Dix jours à l’UMP : des mots et des bas

1 février 2009

Comme me faisait remarquer le dernier commentaire de l’article précédent, je n’ai rien publié depuis une semaine. A vrai dire je préparais mes premiers écrits sur le futur blog collaboratif Chez Saint Pierre. L’actualité politique a pourtant été chargée ces derniers jours : petit aperçu.

Du changement à l’UMP

Dimanche passé, le site Betapolitique publiait un article annonçant que l’UMP réfléchissait à un changement de nom. Une agence de publicité aurait été contactée par le parti pour inventer un nom plus simple à prononcer, un acronyme sur le modèle du MoDem. Non contente de réfléchir à cette possibilité, l’agence aurait aussi été sommée de trouver une nouvelle dénomination possible pour les « militants » de ce futur parti. Même s’il ne le dit plus vraiment, Nicolas Sarkozy aime toujours à penser qu’il est le président de la rupture. Son parti n’est plus celui de 2002, les personnes qui y adhèrent ne sont pas juste militants c’est d’ailleurs dans cette idée que l’université d’été du parti était devenue « un campus d’été ». Un nouveau nom prêt pour renouveler le parti en cas de défaite aux européennes ou simplement un changement de nom à défaut d’un changement de politique? Affaire à suivre.

Des miettes à l’invasion

Ces derniers jours ont été riches sur le plan lexical. Tout d’abord, il y a eu cet acte de résistance d’Axel Poniatowski – qui comme tous les fils de lutte pour se faire un prénom – au sujet de la prochaine nomination d’Eric Besson à la direction de l’UMP : il a affirmé que son parti n’était pas un « ramasse-miettes ». Si l’ouverture au sein du gouvernement n’avait pas ravi tous les membres de la majorité, l’ouverture au cœur de la direction du parti est accompagnée d’indignation et d’incompréhension.

Le concerné s’exprimant la semaine passée au micro de RTL a marqué son passage par un magnifique lapsus. Évoquant l’invasion en lieu et place de l’immigration en provenance du Maghreb et de l’Afrique. Ce sera un des buzz de la semaine sur Internet.

Pendant ce temps là, Roselyne Bachelot que l’on entend de moins en moins souvent a fait parler d’elle en « souhaitant de tout coeur » que Martine Aubry « se casse la gueule »… L’humour de notre ministre de la Santé est toujours aussi ravageur!

Seconde motion de censure contre le gouvernement Fillon

Après la motion de censure dénonçant l’enlisement des troupes françaises en Afghanistan, le groupe SRC (socialiste, radical, citoyen et divers gauche) a déposé une seconde motion de censure contre la politique économique et sociale du gouvernement de François Fillon et plus précisément contre son inaction. L’occasion d’une belle joute verbale dont on retiendra que pour le parti socialiste le «président n’écoute plus personne» alors que pour François Fillon l’opposition veut rétablir « le socialisme d’hier » et utilise cette motion de censure pour qu’on oublie un temps ses « divisions ».

Karoutchi et son plan com’

Roger Karoutchi continue à déployer son plan com’ pour vendre son ouvrage à paraître. On sait d’ores et déjà que la seule chose captivante dans ce livre est la révélation de son homosexualité. On peut être surpris ou consterné de voir qu’une telle annonce soit un événement captivant et de constater à quel point cette histoire a pu passionner. Son plan média a été un peu bousculé par la sortie anticipée du numéro de l‘Optimum où il annonçait déjà le scoop ce qui ne l’a pas empêché d’être présent dans un grand nombre d’émissions télé et radio. Nicolas Sarkozy ne semble pas trop perturbé par l’instance de Roger Karoutchi sur ce sujet alors qu’il écrivait en 2001 dans Libre : « Quelle mouche a bien pu piquer Bertrand Delanoë de vouloir à tout prix révéler son homosexualité au motif de sa candidature à la Mairie de Paris ? »… les temps changent.

Haut-fonctionnaire et précaire.

Alors qu’une grève populaire et massivement suivie avait remplacé la tempête en une des journaux, Nicolas Sarkozy a essayé de muter en douce le préfet et le directeur de la police de la Manche. «C’est scandaleux. C’est une pratique d’un autre temps» déclare Jean-François Legrand, sénateur UMP et patron du Conseil général de la Manche. Les médias et l’opposition se sont emparés de l’affaire obligeant le gouvernement à justifier ces mutations. François Bayrou a évoqué un « fait du prince » alors que le PS faisait part de «son inquiétude répétée et grandissante devant la dérive des pratiques» du chef de l’Etat. Dans un communiqué, Marie-Pierre de la Gontrie, secrétaire nationale du PS chargée des Libertés publiques et de la Justice, dénonce «ces deux décisions autoritaires et capricieuses» qui ont «vocation à exercer une pression très forte sur les hauts fonctionnaires». Il est vrai que ces décisions rappellent les cas de Yannick Blanc, Alain Genestar ou encore Dominique Rossi.

Une semaine bien chargée à l’UMP sur laquelle le président pourrait bien revenir jeudi en direct sur TF1 et France 2, affaire à suivre!

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Les chaises musicales…

15 janvier 2009

Au gouvernement, on joue aux chaises musicales mais il y a de la place pour tout le monde. Tous les renseignements sur le remaniement ici.

Les ministres qui n’ont pas été gentils sont punis : NKM qui n’aime pas les O.G.M. perd son poste à l’écologie pour l’économie numérique (conflit d’intérêt?). Christine Boutin paie sa cohabitation difficile avec Fadela Amara en perdant une partie de ses prérogatives qui reviennent à Brice Hortefeux dont le bilan est une réussite inavouable pour le gouvernement . Sarkozy sachant que son frère est le papa de la petite Zohra, il n’avait pas besoin que son secrétaire d’Etat au sport se manifeste, résultat Bernard Laporte perd la jeunesse, on le déleste d’une partie de son poste…

Les gagnants sont bien sûr, Xavier Bertrand, Brice Hortefeux, Eric Besson et Martin Hirsch.

Qui a dit que c’était la compétence qui payait?


Besson et l’immigration

14 janvier 2009

Un excellent article à lire sur un blog Libération sur les anciens propos d’Eric Besson avant qu’il ne devienne sarkozyste.