« Sarkozy je te vois », c’est absurde.

20 mai 2009

27 février 2008, peu avant 18 heures, un enseignant passe dans la gare centrale Saint-Charles de Marseille, où deux policiers sont en train de contrôler l’identité de deux personnes. Trouvant ce contrôle un peu « viril », il crie alors à deux reprises, pointant du doigt les policiers : « Sarkozy, je te vois ! » L’apostrophe provoque l’hilarité, « les rires ont fait redescendre la tension », explique l’homme convoqué pour « tapage injurieux diurne troublant la tranquillité d’autrui ».

SarkoL’affaire semble tellement grotesque qu’elle est portée en première page de l’édition de ce mercredi du quotidien Libération. Après plus de quatorze mois sans nouvelle, le professeur de philosophie qui avait crié « Sarkozy, je te vois », est convoqué début avril au commissariat du 9e arrondissement de Marseille avant de recevoir, le 20 avril, une citation à comparaître devant le juge de proximité. Les « faits » ont été requalifiés en « tapage diurne injurieux ».

Hier, les blogs ont réagi activement sur le sujet, Maître Eolas, nous rappellait que « la contravention de tapage est prévue par l’article R. 623-2 du code pénal. Contravention qui fait encourir au maximum 450 euros d’amende. Pour être puni, le tapage doit être de nature à troubler la tranquillité d’autrui, et être soit nocturne, soit injurieux s’il est diurne. » Avant de conclure qu’ « il y a dans ce type d’affaire une impression d’instrumentalisation du droit pénal pour faire une police politique qui me déplaît au plus haut point. » Samuel Authueil quant à lui écrivait : « Ce n’est franchement pas malin et dénote une agressivité vis à vis des forces de police que je ne saurais approuver. (…) Ce type méritait de se faire contrôler à son tour, voire de se faire amener au poste, histoire d’approfondir les contrôles. Mais pas plus. Le poursuivre en justice est un peu idiot et politiquement dangereux. »

Car l’affaire devait bien sûr devenir politique. Ainsi, Jack Lang s’exprimait hier à ce sujet sur RTL : « On a peine à croire qu’au pays de Rabelais et de Coluche, on ait perdu le sens de la drôlerie, de la dérision », qualifiant de « ridicule » et « dérisoire » cette procédure judiciaire. Pour Libération : « Le Président de la République n’est pas à l’initiative de la plainte. Mais après le « casse-toi pauv’ con ! » du salon de l’agriculture de 2008, ou l’affaire de la poupée vaudou à son effigie, pour laquelle Nicolas Sarkozy avait engagé des poursuites, on ne s’étonne plus de voir un procureur retenir le caractère « injurieux » du « tapage diurne » qui a troublé l’ordre public gare Saint-Charles à Marseille. »

L’humanité aussi profite de l’occasion pour une critique plus générale de Nicolas Sarkozy, on pouvait lire dans le quotidien il y a quelques jours que cette affaire avait « de quoi illustrer le  »constat amer’‘ de la  »dégradation continue des rapports entre les citoyens et leur police » qu’ont fait, [jeudi passé], la Ligue des droits de l’homme, le Syndicat de la magistrature et le Syndicat des avocats de France. » Aujourd’hui, Christophe Deroubaix  titre son article dans L’Humanité «  »Sarkozy, je te vois », ou l’absurde au tribunal »

Libération rappelle que « la doctrine officielle en matière de poursuites judiciaires contre ceux qui brocardent le chef de l’Etat évoluait pourtant depuis un demi-siècle dans le sens d’une tolérance quasi totale. ».C’était le cas de François Mitterrand et de Jacques Chirac qui refusèrent par principe d’engager des poursuites. « Le mieux que puissent faire les présidents, c’est de laisser faire et de hausser les épaules », estimait Georges Kiejman, avocat de François Mitterrand.

En pleine (absence) de campagne pour les Européennes, on peut voir l’affaire comme une volonté de ramener une fois encore l’image du président à celle de l’ordre. Il s’agit en fait plutôt d’un procès maladroit provoqué par un fonctionnaire zélé qui pourrait bien être instrumentalisé politiquement pour critiquer un président trop soucieux de son image et beaucoup trop procédurier.

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Charity business

20 mai 2009

A noter qu’hier paraissait au journal officiel, la traduction officielle de cet anglicisme utilisé quasi-exclusivement en France. A présent, il ne faudra plus dire « charity business » mais « économie caritative » qui a pour définition officielle : « Ensemble d’activités économiques ayant pour fin ou pour moyen l’action humanitaire ou charitable. »


L’anglicisme de la semaine : chat ou IM

18 mai 2009

Depuis quelques jours, j’ai été absorbé par une conférence dont je ne manquerai pas de vous reparler très prochainement, je voulais marquer mon retour par un nouvel anglicisme de la semaine : chat.

Cet anglicisme part en français avec un handicap sérieux, destiné à l’écrit il souffre immédiatement de son homonymie avec un animal domestique et avec les représentations que l’on peut lui attacher. Pourtant, il a réussi à s’imposer notamment par une modification orthographique qui amène souvent à l’ajout d’un T en guise de suffixe : tchat.

Selon les pays, on emploie plus ou moins ce terme de chat, certains préférant un autre anglicisme, celui d’IM : instant messaging. En fait, chat est le terme le plus répandu mais il souffre parfois d’une carence de prononciation, ainsi, il n’est pas rare de le voir adapté à la langue locale. On trouve par exemple : Czat en Pologne, Chatt ou Chatta en suédois, Txat en basque, Chatten en néerlandais, et donc parfois Tchat en français. Il convient bien sûr de préciser que de nombreux pays utilisent le terme chat sans modification orthographique. Les pays du Nord préfèrent toutefois généralement les deux lettres IM comme instant messaging pour désigner la pratique du dialogue en ligne. Peu entré dans notre vocabulaire, on trouve régulièrement cependant des traductions de cet anglicisme dans les langues de nos voisins, ainsi, si l’on trouve chez nous l’expression messagerie instantanée, au Portugal on évoque mensageiro instantâneo (plutôt comunicador instantâneo au Brésil) et en Italie on utilise la messaggistica istantanea.

En France, on trouve souvent l’utilisation du verbe tchater qui n’est pourtant en rien officiel. Pourtant des termes de substitution à cet anglicisme sont apparus rapidement. Ainsi, le 16 mars 1999 paraissait au Journal Officiel la traduction officiel de chat : causette. Il est vrai qu’il aurait été plaisant de voir les publicités inciter les jeunes à venir faire un brin de causette sur Internet! La désuétude du terme l’a condamné à une mort prématurée et quelques années plus tard, le 5 avril 2006, un autre article est venu annuler et remplacer cette proposition pour lui préférer l’expression « dialogue en ligne ». Une fois encore, les québécois ont été plus prompts à réagir et à adopter un terme français pour cette action de dialogue sur Internet en proposant l’expression « clavardage » mélange de « bavardage » et de « clavier ». Invité à un « Tchat », Bernard Pivot a pu exprimer tout le bien qu’il pensait de cette expression.

On retrouve chez nos voisins espagnols une autre réaction possible à cet anglicisme. Rapidement l’Académie Royale Espagnole a proposé de substituer à chat l’expression cibercharla (qui donnerait en français cyberbavardage). Le terme a eu un certain impact, mais n’a pas empêché la propagation de l’anglicisme chat. Dès lors, l’Académie a proposé d’intégrer un terme qui avait déjà cours chez les espagnols, celui de chatear. C’est comme si l’Académie Française prenait conscience que son terme de causette n’avait pas marché et que dès lors elle proposait une conjugaison officielle pour le verber tchater. Ainsi depuis l’année 2007, en espagnol le verbe chatear qui auparavant signifiait boire un verre de vin, se rapporte aussi à la communication en ligne.

Soucieux de ne pas être de reste, l’espéranto aussi proposait une traduction au mot chat : babilejo ou tujmesaĝilo. Le premier terme devant certainement renvoyer au mot français « babiller » qui signifie parler beaucoup.


Le sondage qui fait mal au P.S.!

13 mai 2009

Alors qu’il y a quatre ans, le PS avait progressé régulièrement dans les sondages jusqu’à arracher presque le tiers des suffrages – infligeant une sévère défaite à l’UMP – les sondages à paraître demain à propos des élections européennes sont affreusement décourageants pour les socialistes.

C’est une information que l’on pouvait retrouver dès hier soir sur le site du Figaro et aujourd’hui dans la version papier de la plupart des quotidiens. Le dernier sondage sur les élections européennes est loin d’être bon pour le PS.

Sondages

Le PS est situé actuellement à 7,5 points en-dessous de leur résultat des élections européennes précédentes et à 5,5 points du parti présidentiel. Le pire, c’est qu’il affiche une dynamique négative, par rapport au mois passé le PS est crédité d’un point de moins passant à 21,5% des intentions de vote. Comme on le voit sur le petit tableau récapitulatif ci-dessus, l’UMP est largement en tête et ne semble menacée par aucun parti. Le MODEM demeure deux points au-dessus de leur résultat d’il y a cinq ans.

Parmi les autres conclusions que l’on peut tirer de ce sondage, Frédéric Dabi, directeur du département d’opinion de l’IFOP, évoque l’hypothèse d’une « surprise Front de gauche » et relève qu’« au sein de cette gauche de la gauche semble s’opérer un changement de dynamique. Flirtant en février avec la barre des 10 %, le NPA d’Olivier Besancenot subit une baisse, laquelle profite aux listes du Front de gauche ». « Avec 6,5 % d’intentions de vote, ajoute-t-il, ces dernières s’avèrent en progrès constant et pourraient venir contester au NPA son leadership au sein de la gauche radicale. »

Dans un tel cadre, le parti socialiste devrait réellement se remettre en question, notamment sur la discrétion de leur campagne à trois semaines du scrutin. Il est peut-être temps d’offrir des meetings unitaires et de voir Ségolène Royal et Martine Aubry en campagne. Les élections intermédiaires (c’est-à-dire les élections qui ont lieu entre les élections capitales que sont les législatives et les présidentielles) sont généralement des élections très profitables à l’opposition, cela s’est quasiment vérifié à chaque élection au cours de la Cinquième République, c’était notamment le cas des européennes et des régionales de 2004. Le PS avait alors bénéficié du « vote sanction » contre le gouvernement.

Fort de ces sondages, Xavier Bertrand fanfaronne aujourd’hui dans Le Figaro : « Les Français ne se trompent jamais d’élection. Nous, nous parlons de notre projet pour l’Europe et des succès de la présidence française. Si certains ne sont pas à l’aise sur l’Europe et veulent parler de notre action, j’y suis également prêt. Mais si les socialistes avaient des choses à dire sur l’Europe, cela se saurait et ils auraient su cicatriser leurs blessures du référendum. »

Il est vrai que comparé à la cuisante défaite d’il y a cinq ans, l’UMP aborde ces élections européennes dans de très bonnes conditions. Dans le dernier sondage le rapport de force gauche-droite, n’est pas très différent de celui des dernières élections européennes (la gauche perdrait tout de même trois points par rapport à 2004), mais les positions de l’UMP et du PS sont totalement différentes. Si le PS perdrait environ 7,5 points, l’UMP lui en gagnerait plus de 10 points par rapport aux résultats de 2004. L’opposition cumule 41,5% seulement ce qui montre qu’il n’y a pas réellement d’aspect « vote sanction » actuellement. Le PS aurait à peu près une voix sur deux parmi les votes de gauche alors qu’en 2004 il récupérait près de 65% de ces votes de gauche, il faut dire que depuis le référendum sur la Constitution Européenne a laissé des traces. Ces chiffres montrent un rapport de force très défavorable au parti socialiste qui avait en 2007 bénéficié d’un important effet « vote utile ».

A trois semaines du scrutin, le parti socialiste devrait remettre à plat sa stratégie pour les européennes. Alors que Nicolas Sarkozy à une côte de popularité assez basse, la gauche ne réussit pas à bénéficier de l’aspect « vote sanction » des scrutins intermédiaires. Si ce sondage se vérifiait dans trois semaines dans les urnes, cela redonnerait une grande légitimité au gouvernement Fillon et à la présidence Sarkozy et risquerait de mettre à mal le PS et les mobilisations collectives. A gauche, le seul gagnant de ce scrutin semblerait être le Front de gauche qui pourrait réussir à voler la vedette au NPA.


Sarkozy vu par les arabes

13 mai 2009

Après vous avoir parlé du Capital et du Books de ce mois, c’est à nouveau un magazine que j’aimerais évoquer aujourd’hui : Le courrier de l’Atlas. Cette revue sous-titrée Le magazine du Maghreb en Europe, affiche en une ce mois « Sarkozy vu par les arabes ».

le courrier de l'atlasC’est toujours surprenant de lire une revue dont on n’est pas la cible. D’un seul coup, les publicités deviennent amusement, et tout est prétexte à surprises. Dans le cas de ce magazine, j’ai forcément été surpris par les titres en français traduits en arabe, mais aussi par les publicités pour le couscous, la viande hallal ou encore le tapis de prière de poche, rarement présentes dans les revues que je lis habituellement. Au-delà de cela, j’ai apprécié ce numéro qui nous présente un sommaire alléchant.

En ce qui concerne le dossier en une, on retrouve l’avis de sept personnalités du monde arabe sur les deux ans de la présidence Sarkozy : le directeur d’Arab News, un essayiste, un ambassadeur, deux historiens, un chercheur et un responsable de l’Euromed. Toutes ces personnes ont été interrogées autour de trois axes :

  • la politique d’immigartion du président Sarkozy

  • sa politique au Proche-Orient

  • et enfin le projet d’Union pour la Méditerrannée

En ce qui concerne le premier point, les avis sont assez négatifs, même si certains jouent la neutralité, notamment les diplomates. Pour ne donner que quelques exemples, Issander El-Amrani, chercheur maroco-américain, évoque l’idée que Sarkozy a contribué à faire de l’Europe, une forteresse, pour lui « la politique de l’immigration choisie inquiète : alors que le Maroc manque de gens qualifiés, elle risque d’accélérer la fuite des cerveaux ». Roshi Rashed, surenchérit, pour lui, « la création d’un ministère de l’Immigration pose problème », évoquant le CRIF et le CFCM il affirme que Nicolas Sarkozy cherche « en permanence à organiser des assemblées d’ethnies », pour cet historien « ce n’est pas digne d’un Etat laïc », « la France avait naguère de vrais principes (…) aujourd’hui, on liquide ces qualités pour créer des communautés ». Ce n’est pas le directeur d’Arab News qui va les contredire, selon lui, « il règne en France une atmosphère anti-immigration », c’est aussi ce que pense Hamid Zanaz qui trouve que Sarkozy a fait une « déclaration de guerre au métissage », selon cet essayiste : « la méthode utilisée pour limiter le nombre d’étrangers en situation irrégulière choque par sa dureté, par son étrangeté par rapport à la culture française respectueuse de la dignité française ».

Les avis sont nettement plus partagées sur sa politique au Proche-Orient. D’un côté on trouve ceux qui pensent que Nicolas Sarkozy continue la politique en place sous les gouvernements précédents, pour l’ancien ambassadeur du Maroc, Hassan Abouyoub, « la position française ne s’est pas écartée d’une tradition d’attachement à la légalité internationale, aux droits de l’homme et aux vertus du dialogue sincère pour résoudre le plus ancien conflit du monde ». Khaled Al Maeena, directeur d’Arab News, trouve que « le président Sarkozy mène une politique dictée par la sagesse et la logique », pour lui sa politique est perçue comme « indépendante de celle des Etats-Unis ».

A l’opposé, Hamid Zanaz pense que « la vision de Sarkozy ne diffère que dans de menus détails de celle des néo-conservateurs états-uniens » ce que confirme Issander El-Amrani pour qui « sous la présidence de Nicolas Sarkozy, la politique arabe de la France n’existe plus ».

Enfin, la question sur l’Union pour la Méditerrannée, ne passionne pas les foules. Certains y voient un « outil technocratique » d’autre un « rôle positif pour un pays d’importance moyenne comme la France ». Hamid Zanaz, que l’on a vu très critique, évoque un « outil du Nord pour dicter ses conditions au Sud, protéger l’Europe du terrorisme venant de l’autre côté de la Méditerrannée, refouler les clandestins et protéger la production agricole européenne de la concurrence. » Tafiw Aclimandos, historien égyptien, affirme quant à lui que « la plupart des égyptiens ne sont pas intéressés par ce projet ou n’y croient pas »

Ce dossier est complété par une série de caricatures de Sarkozy dans les pays arabes et par un article sur la façon dont les américains perçoivent le présent français.

Un magazine que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire car, outre ce dossier, on peut aussi lire un portrait d’Eric Zemmour, un dossier sur la crise dans le 9-3 et quelques portraits de candidats aux élections européennes agacés par leur étiquette de candidats de la diversité. A mettre en toutes les mains.


L’anglicisme de la semaine : hard-discount

10 mai 2009

C’est en tombant sur cette pub Auchan visant à contrer la montée des « hard-discounts«  en cette période de crise que j’ai eu l’idée de l’anglicisme de la semaine.

Apparu après la seconde guerre mondiale en Allemagne avec Aldi, les « hard-discounts » se développent dans le pays sans se propager en dehors des frontières. Il faut attendre les années 80 pour que l’Europe commence à s’intéresser au phénomène. En 1988 ouvre le premier « hard-discount » en France, mais le succès de ce type de magasin ne prendra effet que quelques années plus tard, notamment avec la crise économique de l’année 1993.

C’est à cette époque, que la commission de terminologie et de néologie décide de présenter un substitut à ce terme de « hard-discount ». La commission ressort un terme éculé pourtant toujours présent dans certains dictionnaire, celui de discompte. A partir de ce mot, la commission propose les dérivés suivants : maxidiscompte, magasin de discompte, et même discompteur. On voit pourtant dans la pub Auchan, que le terme n’est pas entré dans les mentalités. D’ailleurs, le publicitaire n’a pas même cru bon de traduire « hard-discount », alors que « thank you » est traduit (loi Toubon oblige). Il évident que cette publicité ne recevra pas de sanctions pourtant depuis le 11 février 1993 (date de la publication au journal officiel de l’équivalent français de « hard-discount »), il est interdit d’utiliser ce terme dans une publicité sans en faire apparaître une traduction.

Aujourd’hui, « hard-discount » est entré dans les mentalités et même dans le langage courant, dès lors il est vain d’essayer de lui opposer un nouveau terme. On peut pourtant lire parfois des articles employant le terme maxidiscompte dans la presse spécialisée. Presse qui souvent s’évertue à au moins mettre le terme entre guillemets. Aujourd’hui, comme on le voit sur le graphique ci-dessous, ce type de magasin représente plus de 14% du marché des grandes surfaces à dominante alimentaire et cela et vrai à peu près partout en Europe. Dès lors, il est intéressant de voir comment ce terme est importé chez nos voisins.

harddiscount

A ma connaissance, la plupart des pays européens emploient le terme « hard discount » tel quel ou en dérivant le terme anglais. Ainsi l’Italie et l’Allemagne utilisent le terme discount même si ces derniers prévoit l’utilisation de Discountunternehmen. La Pologne, le Danemark ou encore l’Espagne utilisent tous des dérivés du mot anglais comme Dyskonty, Discountbutik ou Tienda de descuento. Il n’y a bien qu’en suédois, que le terme est méconnaissable : Lågprisvaruhus.

L’office québécois de la langue française regrette la dérivation du terme anglais en un terme français – discompte – qui n’est pas porteur de sens. Dès lors, il a été proposé, un terme plus simple à faire entrer dans le vocabulaire, celui de « magasin de rabais » ou « magasin minimarge ».


Le retour de Jean Véronis

7 mai 2009

Depuis le début de l’année, Jean Véronis s’était fait de plus en plus rare sur son blog, cela lui avait même coûté sa place dans le top 100 Wikio (dont il avait pourtant tutoyé le sommet), depuis quelques semaines il revient en force pour notre plus grand plaisir.

Il y a tout d’abord eu ces deux excellents articles sur les sujets abordés par les blogs, puis ce billet qui met en relief  les écrivains dont on parle sur le web.

Hier, on pouvait même le retrouver dans le Monde avec son collègue Louis-Jean Calvet pour un article sur les mots de la crise de Sarkozy, qui n’est pas totalement sans nous rappeler l’excellent travail d’Enikao pour l’Express.fr.

Merci à Jean Véronis pour ce retour, il comble un peu le vide qu’il avait laissé, les blogs de lexicographes étant bien rares!