Le retour de Jean Véronis

7 mai 2009

Depuis le début de l’année, Jean Véronis s’était fait de plus en plus rare sur son blog, cela lui avait même coûté sa place dans le top 100 Wikio (dont il avait pourtant tutoyé le sommet), depuis quelques semaines il revient en force pour notre plus grand plaisir.

Il y a tout d’abord eu ces deux excellents articles sur les sujets abordés par les blogs, puis ce billet qui met en relief  les écrivains dont on parle sur le web.

Hier, on pouvait même le retrouver dans le Monde avec son collègue Louis-Jean Calvet pour un article sur les mots de la crise de Sarkozy, qui n’est pas totalement sans nous rappeler l’excellent travail d’Enikao pour l’Express.fr.

Merci à Jean Véronis pour ce retour, il comble un peu le vide qu’il avait laissé, les blogs de lexicographes étant bien rares!

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Laurence Parisot au Parisien « On va s’en sortir »

9 mars 2009

Quelques jours après le refus du MEDEF de signer les accords en Guadeloupe, Laurence Parisot répond aux questions des lecteurs du Parisien / Aujourd’hui. Une interview assez plate et sans profondeur pourtant très commentée ce lundi dans les médias.

Laurence Parisot, 5 février 2009.  REUTERS/Jacky Naegelen (FRANCE)

Laurence Parisot, 5 février 2009. REUTERS/Jacky Naegelen (FRANCE)

Comme à son habitude, Laurence Parisot va maîtriser ses mots, ses coups. On ne sait pas dans quelle mesure cet entretien a été retravaillé a posteriori mais les termes sont choisis, pesés, ciblés. Des réponses claires, simples et directes.

Si l’interview débute par la situation en Guadeloupe, la présidente du MEDEF dévie rapidement sur une vision plus globale de cette crise. Après avoir décrit le LKP comme une « organisation gauchiste, très politisée, et usant de pressions qui ont semé un véritable climat de terreur », Laurence Parisot rappelle que ce syndicat n’a rien à voir avec ceux qu’elle à l’habitude de côtoyer qui sont plus « constructifs et responsables ». Par la suite elle expose sa vision générale de cette crise qui « va durer au moins un an ». Pour elle, « le gouvernement n’a pas pris la mesure du nombre de faillites prévisibles au premier semestre 2009 ». Comme à son habitude, elle critique les charges sociales et fiscales qui lestent la compétitivité de nos entreprises qui sont « entrées dans la crise plus faibles et plus fragiles que les entreprises de nos voisins ».

Pourtant, tout au long de cet entretien, la présidente du MEDEF n’a cessé d’être optimiste : « La crise, ce n’est pas la mort. Ne pensons pas que, demain, tout le monde va se retrouver à faire la queue devant un Pôle emploi. » ou encore « des secteurs entiers continuent à embaucher ». Dans cet interview elle a aussi soutenu sans faille le patronat, ce qui est certes son boulot, mais qui l’a amenée à défendre sans détour les entreprises qui font du profit et qui dans la foulée annoncent un plan de licenciement. Pour elle : « C’est justement quand elle fait encore un peu de profits qu’une entreprise peut procéder aux ajustements nécessaires avant de risque le pire », il ne faut pas croire que les patrons sont « des robots sans cœur ». « Nous avons les charges les plus élevées du monde. Mais personne ne veut nous croire » ira-t-elle jusqu’à affirmer sans soucis d’étayer sa pensée. Pour elle, il n’est pas question de mieux répartir les profits, c’est une idée aberrante puisqu’« en France, les salaires représentent [déjà] les deux tiers de la richesse créée (…) alors qu’en Allemagne ce n’est que 55% ».

En fait, comme je le disais en introduction, cet entretien ne nous apprend rien de très nouveau, on retrouve Laurence Parisot dans son rôle traditionnel, défendant fermement ses idées face à des lecteurs qui n’avaient pas la possibilité de rebondir, un exercice de communication en somme. Elle expose quelques idées simples comme le risque de la tentation protectionniste qui serait « économiquement et humainement désastreu[se] ». Finalement ce qui a le plus attiré mon attention dans cet entretien c’est le commentaire de quelques lignes écrit par Philippe Martinat.

Le journaliste politique du Parisien a dû oublier la « morale » de la journée internationale des femmes. En effet, dans ce tout petit encadré, le journaliste va réussir à faire trois occurrences à la tenue vestimentaire de la présidente du MEDEF. Son journal reçoit cette femme puissante parmi les puissants qui vient de s’exprimer pendant de longues minutes et, lui, la seule chose qu’il trouve à noter c’est qu’elle a une « mince silouhette sanglée dans un pardessus synthétique aussi bleu que le ciel ce jour-là. », qu’elle se présente finalement dans un « spencer couleur parme » avec « ses mains libres de bijoux et de montres ». Ce genre de commentaires montre d’une part la vacuité de l’argumentation du journaliste, mais témoigne aussi d’une prégnance machiste dans la profession. Serait-il allé commenter les tenues du baron Ernest-Antoine Sellière? Sûrement pas. Mais une femme se définit avant tout par son apparence, c’est bien connu.

Heureusement qu’on a inventé la journée des femmes, il reste plus que 364 jours pour que les journalistes comme Philippe Martinat puissent rabaisser le sexe qu’ils pensent faible à la simple description de ses tenues vestimentaires…


Sarkozy : deux semaines pour ça?

19 février 2009

Annoncée il y a près de deux semaines, l’intervention du chef de l’État a été une fois encore sans surprise. Petit retour sur la forme et sur le fond.

La justice

sarkozy1En réécoutant l’intervention du chef de l’État, je me suis amusé à noter les mots qu’il a utilisés le plus souvent. Bien sûr parmi les termes les plus employés on retrouve crise, réforme(s) et travail. Prévisible. Nicolas Sarkozy était déterminé à démontrer sa volonté de ne pas changer de cap, même si le chômage croît dangereusement, il ne jure toujours que par la « valeur travail » et n’arrêtera pas le train des réformes. On ne s’attendait pas à plus. Et pourtant, le mot le plus employé par le président – un beau pied de nez à l’opposition – était bien justice. Il est vrai que ce terme dans la bouche de Nicolas Sarkozy a dû en gêner plus d’un. Il en est ainsi. À six reprises il a donc mis en avant « l’esprit de justice » de ses mesures, justice qui doit être « une priorité en ce moment », même si le travail « est la clé de tout ». La justice passe notamment, dans son discours, par la suppression des bonus pour les patrons dont les entreprises font faillite ainsi que les autres décisions que l’on ne détaillera pas ici. Dans cette allocution soigneusement préparée et enregistrée, il y a pourtant une phrase plus que surprenante : « au delà de ces mesures de justice (…) les réformes doivent continuer ». Qu’a-t-il bien pu vouloir signifier par cette phrase? Ses réformes dépassent l’idée de justice, est-ce que cela signifie qu’elles sont injustes? Un aveu?

Où sont les syndicats et les DOM?

Tout au long de cette allocution, je n’ai cessé de me poser deux questions où sont passées les négociations avec les syndicats et quand va-t-il évoquer la crise aiguë qui agite l’Outre-mer ? Je n’ose pas imaginer la déception des uns et des autres sur ce sujet. Une fois encore Sarkozy qui aimait tant agir sans réfléchir réapprend le temps long. La crise en Guadeloupe sera l’objet de nouvelles discussions, rien de concret n’est apparu ce mercredi. Lui qui était allé au Tchad chercher quelques otages, ne se rend même pas dans une région sinistrée de France qui ne cesse de demander de l’aide depuis plusieurs semaines…

Quant à la rencontre avec les syndicats, je dois avouer que j’ai été choqué devant le déni de démocratie de notre président. Il n’avait cessé de répéter le 5 février dernier que les décisions ne seraient prises que ce mercredi lors de la rencontre avec les syndicats. Mercredi soir, il nous a offert une allocution enregistrée probablement rédigée la veille. Toutes les propositions annoncées étaient déjà listées dans un article du monde.fr paru avant la rencontre avec les syndicats. A quoi sert cette réunion – soit disant  »sommet social » – autant mise en exergue par le président si les décisions sont déjà prises?

Aujourd’hui c’était ma réponse

La semaine passée, dans le cadre de la mobilisation des universités contre la réforme du statut des enseignants-chercheurs, j’ai assisté à une conférence de Pierre Rosanvallon sur le sujet : « un pouvoir autiste même élu est-il légitime? » La question se pose réellement aujourd’hui. La consultation avec les syndicats n’a servi à rien. Le président n’écoute que lui-même et éventuellement ses conseillers. Il l’a d’ailleurs dit clairement à la fin de son discours. « Aujourd’hui c’était ma réponse aux conséquences sociales de la crise ». S’il a veillé à contrôler l’utilisation du je et qu’il a tenu à dire que ces réformes émanaient du gouvernement, le président de la République nous a tout de même gratifier de ses sempiternelles : « j’ai été élu pour », « c’est mon rôle de chef de l’Etat » et « c’est ma responsabilité »… Sa réponse est claire, « le seul chemin qui vaille » c’est l’effort. Il a dramatisé les conséquences d’une augmentation possible du SMIC qui concerne « à peine un travailleur sur dix » (en fait 1,7 sur dix tout de même) et a une fois encore prouvé qu’il était en campagne perpétuelle en attaquant de manière latente les 35 heures qui ont « ruiné la compétitivité du pays ». Il ne nomme pas la réforme et préfère la désigner par « les erreurs du passé » qui ont « sacrifié l’avenir au présent » et qui étaient « une politique de facilité ». J’ai pu montrer que Nicolas Sarkozy s’était emparé du terme de justice. Il a, de plus, fait ressurgir un peu de son vocabulaire gauchiste qu’il employait ces derniers temps en évoquant son grand chantier de moralisation et de re-fondation du capitalisme…

Que faut-il en retenir?

Si sur la forme rien ne change, force est de constater que le président de la République a tout de même fait quelques concessions sur le fond en annonçant 2,6 milliards d’euros consacrés à la relance par la consommation. Rien à voir bien sûr avec ce qui était demandé il y a deux semaines dans les rues, mais c’est tout de même une forme de compromis. Que faut-il en retenir? Il est évident que ce ne sont pas ces quelques réformes qui vont relancer l’économie. Il faut espérer que les milliards précédents jouent leur rôle car on ne relancera pas la France avec moins de 100 euros par foyer ! Les journaux qui ont déjà réagi à l’heure où j’écris ces lignes sont évidemment partagés. Le Figaro a surtout retenu l’une des phrases d’introduction de l’allocution présidentielle : «Nous sortirons de la crise en modernisant la France», Le Monde rappelle que ces mesures visent les classes moyennes alors que Libération titre – à mon avis maladroitement – « le paquet social de Sarkozy ». Ce titre est surprenant pour un journal proche de l’opposition parce que les mesures annoncées par Sarkozy ce mercredi soir sont loin d’avoir l’ampleur du « paquet fiscal » qui est pris comme référence. En utilisant, un tel titre, sans le vouloir, le journaliste de Libération donne du crédit aux réformes du chef de l’État. Les déclarations seront surement plus nombreuses ce jeudi mais on peut d’ores et déjà noter que Martine Aubry a fait savoir que ces propositions n’avaient rien d’un plan de relance alors que Benoît Hamon parle d’une « aumône aux plus fragiles ».

Dans cette allocution qui fait semblant d’être le fruit des négociations de l’après-midi, Nicolas Sarkozy n’a pas annoncé la moindre mesure surprise qui aurait pu lui redonner du crédit. Si je ne suis pas capable de juger l’effet des réformes annoncées, il semble évident qu’en les dévoilant juste après la rencontre avec les syndicats, le chef de l’État a voulu paraître plus ouvert et plus à l’écoute alors que concrètement tout était planifié depuis longue date. Ce qui est choquant, c’est que finalement, il aura fallu attendre deux semaines depuis sa précédente intervention pour que Nicolas Sarkozy annonce sa propre réponse à la crise dont nous ne sommes qu’à la moitié… Même s’il a appelé les syndicats « à la raison », il est tout à fait possible que la grève prévue au mois de mars soit maintenue et qu’elle soit tout à fait populaire… affaire à suivre !


Nicolas Sarkozy, une intervention pour rien

5 février 2009

Alors que trois chaînes diffusaient le même programme ce mercredi soir, j’ai accordé ma soirée au président Sarkozy venu nous présenter sa politique face à la crise. Une fois encore, il a déroulé son plan de communication sans surprise. Sans réel contradicteur, notre président a pu exposer ses idées censées être « concrètes ». Petite analyse du discours, de la forme au fond.

Un style habituel

adsl-tv-20268 On ne change rien sur la forme. Mais alors rien. Le 24 avril dernier, alors que le Président avait déjà squatté nos médias nationaux, Le Monde titrait « changement de style sans changement de fond », j’avais eu l’occasion de montrer que le changement de style était plus que relatif. Une fois encore c’est le cas. Le président parle toujours à la première personne, avec beaucoup de je, de moi je, de je dois, mon devoir, je me suis engagé, j’ai fait le pari de, … Bien sûr, le président aime tout le monde quand il passe à la télévision le personnel hospitalier est « admirable de dévouement », telle autre catégorie professionnelle sont « des gens compétents », Xavier Darcos « fait un très bon travail » et Guy Lagache « résume très bien ». Mais il gouverne seul !

Il est toujours le président de la rupture. Avant lui personne ne faisait rien, lui agit. Il a réussi une fois encore à placer des expressions telles que « ça fait tellement longtemps qu’on ne décide pas » alors que lui a été « élu pour agir, assumer, décider, résoudre des problèmes ». Sans bien sûr rappeler qu’il est en politique depuis plusieurs décennies.

Pour le reste pas de changement non plus. Nicolas Sarkozy incarne la vérité face aux médias, à l’opposition et aux syndicats qui ne font que dire des mensonges, des plaisanteries. Beaucoup de phrases comme « on m’a fait beaucoup de reproches mais jamais celui de mentir » et des oppositions entre « c’est faux » et « la vérité ». Il a toujours son utilisation caricaturale des noms des journalistes qu’il a répétée des dizaines de fois jusqu’à saturation, et son utilisation démesurée des questions rhétoriques. Dès qu’il le pouvait il répondait à une question par une autre : « Vous croyez que mon travail est facile ? » ou « c’est pas gagné c’est ce que vous voulez me dire ? » ou encore ces questions qui ont totalement déstabilisé M.Pujadas : « qu’appelez-vous le modèle social ? » ou « quel est le sujet que vous voulez que j’aborde ? ».

Une petite nouveauté tout de même, le président ne semble plus vouloir agir seul, et il n’a jamais autant cité le premier ministre même si celui ci semble cantonné à un rôle de consultation et qu’il est bien loin de « déterminer et conduire la politique de la nation » comme le dit l’article 20 de la Constitution.

Où sont les contradicteurs ?

C’est une habitude dorénavant, Nicolas Sarkozy provoque les journalistes qui l’interviewent. L’émission de ce mercredi était encadrée par Laurence Ferrari et David Pujadas avec les interventions de Guy Lagache et Alain Duhamel. Une fois encore, les journalistes n’ont servi à rien. Mais alors à rien. Pourquoi d’ailleurs continuer à présenter des journalistes, pourquoi ne pas laisser une heure et demie d’antenne au président tant qu’on n’est pas capable d’opposer des journalistes crédibles ?

Les journalistes ont été en concurrence tout au long de la soirée. Se coupant la parole, faisant preuve d’une impolitesse sans nom les uns envers les autres sans jamais déranger le président. Aucune question dérangeante n’a été posée. Nicolas Sarkozy a réussi à affirmer que le million de manifestant descendu dans la rue se révoltait contre la crise sans qu’aucun journaliste présent n’arrive à lui dire que les manifestants ne se plaignaient pas de la crise, mais de la réponse de la majorité à cette crise. Il s’est caché derrière cette crise (mot qu’il a employé près de 50 fois) en refusant totalement sa responsabilité. Les journalistes n’ont pas bronché. Comme le dit Edwy Plenel, c’était un « monologue ». On ne l’interrompt pas, on ne le contredit pas. Est-ce que quelqu’un a posé la question dérangeante de la dualité entre les heures supplémentaires et la hausse du chômage ? A vouloir favoriser les heures supplémentaires, plus aucun patron ne veut embaucher, mais cette question personne ne la lui a posée. Il a parlé de Barack Obama, mais personne ne lui a demandé ce que Nicolas Sarkozy pensait de cette phrase du discours d’investiture de Barack Obama : les ouvriers « préfèrent travailler moins que de voir un ami perdre son emploi ».

Nicolas Sarkozy a déroulé sa communication sans entrave, il est même allé jusqu’à placer cette phrase incroyable : « permettez-moi de présenter la même chose différemment » façon de rappeler que c’est lui qui fixe le vocabulaire à employer, pas les journalistes. Je ne reviendrai pas sur les questions rhétoriques toujours aussi efficaces. Pujadas bafouille, Duhamel se laisse déstabiliser, et cætera.

Pour parler un peu du fond à présent, notons  qu’il a réussi à ne presque rien dire de concret tout en utilisant des dizaines de fois ce mot.

On ne change rien : ça c’est du concret

Difficile de savoir quelles sont les orientations du gouvernement et du président à l’issue de cette intervention. Rien ne semble avoir changé. A plusieurs reprises les journalistes ont essayé de demander à Nicolas Sarkozy s’il allait modifier sa politique, ils étaient surpris par sa réponse : on ne change rien. Rien. La réforme n’a jamais été aussi utile. On n’évoque pas le paquet fiscal, les heures supplémentaires, on ne parle pas du contre-projet de relance proposé par l’opposition, rien. On ne change rien. « Des manifestations en France il y en a très souvent. Si on doit arrêter chaque réforme quand il y a une manifestation autant ne pas faire de réformes ». C’est dit. Grâce à ses réformes on va « sortir de la crise plus forte qu’on y est rentré » alors qu’en même temps il assume le fait que la France supprime « 40 000 emplois mensuels ».

Politiquement parlant, il a une fois encore attaqué les 35 heures qui ont crée du chômage parce que « le partage du travail a été une erreur sociale historique » alors que bien sûr ce n’était pas la question posée. Comme s’il était en campagne.

Ce qu’il faut retenir c’est bien sûr qu’il n’y a pas d’annonce immédiate. Notamment du fait que le président refuse catégoriquement une politique de relance. On évoque éventuellement une baisse de l’impôt pour les ménages imposés les plus pauvres, mais rien de concret.

La seule annonce concrète est repoussée à 2010 et il s’agit de supprimer la taxe professionnelle. Pourquoi la taxe professionnelle ? C’est certes une taxe que paient les entreprises et c’est assez cohérent dans la politique de relance de l’investissement de Nicolas Sarkozy, mais ce qui est particulier avec cette taxe c’est qu’il s’agit de la ressource principale des collectivités locales. Un impôt local supprimé en 2010 ? Serait-ce une idée pour que les collectivités locales de gauche soient obligées d’augmenter l’impôt l’année des élections ? Comment ces collectivités pourraient-elles trouver 8 milliards d’euros sinon ? Rappelons aussi que pour ce prix là, on peut envoyer un chèque de 500 euros à la moitié des foyers français, comme l’ont fait nos voisins européens. Rappelons aussi que le président a annoncé qu’il voulait une fois encore supprimer un échelon administratif, en oubliant d’ailleurs de citer les cantons.

Et maintenant, que vais-je faire ?

Un changement est tout de même à noter dans ce discours. Cet omniprésident qui se veut toujours dans l’action s’est mis à adorer le temps long. La seule annonce concrète datée est repoussée en 2010, on l’a dit. Rappelons aussi qu’il a tout de même attendu une semaine avant de passer à la télévision. A l’heure de l’immédiateté de l’information, le président a attendu une semaine avant de s’exprimer sur une grève qui a réuni au moins un million de français, une semaine ! De plus, dès qu’une question était gênante, dès que l’on évoquait une possible réforme, il se cachait derrière la future rencontre du 18 février. Et encore deux semaines de perdues ! Faut-il aujourd’hui deux semaines pour réunir les leaders des syndicats d’employés et de patrons ? Face à cette « crise l’un plus importante depuis un siècle » (plus que celle de 1929 donc) on doit attendre encore deux semaines pour réagir ?

Tout son discours était basé sur cette distinction entre le temps court et le temps long. Il demeure le président hyperactif, mais il s’est arrêté. Il attend. Pour finir, je voudrais revenir sur une des réformes sur laquelle il a insisté. Celle de la nomination du président de France Télévisions par le président de la République. A mon sens cette annonce résume son intervention de ce soir. Le président a réussi à affirmer qu’on était passé « de l’hypocrisie totale à la transparence totale » sans trouver aucune contradiction. En gros, il nous explique que le président de France Télévisions a toujours été nommé par le président de la République mais de façon cachée alors au lieu de réformer ceci, d’y mettre fin – alors que l’on affirme haut et fort que c’est mal – et bien on entérine et on grave dans le marbre qu’à présent ce sera comme ça. Personne ne réagit. Il a placé exactement la phrase qu’il voulait, il faut dire qu’en invitant les journalistes triés sur le volet à l’Elysée, on sait que le président joue à domicile et qu’il fera ce qu’il veut de cette entretien.

En résumé, une fois encore, une heure et demie pour rien. Une semaine d’annonce d’une intervention pour exprimer les décisions du président de la République face à la crise pour rien. Aucune annonce, aucun programme, aucune relance. Rien.


Quand Sarkozy sauva Dexia

12 décembre 2008

Un excellent article d’un homologue belge sur l’envers du décors du sauvetage de Dexia par l’Etat Français.

C’est à lire ici.


La caisse d’épargne tient ses promesses

24 octobre 2008

Dans la série, il faut bien rire un peu en ces temps de crise Jean Véronis nous fait état sur son blog de cette vieille publicité de la Caisse d’Epargne qui prend un tout autre sens depuis que l’écureil a perdu plus de 600 millions d’euros en bourse…