www.stoplouverture.com, c’est quoi cette affaire ?

18 juin 2009

En lisant mes courriers électroniques sur Gmail à l’instant, je suis tombé sur une publicité pour un site intitulé stoplouverture.com

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Le message n’est  pas très lisible, mais il est indiqué, « Non à l’entrée des gauchistes, signez la pétition ». Je me suis dès lors rendu sur le site qui annonce fièrement 11709 signataires.

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Première chose, que je remarque sur ce site c’est ce logo UMPS. En dessous, il est indiqué que ce site est réalisé par des militants UMP qui soutiennent Sarkozy. Le terme UMPS renvoie pourtant plutôt à Jean-Marie Le Pen qui en a la paternité, et à François Bayrou qui l’a souvent employé en 2007.

Que l’on signe ou non la pétition, il est impossible de voir qui sont ces quelques milliers de signataires, ce qui laisse à penser qu’il s’agit d’un faux. Le but du site est de lutter contre une seconde vague d’ouverture la semaine prochaine avec ce slogan : « un peu d’ouverture ça va, beaucoup d’ouverture bonjour les dégâts ! ». Pour eux,  « l’ouverture ne doit pas devenir un gadget médiatique renvoyant l’idée que les valeurs, l’intelligence et la compétence sont à gauche. »

Leur crainte est résumée en cinq points : risque de brouiller le message, affaiblissement de la cohésion gouvernementale, détérioration des relations avec les parlementaires (qui n’auront pas de postes), éloignement de la majorité de ses électeurs, et le clou du spectacle : risque de débarrasser les opportunistes du PS et ainsi d’aider le parti à se refonder… [sic]

Jack_Lang s’offusque sur Twitter et demande le retrait de sa photo sur la bannière du site. Site qui d’ailleurs n’est composé que d’une seule page, le contact en bas renvoie sur une adresse email banalisée et on retrouve un lien vers un article de Claude Goasguen dans Valeurs Actuelles, c’est tout.

Etrange site que ce stoplouverture.com qui a les moyens de s’offrir des pubs sur gmail mais qui ne donne aucune information sur ses créateurs ni sur les signataires…

Publicités

Le petit Larousse 2010 fait la part belle aux anglicismes…

12 juin 2009

Chaque année, Le petit Larousse s’offre une belle publicité en laissant transparaître quelques uns des nouveaux mots qui viendront se greffer – ou se substituer – aux quelques 150 000 mots de l’ouvrage de référence.

larousseIl semblerait que cette année la part belle soit offerte aux anglicismes et autres néologismes. S’il est difficile d’avoir une vision globale des cent cinquante nouveaux mots, nous pouvons noter l’apparition de geek, peer-to-peer, surbooké, black-lister, peopolisation, buzz, low-cost, clubbeur ou encore slim et elearning. Du point de vue des néologismes, on peut remarquer l’entrée dans le dictionnaire – la lexicalisation – du terme adulescent, mobinaute, décroissance ou décohabiter.

Pour commencer tout d’abord par les anglicismes, notons que la majorité d’entre eux connaissent une traduction officielle au journal du même nom. Dès lors, ceci pose un problème, Larousse étant un acteur privé mais référant, en faisant entrer du vocabulaire dans le lexique français (c’est pourquoi en linguistique l’entrée dans le dictionnaire se nomme lexicalisation) Larousse devient un acteur contradictoire de la volonté publique. Donnons quelques exemples :

Peer-to- peer (dont j’ai déjà parlé ici) : fait l’objet depuis le 13 mai 2006 d’une traduction officielle qui est pair-à-pair ou poste-à-poste. L’entrée dans le dictionnaire de l’anglicisme peut à présent servir de justification à son utilisation avec cet argument massue : « ce mot existe, il est dans le dictionnaire ». Le problème de cet anglicisme, c’est qu’il crée un clivage entre générations.  Il ne fait aucun doute que beaucoup de jeunes savent ce qu’est le P2P, mais dès que l’on avance un peu dans les générations (les députés quinqua par exemple) plus personne ne sait de quoi il s’agit. La généralisation d’anglicismes accroît le problème d’incompréhension entre les générations  et peut parfois créer un stress supplémentaire au travail comme je l’expliquais ici.

Surbooké et overbooké ne font l’objet d’une traduction officielle que dans le cas de pratiques de surréservation d’un avion ou d’une salle de spectacle, il n’y a rien qui concerne une personne trop occupée ce qui sera surement l’axe de la définition choisie par Le Petit Larousse.

Buzz a, quant à lui, fait l’objet d’une parution au journal officiel du 12 juin 2007, on parle alors de bouche à oreille ou de bouche à oreille électronique… les propositions de traduction n’étant pas entrée dans le dictionnaire, il semble que Le Petit Larousse lexicalise ici un terme en effet très souvent employé.

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Biopic a pris une part importante du vocabulaire cinématographique après le succès de La Môme et les tentatives qui ont suivi dont le très mauvais Coluche de De Caunes, et ceux sur Mesrine, Spaggiari,… Ce terme a une traduction officielle depuis le 27 novembre 2008, on parle de biofilm ou de film bibliographique.

Low-cost est à mon avis plus discutable. Traduit depuis 2007, on parle souvent de compagnie à bas prix ou à bas coûts. Légitimer cet anglicisme alors que la traduction française est assez répandue ne me semble pas d’une grande utilité. C’est typiquement le mot qui ne sert à rien puisque tout le monde sait ce qu’est un bas prix ou un bas coût mais beaucoup de francophones ne savent pas ce que signifie low-cost.

E-learning est à mon sens, le terme qui a le moins sa place dans cette nouvelle édition. Pourquoi lexicaliser un terme dont l’emploi n’est pas si courant et dont la traduction déjà vieille de 4 ans semble entrer dans le vocabulaire courant. Il ne me semble pas particulièrement que e-learning soit plus répandu que formation en ligne. La présence dans cette édition du Petit Larousse va bien à l’encontre de la volonté publique de voir se généraliser l’équivalent français.

Les termes comme clubbeur ou pipolisation ont eu tendance à me faire rire. J’ai un peu de mal à comprendre comment clubbeur peut prend deux  »b »  et un  »u ». Soit clubber en anglais soit on francise clubeur(re). Pipolisation tout comme d’autres termes, taxi-clando, par exemple montre l’impact de l’actualité sur le dictionnaire. Il est possible qu’on aurait jamais fait entrer taxi-clando (taxi clandestins) dans le dictionnaire s’il n’y avait pas eu le fait divers que l’on connaît. Il est aussi possible qu’après l’ère Sarkozy tout le monde se demande pourquoi le Petit Larousse avait choisi ce mot en 2010.

Dans les néologismes, je m’interroge un peu sur le sens de mobinaute ou de décohabiter. Il est vrai qu’il semblait important de trouver un terme pour les utilisateurs d’Iphone et autres smartphones (anglicisme qui n’a pas d’équivalent français). Tout comme, il semble normal que tsunami figure dans le vocabulaire au même titre qu’adresse IP ou Web 2.0 (Frédéric Lefebvre aurait promis de lire la définition). J’ai aussi hâte de découvrir les nouvelles définitions officielles de geek, adulescent ou même d’un slim et de me demander ce qu’il y aura en face de la définition de R.S.A. – qui fait son entrée cette année – dans dix ans …

Chaque année la parution de ces nouveaux mots est très attendue, mais elle a toujours quelque chose de très surprenant, on peut se demander l’intérêt de faire entrer massivement les anglicismes dans le dictionnaire comme on peut se demander pourquoi des termes comme fumer la moquette font leur apparition en 2010.


Du sang neuf au parlement européen

8 juin 2009

Sur les 72 élus côté français, Seuls 30 ont déjà siègé au Parlement Européen soit 58% de nouveaux venus ! Mais attention, les nouveaux au Parlement ne sont pas pour autant des jeunes, 54 ans de moyenne d’âge pour les députés. 19 députés ont plus de soixante ans alors que seuls 7 députés ont moins de 40 ans…

Le doyen de cette assemblée, du côté français en tout cas, est Jean-Marie Le Pen, seul octogénaire élu. Il faut dire qu’il était le seul à être déjà là en 1984 ! D’autres députés ont toutefois un sacré nombre de mandats européens à leur actif, c’est le cas de Alain Lamassoure (4 mandats de 1989) ou de Catherine Trautmann (élue en 1989) et Bruno Gollnisch (même date).

L’écart d’âge entre le plus jeune et le plus âgé est assez impressionant : plus de 52 ans séparent le leader frontiste et la jeune élue Europe Ecologie Karima Delli.

Si la moyenne d’âge de ceux qui font leur première entrée au Parlement est de 50 ans environ, cela n’empêche que 8 personnes de plus de 60 ans sont élus pour la première fois au Parlement Européen, c’est notamment le cas des personnalités de la société civile comme Jean-François Kahn, Eva Joly ou Dominique Baudis.

Dernier fait notable, les femmes élues  sont  plus jeunes que les hommes, elles sont en moyenne âgée de moins  de 51 ans alors que les hommes sont en moyenne âgés de 54 ans. Cette différence est mineure par rapport à la différence de temps passé en politique, un peu plus dure à calculer !


La répartition des postes de députés européens par parti

8 juin 2009

29 députés UMP

14 députés PS

14 députés Europe Ecologie

6 députés MoDem

4 députés Front de gauche

3 députés Front National

1 député Libertas

1 député Divers gauche


Le nom des députés région par région

7 juin 2009

Nord-Ouest :

Dominique Riquet (UMP)

Tokia Saifi (UMP)

Jean-Paul Gauzès (UMP)

Pascale Gruny (UMP)

Gilles Pargneaux (PS)

Estelle Grelier (PS)

Hélène Flautre (EE)

Marine Le Pen (FN)

Corinne Lepage (MoDem)

Jacky Hénin (FDG)

Ouest :

Christophe Béchu (UMP)

Elisabeth Morin (UMP)

Alain Cadec (UMP)

Bernadette Vergnaud (PS)

Stéphane Le Foll (PS)

Yannick Jadot (EE)

Nicole Kiil Nielsen (EE)

Sylvie Goulard (MoDem)

Philippe De Villiers (Libertas)

Sud-Ouest :

Dominique Baudis (UMP)

Christine de Veyrac (UMP)

Alain Lamassoure (UMP)

Marie-Thérèse Sanchez-Schmid (UMP)

Kader Arif (PS)

Françoise Castex (PS)

José Bové (EE)

Catherine Grèze (EE)

Robert Rochefort (MoDem)

Jean-Luc Mélenchon (FDG)

Sud-Est :

François Grossetête (UMP)

Damien Abad (Nouveau Centre)

Dominique Vlasto (UMP)

Gaston Franco (UMP)

Nora Berra (UMP)

Michèle Rivasi (EE)

François Alfonsi (EE)

Malika Benarab-Attou (EE)

Vincent Peillon (PS)

Sylvie Guillaume (PS)

Jean-Marie Le Pen (FN)

Jean-Luc Bennahmias (MoDem)

Marie-Christine Vergiat (FDG)

Est :

Jospeh Daul (UMP)

Véronique Mathieu (UMP)

Arnaud Danjean (UMP)

Michèle Striffler (Gauche Moderne)

Catherine Trautmann (PS)

Liem Hoang-Ngoc (PS)

Sandrine Bélier (EE)

Bruno Gollnisch (FN)

Jean-François Kahn (Modem)

Île de France :

Michel Barnier (UMP)

Rachida Dati (UMP)

Jean-Marie Cavada (Nouveau Centre)

Marielle Gallo (Gauche Moderne)

Philippe Juvin (UMP)

Daniel Cohn-Bendit (EE)

Eva Joly (EE)

Pascal Canfin (EE)

Karima Delli (EE)

Harlem Désir (PS)

Pervenche Berès (PS)

Marielle de Sarnez (MoDem)

Patrick Le Hyaric (FDG)

Centre :

Jean-Pierre Audy (UMP)

Sophie Auconie (Nouveau Centre)

Brice Hortefeux (UMP)

Henri Weber (PS)

Jean-Paul Besset (EE)

Outre-mer :

Maurice Ponga (UMP)

Elie Hoarau (DVG)

Patrice Tirolien (PS)


Le Point ou la vacuité d’un dossier sur Jean Sarkozy

24 mai 2009

C’est suite à l’article d’Intox 2007 que j’ai découvert cette une du Point. Au delà, du titre, on découvre la vacuité d’un long dossier attribué à Jean Sarkozy…

Monsieur_le_dauphinRécemment diplômé ès « fils à papa » par le collectif sauvons les riches, régulièrement devant les tribunaux, dans la presse quand il passe le premier mai en Auvergne chez son parrain Brice Hortefeux ou pris en photo lors de son passage sur la croisette, à 22 ans avec un « modeste » mandat de conseiller général, Jean Sarkozy reçoit une médiatisation hors du commun. Il y a quelques semaines, Le Point, avait déjà publié un article intitulé : « Jean Sarkozy sur tous les fronts », pour ce numéro, c’est la une qui lui est consacrée.

Après un mariage sur-médiatisé, Jean Sarkozy continue à s’implanter profondément dans les médias. Il peut compter sur Le Point pour réaliser un portrait totalement objectif, la preuve ces quelques mots qui le présentent comme « moderne, en phase avec la société, au fait des tendances, mais rejetant le politiquement correct, la ghettoïsation et l’assistanat. »

Autant le dire tout de suite, le dossier spécial Jean Sarkozy est vide, tellement vide que les journalistes ont dû aller chercher dans la progéniture des autres présidents des événements comparables. Bien sûr, on peut trouver d’autres élus chez les enfants de présidents, mais aucun n’avait à 22 ans toujours pas le moindre diplôme universitaire mais déjà un mandat de conseiller général et la présidence de l’UMP d’un département aussi prisé…

Bon bien sûr, le dossier n’est pas totalement vide, on trouve plein d’informations passionnantes, par exemple, on sait

Jean Sarkozy à son arrivée au Martinez le 14 mai 2009 / REUTERS / Regis Duvignau

Jean Sarkozy à son arrivée au Martinez le 14 mai 2009 / REUTERS / Regis Duvignau

qu’il trouve qu’« elle écrit bien, Carla. » et on apprend qu’ « il joue de la guitare et du piano, apprend l’anglais grâce aux chansons de Bob Dylan » (avec un peu de chance il sera à peu près autant bilingue que son père grâce à ça!).

On nous fait aussi un petit état de l’ambition de Jean Sarkozy, dans ce dossier on « apprend » qu’« il veut être candidat à la députation en 2012. Et en 2014, il pourrait viser la mairie de Neuilly, mais cela dépendra du contexte local, car Fromantin [l’actuel maire de la ville] se démerde plutôt bien. » Quel appétit ! ». L’intéresser avoue même « se préparer» sans que l’on sache vraiment à quoi.

On nous montre aussi que ce n’est pas du goût de tout le monde, que beaucoup l’affublent de défauts manifestes : « Trop jeune », « trop influençable », « manque de fond », « désinvolte », « mal entouré »… avec « un staf  (…) très léger politiquement »…

Mais, Jean Sarkozy passe outre, « ses conseils, il les prend auprès de son parrain Brice Hortefeux, du conseiller élyséen Pierre Charon ou de Frédéric Lefebvre, porte-parole de l’UMP (…) le couple Balkany le couve aussi. ». A 22 ans, il semble déjà aussi schizophrène que papa, après s’être qualifié de gaulliste social, il affirme que sa référence politique est… Charles Pasqua…

Dans ce dossier, on apprend aussi avec grand plaisir qu’il est « inscrit en droit à la Sorbonne sous le nom de « Bocsa » [mais qu’il] a déserté les bancs de la fac depuis… février 2008. Engagement politique oblige. Dispensé de cours en raison de son activité professionnelle, il a passé les examens du premier semestre. Reste à valider sa deuxième année de licence, qu’il redouble. »

Passionnant, non? Pour combler les pages accordées à ce dauphin sur lequel il n’y a visiblement pas grand chose à dire, les journalistes ont réussi à coller deux fois la même citation de Nicolas Sarkozy : « Je suis fier de lui, ce qu’il fait à son âge est admirable. S’il devient député, il sera inarrêtable, i-nar-rêt-able. Seulement, il doit faire les choses tranquillement, calmement, sans aller trop vite. Mais, attention, je ne dis pas ça parce que c’est mon fils ! »

Vous l’aurez compris, c’est un dossier totalement passionnant qui est en une du Point cette semaine, à ne surtout surtout pas manquer! Sinon cette semaine vous avez aussi ce passionnant dossier du Nouvel Obs’


« Sarkozy je te vois », c’est absurde.

20 mai 2009

27 février 2008, peu avant 18 heures, un enseignant passe dans la gare centrale Saint-Charles de Marseille, où deux policiers sont en train de contrôler l’identité de deux personnes. Trouvant ce contrôle un peu « viril », il crie alors à deux reprises, pointant du doigt les policiers : « Sarkozy, je te vois ! » L’apostrophe provoque l’hilarité, « les rires ont fait redescendre la tension », explique l’homme convoqué pour « tapage injurieux diurne troublant la tranquillité d’autrui ».

SarkoL’affaire semble tellement grotesque qu’elle est portée en première page de l’édition de ce mercredi du quotidien Libération. Après plus de quatorze mois sans nouvelle, le professeur de philosophie qui avait crié « Sarkozy, je te vois », est convoqué début avril au commissariat du 9e arrondissement de Marseille avant de recevoir, le 20 avril, une citation à comparaître devant le juge de proximité. Les « faits » ont été requalifiés en « tapage diurne injurieux ».

Hier, les blogs ont réagi activement sur le sujet, Maître Eolas, nous rappellait que « la contravention de tapage est prévue par l’article R. 623-2 du code pénal. Contravention qui fait encourir au maximum 450 euros d’amende. Pour être puni, le tapage doit être de nature à troubler la tranquillité d’autrui, et être soit nocturne, soit injurieux s’il est diurne. » Avant de conclure qu’ « il y a dans ce type d’affaire une impression d’instrumentalisation du droit pénal pour faire une police politique qui me déplaît au plus haut point. » Samuel Authueil quant à lui écrivait : « Ce n’est franchement pas malin et dénote une agressivité vis à vis des forces de police que je ne saurais approuver. (…) Ce type méritait de se faire contrôler à son tour, voire de se faire amener au poste, histoire d’approfondir les contrôles. Mais pas plus. Le poursuivre en justice est un peu idiot et politiquement dangereux. »

Car l’affaire devait bien sûr devenir politique. Ainsi, Jack Lang s’exprimait hier à ce sujet sur RTL : « On a peine à croire qu’au pays de Rabelais et de Coluche, on ait perdu le sens de la drôlerie, de la dérision », qualifiant de « ridicule » et « dérisoire » cette procédure judiciaire. Pour Libération : « Le Président de la République n’est pas à l’initiative de la plainte. Mais après le « casse-toi pauv’ con ! » du salon de l’agriculture de 2008, ou l’affaire de la poupée vaudou à son effigie, pour laquelle Nicolas Sarkozy avait engagé des poursuites, on ne s’étonne plus de voir un procureur retenir le caractère « injurieux » du « tapage diurne » qui a troublé l’ordre public gare Saint-Charles à Marseille. »

L’humanité aussi profite de l’occasion pour une critique plus générale de Nicolas Sarkozy, on pouvait lire dans le quotidien il y a quelques jours que cette affaire avait « de quoi illustrer le  »constat amer’‘ de la  »dégradation continue des rapports entre les citoyens et leur police » qu’ont fait, [jeudi passé], la Ligue des droits de l’homme, le Syndicat de la magistrature et le Syndicat des avocats de France. » Aujourd’hui, Christophe Deroubaix  titre son article dans L’Humanité «  »Sarkozy, je te vois », ou l’absurde au tribunal »

Libération rappelle que « la doctrine officielle en matière de poursuites judiciaires contre ceux qui brocardent le chef de l’Etat évoluait pourtant depuis un demi-siècle dans le sens d’une tolérance quasi totale. ».C’était le cas de François Mitterrand et de Jacques Chirac qui refusèrent par principe d’engager des poursuites. « Le mieux que puissent faire les présidents, c’est de laisser faire et de hausser les épaules », estimait Georges Kiejman, avocat de François Mitterrand.

En pleine (absence) de campagne pour les Européennes, on peut voir l’affaire comme une volonté de ramener une fois encore l’image du président à celle de l’ordre. Il s’agit en fait plutôt d’un procès maladroit provoqué par un fonctionnaire zélé qui pourrait bien être instrumentalisé politiquement pour critiquer un président trop soucieux de son image et beaucoup trop procédurier.