Laurence Parisot au Parisien « On va s’en sortir »

Quelques jours après le refus du MEDEF de signer les accords en Guadeloupe, Laurence Parisot répond aux questions des lecteurs du Parisien / Aujourd’hui. Une interview assez plate et sans profondeur pourtant très commentée ce lundi dans les médias.

Laurence Parisot, 5 février 2009.  REUTERS/Jacky Naegelen (FRANCE)

Laurence Parisot, 5 février 2009. REUTERS/Jacky Naegelen (FRANCE)

Comme à son habitude, Laurence Parisot va maîtriser ses mots, ses coups. On ne sait pas dans quelle mesure cet entretien a été retravaillé a posteriori mais les termes sont choisis, pesés, ciblés. Des réponses claires, simples et directes.

Si l’interview débute par la situation en Guadeloupe, la présidente du MEDEF dévie rapidement sur une vision plus globale de cette crise. Après avoir décrit le LKP comme une « organisation gauchiste, très politisée, et usant de pressions qui ont semé un véritable climat de terreur », Laurence Parisot rappelle que ce syndicat n’a rien à voir avec ceux qu’elle à l’habitude de côtoyer qui sont plus « constructifs et responsables ». Par la suite elle expose sa vision générale de cette crise qui « va durer au moins un an ». Pour elle, « le gouvernement n’a pas pris la mesure du nombre de faillites prévisibles au premier semestre 2009 ». Comme à son habitude, elle critique les charges sociales et fiscales qui lestent la compétitivité de nos entreprises qui sont « entrées dans la crise plus faibles et plus fragiles que les entreprises de nos voisins ».

Pourtant, tout au long de cet entretien, la présidente du MEDEF n’a cessé d’être optimiste : « La crise, ce n’est pas la mort. Ne pensons pas que, demain, tout le monde va se retrouver à faire la queue devant un Pôle emploi. » ou encore « des secteurs entiers continuent à embaucher ». Dans cet interview elle a aussi soutenu sans faille le patronat, ce qui est certes son boulot, mais qui l’a amenée à défendre sans détour les entreprises qui font du profit et qui dans la foulée annoncent un plan de licenciement. Pour elle : « C’est justement quand elle fait encore un peu de profits qu’une entreprise peut procéder aux ajustements nécessaires avant de risque le pire », il ne faut pas croire que les patrons sont « des robots sans cœur ». « Nous avons les charges les plus élevées du monde. Mais personne ne veut nous croire » ira-t-elle jusqu’à affirmer sans soucis d’étayer sa pensée. Pour elle, il n’est pas question de mieux répartir les profits, c’est une idée aberrante puisqu’« en France, les salaires représentent [déjà] les deux tiers de la richesse créée (…) alors qu’en Allemagne ce n’est que 55% ».

En fait, comme je le disais en introduction, cet entretien ne nous apprend rien de très nouveau, on retrouve Laurence Parisot dans son rôle traditionnel, défendant fermement ses idées face à des lecteurs qui n’avaient pas la possibilité de rebondir, un exercice de communication en somme. Elle expose quelques idées simples comme le risque de la tentation protectionniste qui serait « économiquement et humainement désastreu[se] ». Finalement ce qui a le plus attiré mon attention dans cet entretien c’est le commentaire de quelques lignes écrit par Philippe Martinat.

Le journaliste politique du Parisien a dû oublier la « morale » de la journée internationale des femmes. En effet, dans ce tout petit encadré, le journaliste va réussir à faire trois occurrences à la tenue vestimentaire de la présidente du MEDEF. Son journal reçoit cette femme puissante parmi les puissants qui vient de s’exprimer pendant de longues minutes et, lui, la seule chose qu’il trouve à noter c’est qu’elle a une « mince silouhette sanglée dans un pardessus synthétique aussi bleu que le ciel ce jour-là. », qu’elle se présente finalement dans un « spencer couleur parme » avec « ses mains libres de bijoux et de montres ». Ce genre de commentaires montre d’une part la vacuité de l’argumentation du journaliste, mais témoigne aussi d’une prégnance machiste dans la profession. Serait-il allé commenter les tenues du baron Ernest-Antoine Sellière? Sûrement pas. Mais une femme se définit avant tout par son apparence, c’est bien connu.

Heureusement qu’on a inventé la journée des femmes, il reste plus que 364 jours pour que les journalistes comme Philippe Martinat puissent rabaisser le sexe qu’ils pensent faible à la simple description de ses tenues vestimentaires…

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