang et Michel Rocard avant de nous apprendre que certains au P.S. l’appellent « le serpent ». Pour elle ce qui est grave c’est que les éléphants « ne s’arrêteront jamais », même si elle sait que s’il n’y a pas de « cessez-le-feu » de leur part, le P.S. n’a aucune chance de gagner en 2012. Sur cette élection elle est « très claire. S’il y en a un de meilleur qu'[elle], qu’il y aille, [elle fera] même sa campagne en 2012. mais pardon, pour le moment [elle ne voit] pas. »

Françoise Dégois pense que d’une façon ou d’une autre ce parti voulait tourner la page Royal. Pour l’ancienne candidate, Martine Aubry n’est qu’un produit de l’action des éléphants qui ont trouvé une femme pour battre une autre femme et avoir la voie libre pour 2012. Pour elle, c’est la seule préoccupation des leaders du P.S., ils ne pensent jamais aux Français qui souffrent.

Lionel Jospin a été l’un des premiers à réagir aux extraits publiés du livre de Ségolène Royal, il a commencé à nouveau à s’en prendre à « celle qui était la moins capable de gagner » en 2007 comme il l’avait fait dans son ouvrage intitulé L’impasse. Pourtant dans Femme Debout, si la présidente de la région Poitou-Charente s’étonne de la violence des propos de Jospin, elle ne l’attaque guère allant même jusqu’à dire qu’il a été « un très grand premier ministre ».

Malheureusement pour certains membres du P.S., Ségolène Royal ne semble pas prête à abdiquer, elle affirme qu’elle pense déjà à 2012 et que si elle a « parfois eu le sentiment de ramper dans la cendre », elle revendique son Zénith et fait un petit clin d’œil à ceux qui n’auraient pas compris, son « personnage de roman préféré s’appelle Edmond Dantès, le comte de Monte-Cristo. Pour la persévérance. »

Ségolène Royal comme on l’aime, ou pas!

Pourquoi avoir fait cet ouvrage? La question on peut se la poser avant, on se la pose encore après. Ségolène Royal veut en finir avec la « cruchitude » comme écrit François Degois. Elle rappelle souvent qu’elle a fait de grandes études et qu’elle est adulée à l’étranger. C’est surement le vrai but de cet ouvrage : se présenter comme une opposition crédible à Nicolas Sarkozy et rappeler qu’elle sera là en 2012. « Une envie de m’expliquer sur tout, de tourner cette page et de prendre un nouveau départ » dira-t-elle.

Ce livre revient beaucoup sur son parcours, son enfance, sa famille. Avec le style Ségolène Royal qui en gênera plus d’un. Dès la dédicace du livre, elle frappe fort : en citant le discours d’investiture de Nelson Mandela : « en faisant briller sa propre lumière, on permet aux autres de faire briller la leur. »

Par la suite, on a le droit à des anecdotes d’enfance qui font parfois un peu Misérables, quelques phrases baroques comme elle les aime et un soupçon de mégalomanie pour rappeler qu’elle a une stature internationale.

On peut lire que « la vie [lui a] beaucoup donné » même si « on ne [lui] a rien offert », elle nous raconte que revenue d’Afrique et des Antilles elle s’est installée dans la campagne française où « il fallait se débrouiller avec la neige qui nous arrivait jusqu’aux genoux, qu’on mettait du papier journal dans les chaussures pour ne pas avoir froid ». Et elle nous livre quelques phrases qui ne sont pas sans nous rappeler les carottes râpées de Laurent Fabius, elle nous dit qu’elle « aime bien faire des choses simples » (en l’occurrence aller au supermarché…) et qu’elle « essaie de rester en contact profond avec le pays ».

Plus surprenant dans cet ouvrage on trouve des phrases comme celle-ci : « Il y aurait un cataclysme, un tremblement de terre, tout serait détruit, je ne serais pas à la rue. Je serais leader. Je dirais aux gens : « Ça n’est pas grave, on va faire ci, on va faire ça. » Quand le soleil se coucherait, je dirais, on va sa coucher. Quand le soleil se lèverait, on irait travailler. Parfois, j’y pense. Je ne serais pas démunie s’il n’y avait plus d’électricité par exemple, plus de boutiques… ». Quelques autres surprises vous attendent comme quand elle confie qu’elle aurait « aimé être soeur Emmanuelle », qu’elle a un « besoin de sauvageonne », qu’elle vient du « XIXème siècle » et qu’elle a toujours aimé « ripailler, rire, et même les blagues graveleuses ».

Pour finir, dans le style Ségolène Royal on pourra noter un soupçon de mégalomanie, elle affirme qu’elle et le Dalaï Lama étaient « mutuellement contents de se voir ». Mais surtout, et cette phrase ne manquera pas de lui être reprochée elle affirme qu’« Obama n’a rien inventé (…) la démocratie participative excusez-moi de vous le rappeler que c’était l’axe de ma campagne ». On peut dire que ça devrait raviver un débat pas si lointain, encore de l’humour?

Une vision dérangeante des femmes en politique

Dans son livre précédent j’avais eu l’occasion de montrer que le mot que Ségolène Royal employait le plus souvent était le mot femme. Elle lui consacrait le tiers de son ouvrage. Dans Femme debout, ces références sont nettement plus rares. Toutefois, si elle critique le machisme des uns, elle ne peut pas s’empêcher de penser « qu’une femme dirige un pays différemment ». Des idées que l’on pensait rangées au placard depuis le règne de Margaret Tatcher.

Pour Ségolène Royal, la première qualité d’une femme c’est sa « douceur ». Elle cite pourtant à nouveau Olympe de Gouge et évoque le plafond de verre, autant de points qui semblent l’inscrire dans une posture féministe.« Je crois que dans leur approche d’un problème les femmes sont plus pragmatiques, plus douces et plus intuitives que les hommes. Il faut parfois de la force douce pour délier un problème diplomatique, pas seulement de la force ». De mon point de vue, une phrase comme celle-ci décrédibilise son combat pour dénoncer le machisme du champ politique, elle est persuadée que « le monde aurait pu avoir une autre face avec Angela, moi et Hillary dans les sommets internationaux. »

Malgré toutes ces critiques, ce livre se trouve être plutôt réussi. L’exercice de l’interview permet une lecture agréable et rend le style vivant. S’il est évident que ces entretiens ont laissé place à une réécriture a posteriori, il n’empêche que le style permet des digressions loin d’être totalement inintéressantes. Avec ce livre, les amateurs de Ségolène Royal ou les électeurs intéressés pourront apprendre un peu plus de la personnalité de la (future / ex-) candidate socialiste à l’élection présidentielle : ses traits d’humour, son enfance,… tout en recevant un message politique de sa part.


Nicolas Sarkozy, une intervention pour rien

5 février 2009

Alors que trois chaînes diffusaient le même programme ce mercredi soir, j’ai accordé ma soirée au président Sarkozy venu nous présenter sa politique face à la crise. Une fois encore, il a déroulé son plan de communication sans surprise. Sans réel contradicteur, notre président a pu exposer ses idées censées être « concrètes ». Petite analyse du discours, de la forme au fond.

Un style habituel

adsl-tv-20268 On ne change rien sur la forme. Mais alors rien. Le 24 avril dernier, alors que le Président avait déjà squatté nos médias nationaux, Le Monde titrait « changement de style sans changement de fond », j’avais eu l’occasion de montrer que le changement de style était plus que relatif. Une fois encore c’est le cas. Le président parle toujours à la première personne, avec beaucoup de je, de moi je, de je dois, mon devoir, je me suis engagé, j’ai fait le pari de, … Bien sûr, le président aime tout le monde quand il passe à la télévision le personnel hospitalier est « admirable de dévouement », telle autre catégorie professionnelle sont « des gens compétents », Xavier Darcos « fait un très bon travail » et Guy Lagache « résume très bien ». Mais il gouverne seul !

Il est toujours le président de la rupture. Avant lui personne ne faisait rien, lui agit. Il a réussi une fois encore à placer des expressions telles que « ça fait tellement longtemps qu’on ne décide pas » alors que lui a été « élu pour agir, assumer, décider, résoudre des problèmes ». Sans bien sûr rappeler qu’il est en politique depuis plusieurs décennies.

Pour le reste pas de changement non plus. Nicolas Sarkozy incarne la vérité face aux médias, à l’opposition et aux syndicats qui ne font que dire des mensonges, des plaisanteries. Beaucoup de phrases comme « on m’a fait beaucoup de reproches mais jamais celui de mentir » et des oppositions entre « c’est faux » et « la vérité ». Il a toujours son utilisation caricaturale des noms des journalistes qu’il a répétée des dizaines de fois jusqu’à saturation, et son utilisation démesurée des questions rhétoriques. Dès qu’il le pouvait il répondait à une question par une autre : « Vous croyez que mon travail est facile ? » ou « c’est pas gagné c’est ce que vous voulez me dire ? » ou encore ces questions qui ont totalement déstabilisé M.Pujadas : « qu’appelez-vous le modèle social ? » ou « quel est le sujet que vous voulez que j’aborde ? ».

Une petite nouveauté tout de même, le président ne semble plus vouloir agir seul, et il n’a jamais autant cité le premier ministre même si celui ci semble cantonné à un rôle de consultation et qu’il est bien loin de « déterminer et conduire la politique de la nation » comme le dit l’article 20 de la Constitution.

Où sont les contradicteurs ?

C’est une habitude dorénavant, Nicolas Sarkozy provoque les journalistes qui l’interviewent. L’émission de ce mercredi était encadrée par Laurence Ferrari et David Pujadas avec les interventions de Guy Lagache et Alain Duhamel. Une fois encore, les journalistes n’ont servi à rien. Mais alors à rien. Pourquoi d’ailleurs continuer à présenter des journalistes, pourquoi ne pas laisser une heure et demie d’antenne au président tant qu’on n’est pas capable d’opposer des journalistes crédibles ?

Les journalistes ont été en concurrence tout au long de la soirée. Se coupant la parole, faisant preuve d’une impolitesse sans nom les uns envers les autres sans jamais déranger le président. Aucune question dérangeante n’a été posée. Nicolas Sarkozy a réussi à affirmer que le million de manifestant descendu dans la rue se révoltait contre la crise sans qu’aucun journaliste présent n’arrive à lui dire que les manifestants ne se plaignaient pas de la crise, mais de la réponse de la majorité à cette crise. Il s’est caché derrière cette crise (mot qu’il a employé près de 50 fois) en refusant totalement sa responsabilité. Les journalistes n’ont pas bronché. Comme le dit Edwy Plenel, c’était un « monologue ». On ne l’interrompt pas, on ne le contredit pas. Est-ce que quelqu’un a posé la question dérangeante de la dualité entre les heures supplémentaires et la hausse du chômage ? A vouloir favoriser les heures supplémentaires, plus aucun patron ne veut embaucher, mais cette question personne ne la lui a posée. Il a parlé de Barack Obama, mais personne ne lui a demandé ce que Nicolas Sarkozy pensait de cette phrase du discours d’investiture de Barack Obama : les ouvriers « préfèrent travailler moins que de voir un ami perdre son emploi ».

Nicolas Sarkozy a déroulé sa communication sans entrave, il est même allé jusqu’à placer cette phrase incroyable : « permettez-moi de présenter la même chose différemment » façon de rappeler que c’est lui qui fixe le vocabulaire à employer, pas les journalistes. Je ne reviendrai pas sur les questions rhétoriques toujours aussi efficaces. Pujadas bafouille, Duhamel se laisse déstabiliser, et cætera.

Pour parler un peu du fond à présent, notons  qu’il a réussi à ne presque rien dire de concret tout en utilisant des dizaines de fois ce mot.

On ne change rien : ça c’est du concret

Difficile de savoir quelles sont les orientations du gouvernement et du président à l’issue de cette intervention. Rien ne semble avoir changé. A plusieurs reprises les journalistes ont essayé de demander à Nicolas Sarkozy s’il allait modifier sa politique, ils étaient surpris par sa réponse : on ne change rien. Rien. La réforme n’a jamais été aussi utile. On n’évoque pas le paquet fiscal, les heures supplémentaires, on ne parle pas du contre-projet de relance proposé par l’opposition, rien. On ne change rien. « Des manifestations en France il y en a très souvent. Si on doit arrêter chaque réforme quand il y a une manifestation autant ne pas faire de réformes ». C’est dit. Grâce à ses réformes on va « sortir de la crise plus forte qu’on y est rentré » alors qu’en même temps il assume le fait que la France supprime « 40 000 emplois mensuels ».

Politiquement parlant, il a une fois encore attaqué les 35 heures qui ont crée du chômage parce que « le partage du travail a été une erreur sociale historique » alors que bien sûr ce n’était pas la question posée. Comme s’il était en campagne.

Ce qu’il faut retenir c’est bien sûr qu’il n’y a pas d’annonce immédiate. Notamment du fait que le président refuse catégoriquement une politique de relance. On évoque éventuellement une baisse de l’impôt pour les ménages imposés les plus pauvres, mais rien de concret.

La seule annonce concrète est repoussée à 2010 et il s’agit de supprimer la taxe professionnelle. Pourquoi la taxe professionnelle ? C’est certes une taxe que paient les entreprises et c’est assez cohérent dans la politique de relance de l’investissement de Nicolas Sarkozy, mais ce qui est particulier avec cette taxe c’est qu’il s’agit de la ressource principale des collectivités locales. Un impôt local supprimé en 2010 ? Serait-ce une idée pour que les collectivités locales de gauche soient obligées d’augmenter l’impôt l’année des élections ? Comment ces collectivités pourraient-elles trouver 8 milliards d’euros sinon ? Rappelons aussi que pour ce prix là, on peut envoyer un chèque de 500 euros à la moitié des foyers français, comme l’ont fait nos voisins européens. Rappelons aussi que le président a annoncé qu’il voulait une fois encore supprimer un échelon administratif, en oubliant d’ailleurs de citer les cantons.

Et maintenant, que vais-je faire ?

Un changement est tout de même à noter dans ce discours. Cet omniprésident qui se veut toujours dans l’action s’est mis à adorer le temps long. La seule annonce concrète datée est repoussée en 2010, on l’a dit. Rappelons aussi qu’il a tout de même attendu une semaine avant de passer à la télévision. A l’heure de l’immédiateté de l’information, le président a attendu une semaine avant de s’exprimer sur une grève qui a réuni au moins un million de français, une semaine ! De plus, dès qu’une question était gênante, dès que l’on évoquait une possible réforme, il se cachait derrière la future rencontre du 18 février. Et encore deux semaines de perdues ! Faut-il aujourd’hui deux semaines pour réunir les leaders des syndicats d’employés et de patrons ? Face à cette « crise l’un plus importante depuis un siècle » (plus que celle de 1929 donc) on doit attendre encore deux semaines pour réagir ?

Tout son discours était basé sur cette distinction entre le temps court et le temps long. Il demeure le président hyperactif, mais il s’est arrêté. Il attend. Pour finir, je voudrais revenir sur une des réformes sur laquelle il a insisté. Celle de la nomination du président de France Télévisions par le président de la République. A mon sens cette annonce résume son intervention de ce soir. Le président a réussi à affirmer qu’on était passé « de l’hypocrisie totale à la transparence totale » sans trouver aucune contradiction. En gros, il nous explique que le président de France Télévisions a toujours été nommé par le président de la République mais de façon cachée alors au lieu de réformer ceci, d’y mettre fin – alors que l’on affirme haut et fort que c’est mal – et bien on entérine et on grave dans le marbre qu’à présent ce sera comme ça. Personne ne réagit. Il a placé exactement la phrase qu’il voulait, il faut dire qu’en invitant les journalistes triés sur le volet à l’Elysée, on sait que le président joue à domicile et qu’il fera ce qu’il veut de cette entretien.

En résumé, une fois encore, une heure et demie pour rien. Une semaine d’annonce d’une intervention pour exprimer les décisions du président de la République face à la crise pour rien. Aucune annonce, aucun programme, aucune relance. Rien.