Cohn-Bendit et les enfants, fin de l’histoire.

6 juin 2009

François Bayrou a dérapé jeudi soir sur France 2 au sujet de la prétendue pédophilie de Daniel Cohn-Bendit. Cette affaire ressort épisodiquement à chaque fois que Cohn-Bendit devient gênant. Passé inaperçu à la sortie du livre en 1975, un passage ressort régulièrement dans le débat politique de caniveau, ça a été le cas en 2001, en 2004 Marine Le Pen avait relancé le débat et jeudi soir c’est François Bayrou qui est retombé dans une telle bassesse.


L’histoire commence en 1975 avec la parution du Grand Bazar de Daniel Cohn-Bendit. Un livre écrit dans le contexte que l’on connaît, avec la provocation habituelle de Dany le Rouge. Rien à l’époque n’est suggéré sur le passage aujourd’hui tant contesté. D’ailleurs, pour la « promotion » de cet ouvrage, l’auteur était invité chez Bernard Pivot à l’émission Apostrophe personne n’a jamais évoqué ce passage. Bernard Pivot écrit à ce propos dans le Journal du dimanche du 25 février 2001: «Daniel Cohn-Bendit n’avait été interpellé là-dessus par aucun des invités de l’émission. Ni par un homme d’ordre, le préfet Maurice Grimaud, ni par un catholique traditionaliste, Michel de Saint-Pierre, ni par le philosophe François Châtelet. Ni par moi non plus. Aucune protestation dans la presse, y compris à l’Express.»

Quinze ans plus tard, à la mi-janvier 2001 Bettina Röhl, la fille de l’ancienne terroriste de la Fraction armée rouge Ulrike Meinhof, propose à la correspondante de Libération, lors d’un entretien consacré à l’affaire Fischer, une enveloppe contenant une photocopie de ce passage du Grand Bazar concernant les jardins d’enfants : «Il m’était arrivé plusieurs fois que certains gosses ouvrent ma braguette et commencent à me chatouiller. Je réagissais de manière différente selon les circonstances, mais leur désir me posait un problème (…) Mais s’ils insistaient, je les caressais quand même». Libération n’utilise pas ces documents, qui étaient déjà dans le domaine public et qui n’ont pas donné lieu à des plaintes. 28 janvier. L’hebdomadaire britannique The Observer, dont une journaliste a également rencontré Bettina Röhl, publie un long article1 consacré aux passages incriminés du Grand Bazar. Dans la foulée, les quotidiens The Independent (Royaume-Uni), Repubblica (Italie) et Bild (Allemagne) y consacrent de courts articles. 22 février. Sous le titre « les Remords de Cohn-Bendit », l’Express évoque à son tour des écrits devant lesquels «on est frappé de stupeur».

Dès lors, l’affaire prend en France et les Verts en pleine pré-campagne présidentielle en sont ébranlés. Rapidement Cohn-Bendit s’explique affirmant qu’il s’agit d’«un texte mal écrit, inaudible aujourd’hui, d’une légèreté insoutenable» tout en jugeant «dégueulasses» les accusations de pédophilie. Malgré ces déclarations, l’affaire prend une telle ampleur en France, que le député européen a dû se justifier à nouveau sur TF1 : «Ce que l’on peut me reprocher, c’est mon désir de provocation. Mais de grâce, arrêtons la chasse à l’homme. Je ne me laisserai pas assassiner en public, ni par TF1 ni par un autre journal.» Par la suite, Cohn-Bendit devra disparaître de la circulation pendant deux semaines, laissant au soin de quelques soutiens sa défense. Dans Libération, Philippe Sollers, Roland Castro et Romain Goupil dénoncent le «procès stalinien» fait à Cohn-Bendit. «A force de répéter que les soixante-huitards détiennent les rênes du pouvoir, de l’économie et des médias, ça devait dégénérer en chasse aux sorcières. Et ça finit par exploser», note Romain Goupil. Ajoutant qu’il s’était « exprimé d’une façon sans doute maladroite mais (…) en aucun cas pédophile ou violent avec des enfants, c’est exactement le contraire ».

Pendant plusieurs semaines, on avait parlé que de mai 68 et d’éducation exhumant les théories de Michel Foucault des mêmes années. Dans La Volonté de savoir, premier tome de son Histoire de la sexualité, Michel Foucault critiquait la place centrale donnée à la répression et l’idée que, pour s’en affranchir, il ne faudrait pas moins qu’une « levée des interdits » et « une restitution du plaisir dans le réel ». « Je ne dis pas que l’interdit du sexe est un leurre, écrivait-il, mais que c’est un leurre d’en faire l’élément fondamental et constituant ». Lors d’une conférence donnée à la Sorbonne, Daniel Cohn-Bendit avait d’ailleurs expliqué que dans les années 70, on s’interrogeait beaucoup sur la sexualité des enfants à la lecture de Freud ou de Reich. Il évoque un « be-soin maladif et permanent de la provocation ». « On se demandait sérieusement s’il fallait que les parents laissent leur porte ouverte quand ils faisaient l’amour, ou s’ils devaient la fermer », rappelait-t-il alors.

Tout cet historique pour rappeler que Cohn-Bendit a déjà eu l’occasion de s’expliquer sur cette affaire, et qu’il semble être grand temps de tourner la page. Je ne pense pas qu’il soit intéressant de faire revivre ce débat tous les dix ans. De plus, il ne me semble pas que ce soit de l’intérêt de cette campagne européenne de ressortir ces vieux écrits à des fins électoralistes.

Définitivement François Bayrou utilise de plus en plus les méthodes du front national pour récupérer quelques voix. Après avoir utilisé systématiquement la dénonciation des médias et des sondages qui le traiteraient comme l’ennemi public numéro un – une stratégie que Jean-Marie Le Pen a souvent employé, il s’est rendu dans le caniveau de la politique pour s’en prendre à Cohn-Bendit – comme l’avait fait Marine Le Pen en 2004. Il y a fort peu de chance que cette stratégie politique soit payante dimanche prochain et il est quasiment certains qu’elle lui coutera cher en 2012… Affaire à suivre.


1Conolly (Katie), « Sixties hero revealed as kindergarten sex author – He preached liberation to a generation. But did … », The Observer, 28 janvier 2001, p.3

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Politique : qui sont les stars de nos journaux?

11 février 2009

Après avoir découvert une énième couverture sur Rachida Dati cette semaine dans mon kiosque à journaux, j’ai décidé de regarder à quelles personnalités politiques la presse s’intéresse le plus depuis les élections. Pour ce faire, j’ai regardé combien d’articles évoquaient les seize personnalités que j’avais choisies dans la presse nationale1. Un moyen un peu plus simple que de mesurer le temps de parole de chacun et qui permet déjà de dégager de sérieuses tendances.

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Le premier constat est sans appel, la presse n’en a que pour Nicolas Sarkozy. Ce n’est pas une surprise mais les chiffres sont sans appel. Depuis l’élection présidentielle, sur trente cinq mille articles évoquant l’un des présidentiables (Bayrou, Le Pen, Royal, Sarkozy) plus de 75% des articles font référence à Nicolas Sarkozy. S’il est assez logique que le président de la République fasse parler de lui, on ne peut qu’être surpris de remarquer qu’environ un article politique sur deux évoque Nicolas Sarkozy, un sur deux! On peut tout de même remarquer que depuis un an, sa présence dans les colonnes de presse s’est (un peu) raréfiée. L’écart le plus faible entre lui et Ségolène Royal a été atteint pendant la primaire socialiste en novembre 2008. Toutefois, le président de la République est tout de même évoqué deux fois plus souvent que sa rivale socialiste sur cette période !

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Avant de revenir sur les leaders de l’opposition notons que Jean-Marie Le Pen n’a plus vraiment la cote. Après avoir été omniprésent dans les médias en 2002, il désintéresse de plus en plus. Sur les huit titres de la presse écrite que j’aibenlepen2 sélectionnés le leader du front national est évoqué en moyenne 30 fois par mois soit environ cinq fois moins que François Bayrou par exemple et même moins qu’Olivier Besancenot (50 articles / mois). Ceci explique ses dernières tentatives de dérapages contrôlés. Cette semaine il annonçait que le maire de Marseille devrait bientôt s’appeler Ben Gaudin si la population d’origine maghrébine continuait à croître. Sans commenter cette sortie raciste, cette phrase me rappelle une des premières unes de l’Echos des Savannes que l’on voit ici.

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Pour en revenir à notre sujet, le plus inquiétant dans mes résultats c’est que lorsque l’on compare les articles évoquant les principaux leaders de l’opposition (Martine Aubry, François Bayrou, Olivier Besancenot, François Hollande et Ségolène Royal) et ceux consacrés à Nicolas Sarkozy, on se rend compte que ce dernier est évoqué dans deux fois plus d’articles que tous les autres réunis. Jusqu’à l’élection de Martine Aubry à la tête du P.S., la figure de l’opposition était indiscutablement Ségolène Royal. Le seul mois où il y avait plus d’articles au sujet de François Bayrou que de la présidente de la région Poitou-Charentes c’étaien mars passé lors des élections municipales de 2008… Rappelons que l’élection à Pau avait été sur-médiatisée car l’enjeu était évidemment de faire barrage au leader centriste. Un autre point est intéressant à noter dans ce graphique. Si Ségolène Royal a perdu les élections internes du parti socialiste, elle n’en est pas moins présente dans la presse. Martine Aubry arrive à peine à la dépasser ces derniers mois. A propos de cette dernière, on peut remarquer qu’il y a un an, la presse ne l’évoquait à peine. Elle ne s’est imposée comme dirigeante possible que très tardivement ce qui risque d’être un handicap supplémentaire pour son mandat à la tête du parti qui incarne comme le montre ce graphique la principale opposition au gouvernement.

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Pour finir j’avais prévu de faire un graphique sur tous les membres du gouvernement pour essayer de voir ceux qui intéressent au premier plan les journaux français. Le graphique présentant un trop grand nombre de courbes devient totalement illisible une fois présenté sur ce blog. Je me contenterai donc de vous présenter ce camembert sans appel. Rachida Dati qui rafle de loin le plus grand nombre de unes, est aussi la ministre la plus fréquemment évoquée par les journaux français. Elle est suivie de près par Xavier Bertrand et Bernard Kouchner dont on parle beaucoup en ce moment. L’hyper-médiatisation du Grenelle de l’environnement permet à Jean-Louis Borloo de prendre une bonne place dans ce classement quand des personnalités qui font beaucoup de bruit -comme Fadela Amara- intéressent finalement assez peu les médias. Rama Yade n’est pas présentée ici, mais elle occupe aussi beaucoup les pages des magazines qui ont abondamment évoqué les ministres d’ouverture et ceux représentant la « diversité » dans ce gouvernement. A titre d’exemple, j’ai indiqué dans ce camembert Dominique de Villepin qui, en moyenne, est évoqué 70 fois par mois soit près de 20 fois moins que Nicolas Sarkozy ! Dur de se mettre sur les rangs pour 2012 dans ce cadre là!

1J’ai selectionné : l’humanité, libération, le monde, la croix, le figaro, le nouvel observateur, le point et l’express


Bayrou, en toute indifférence…

27 octobre 2008

C’est dans une indifférence médiatique assez généralisée que le président du Modem a réalisé ses deux allocutions, hier, à la Conférence nationale de son mouvement.

François Bayrou, en bon chef de parti a assuré l’introduction et la conclusion de la journée du mouvement démocrate. Le premier discours est particulièrement court, mais il est tout de même intéressant de le lire avec attention. Quant au second, il définit les grandes orientations de son parti pour les années à venir et notamment pour les élections européennes et régionales dans lesquelles le parti espère avoir un rôle à jouer.

Ce qui est particulièrement marquant dans le discours introductif du président du Modem,c’est la vision que celui-ci peut avoir de son parti. Deux mots sont à noter dans cette définition du Modem: transformation et commando.

On comprend assez vite la volonté de François Bayrou de mettre en avant la transformation de la société. D’une part parce que le mot changement est trop éculé (voir ici) et d’autre part parce que sans transformation il n’y a pas vraiment de place pour son parti dans le spectre politique français. Ce qui est plus surprenant c’est qu’il affirme sans retenue que son mouvement est le seul à vouloir faire bouger le paysage politique français. On est ici dans un pur acte de communication politique car s’il est facile de prouver que le PS et l’UMP (l’UMPS comme il les appelait jadis) n’ont pas vraiment intérêt à modifier le fonctionnement bipartite de notre démocratie, il semble plus difficile d’affirmer que des partis comme le NPA (Besancenot) et le FN (Le Pen) souhaitent conserver ce fonctionnement. Passons.

Il souhaite cependant tellement souligner sa volonté de transformer le paysage politique français, qu’outre le fait qu’il utilise 5 fois en quelques minutes le mot transformation, il va aller jusqu’à parler de son parti comme un « commando de transformation » (3 occurrences). Pourquoi avoir mobiliser cette image du commando? Il faut reconnaître que les pistes de compréhension sont assez limitées. Il est vraisemblable qu’il ait souhaité rompre avec l’image d’un centre un peu mou et qu’il souhaitait montrer un parti en actions. Je suis aller chercher dans le dictionnaire la définition la plus vaste de ce que pouvait être un commando et je n’ai pas été surpris de trouver la définition suivante: « Petit groupe d’intervention armé, dépendant le plus souvent d’une organisation politique, révolutionnaire, anarchiste, etc., pour le compte de laquelle il exécute des attentats, sabotages, enlèvements, détournements d’avions ». Je ne comprends dès lors pas plus le choix de cette image. A-t-il voulu souligner le fait qu’il soit un (tout) petit groupe? Je ne pense pas. Est-il en train de nous annoncer un coup d’Etat, va-t-il prendre les armes? Je ne le pense pas vraiment non plus. Il semblerait qu’à vouloir trop insister sur le côté actif de son organisation, François Bayrou se soit laissé emporter par une image un peu trop exagérée, ce qui pourrait expliquer qu’il n’emploie plus du tout cette expression dans son discours de clôture de la Conférence nationale du MODEM.

Le discours de clôture sera plus rodé et moins surprenant. François Bayrou insistera sur l’unité de son parti. Parlant d’ « extraordinaire cohérence », il conclut que ce mouvement « n’est pas une création, mais une révélation ». Rien que ça.

Comme dans son discours inaugural, François Bayrou évoque une crise de dimension séculaire. Une crise qui semble donner tout son sens au parti qui sera donc une troisième voie entre le socialisme et le capitalisme. Il s’attaque finalement assez peu au socialisme, il se contente de le qualifier de « modèle soviétique » tout en affirmant qu’il est mort avec la chute du mur de Berlin ce modèle de pensée qui consistait à croire que « l’Etat pouvait décider à la place des gens ». Il ne croit pas en sa possible refondation, comme il ne croit pas non plus en la refondation du capitalisme.

Le capitalisme et par son biais le pouvoir en place sont au centre du discours du centriste. On voit ainsi que le discours s’adresse davantage aux déçus du sarkozisme. Pour lui le capitalisme a fait que « les riches sont devenus plus riches et les pauvres plus pauvres » et a vendu « de la drogue » aux pauvres « à savoir le crédit surabondant même s’ils ne pouvaient pas payer ». Nicolas Sarkozy, cité trois fois dans le discours est raillé pour ses récentes prises de positions pour la refondation du capitalisme. Il « brûle ce qu'[il] adorait hier », ce qui doit « faire bien rigoler du côté du Fouquet’s ». François Bayrou ne manque d’ailleurs pas de moquer la déclaration d’Hugo Chavez au sujet du président Français. Il rappelle que la politique du gouvernement, notamment la loi TEPA et le bouclier fiscal, a eu pour conséquence de toujours favoriser les plus aisés. Il se fait aussi l’écho des français qui se demandent d’où Nicolas Sarkozy dégote tous les milliards pour sauver les banques et qui voudraient que l’on favorise plutôt l’éducation, l’emploi,…

S’appuyant notamment sur le général de Gaulle, François Bayrou va affirmer que le « capitalisme comme modèle de société est à peu près le contraire de ce que nous voulons ». Ce que veut le MODEM, c’est une troisième voie, l’humanisme. « Ce que nous mettons en premier ce n’est pas l’argent, c’est l’être humain ». Il critique notamment le travail du dimanche: il faut qu’ « il y ait un jour sur sept au moins où la déesse Consommation puisse être ramenée à sa juste place et qui ne doit pas être la première, un jour pour le verbe Être et pas pour le verbe Avoir. » Il met en relief son profond désaccord sur la politique de l’éducation du gouvernement Fillon: « Je regrette que l’on choisisse de faire sortir le lycée de la culture de la durée pour la faire entrer dans la culture du zapping ».

Enfin, François Bayrou affirme sa volonté d’être à la tête d’un parti foncièrement européen. Il ne voit pas comment résoudre les problèmes écologiques en dehors de ce niveau. Il critique aussi les remarques que Nicolas Sarkozy se permet de faire à nos voisins européens, en rappelant qu’ils pourraient tout à fait reprocher au pouvoir en place: le non-respect de la séparation des pouvoirs, le fonctionnement de notre système juridique, les médias, le fonctionnement même de notre démocratie…

C’est donc sans surprise que François Bayrou a mis en place un commando d’attaque contre le gouvernement en place pour s’affirmer comme le premier parti d’opposition au pouvoir. Aucune réponse sur les éventuelles alliances en vue d’accéder au pouvoir, pas de propositions concrètes mais les bases « idéologiques » de ce nouveau parti qui est né « après une gestation de neuf mois ».


Accord Royal-Bayrou : info, buzz ou intox ?

30 novembre 2007

Egalité du temps de parole oblige, je parle beaucoup de Nicolas Sarkozy, je dois aborder un peu Ségolène Royal. Le site www.nonfiction.fr, a créé un mini événement aujourd’hui. A quelques jours de la sortie du livre de la présidente du Poitou-Charentes, ce site révèle une information qui serait contenu dans l’ouvrage de la candidate socialiste à l’élection présidentielle. Elle aurait proposé le poste de Premier ministre à François Bayrou entre les deux tours. Le site ne cesse d’utiliser le conditionnel. Il se contente juste de montrer que selon les sources l’information aurait été confirmée ou niée par François Bayrou. En effet, après avoir nié dans une interview accordée au site Rue89, il serait revenu sur ses propos pour confirmer cette rumeur lors d’un entretien donné au magazine Marianne. Le leader centriste aurait déclaré : « Il est exact qu’elle m’a demandé si elle pouvait l’annoncer lors de notre débat. J’ai dit « non ce n’est pas sérieux, ce ne sont pas des choses qu’on fait » ».

Jusqu’ici rien de très passionnant, mais ce qui est drôle c’est d’observer comment l’information a été traitée par le site de Libération et par celui du Figaro. Le premier est allé lire les articles et montre que sur le site Rue89, Bayrou dément en ces termes : « On m’a seulement rapporté par personnes interposées que c’était une hypothèse à laquelle Ségolène Royal réfléchissait. Je n’étais même pas sûr que cela venait d’elle, ça n’a pas été plus loin.» «Tout ce que je peux vous dire est qu’elle ne m’a jamais proposé d’être son Premier ministre, et donc que je ne l’ai jamais accepté». Le Figaro en revanche ne conserve pas le conditionnel tout au long de l’article et ne cite que le site de Marianne.


Alors que le livre sort lundi, l’éditeur doit être heureux de ce mini-buzz, ce qui explique que ni Grasset ni Ségolène Royal n’aient cherché à démentir ou à confirmer cette information. Réponse lundi pour les plus motivés…