Bac menacé, l’histoire se répète

L’histoire se répète parfois inlassablement. Depuis que la droite est revenue au pouvoir en 2002, c’est la quatrième édition du bac qui est menacée. Après, 2003, 2005, 2007 ; 2009 sera-t-elle, la première année sans épreuves du baccalauréat?

C’est assez peu probable d’imaginer la suppression des épreuves du baccalauréat. Si le chantage en la matière est monnaie courante, il est pratiquement inimaginable que cette suppression devienne concrète. C’est pourtant la menace qu’ont déposé des centaines d’enseignants-chercheur de l’académie de Rouen avec la lettre suivante :

lettre2

En 2003, les enseignants menaçaient de ne pas corriger le bac ou de mettre 10 à tout le monde (voire noter entre 15 et 20 toutes les copies), le gouvernement avait fini par céder à la pression et les ministres Sarkozy et Ferry avaient renoncé à transférer aux collectivités locales les conseillers d’orientation, les assistantes sociales et les médecins scolaires. En 2005, le ministre de l’éducation, un certain François Fillon, avait alors utilisé le bac contre les mouvements étudiants. Il a rapidement fait passer le message que le bac ne serait pas modifié et que dès lors les étudiants qui auront manqué des cours pourraient se trouver à l’examen face à des sujets non-traités en classe. Le résultat avait été assez concluant, il avait réussi à mettre un peu de plombs dans l’aile de la mobilisation. Le 7 avril 2005, 480 lycées étaient bloqués, deux semaines plus tard, la mobilisation était terminée, le projet de loi Fillon était voté à l’exception – une fois encore – de la réforme du baccalauréat retirée en guise de compromis. Malgré le CPE en 2006, il ne règne pas une grande menace sur les épreuves du baccalauréat, les manifestants étant majoritairement des étudiants du supérieur. En 2007, les enseignants se sont mobilisés pour le retrait du décret Robien qui touchait au temps de travail des profs et à leur bivalence. Pour montrer le sérieux de leur mobilisation, plusieurs centaines d’établissements ont bloqué le bac blanc. La menace était une fois encore de reproduire la même action quelques mois plus tard avec les vraies épreuves du baccalauréat. Même si les enseignants devront attendre octobre 2007 pour avoir gain de cause, le baccalauréat s’était alors déroulé sans entrave.

Aujourd’hui, ce sont les maîtres de conférences et professeurs des universités qui menacent le bac, immédiatement le pouvoir réagit en commandant un sondage. Ainsi on peut lire aujourd’hui dans la presse que près de deux Français sur trois (64 %) désapprouvent la proposition de certains enseignants chercheurs de refuser de présider les jurys du bac pour protester contre la politique du gouvernement dans les universités. C’est ce qu’ indique le sondage OpinionWay pour le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

Le baccalauréat demeure un symbole que l’on peut essayer d’utiliser de part et d’autres, il ne sera cette année probablement pas plus menacé que les années précédentes, toutefois on peut souhaiter aux enseignants-chercheurs qu’ils réussissent à tirer profit de cette menace et que celle-ci ne se retournera pas contre eux comme ça a pu être le cas, les années précédentes…

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