Qui va prendre sa place?

8 décembre 2008

jean-pierre_jouyet2Depuis que l’on sait que Jean-Pierre Jouyet va prendre la tête de l’Autorité des Marchés Financiers (l’autorité française de régulation de la bourse) les spéculations vont bon train pour savoir qui va prendre sa place de secrétaire d’Etat des affaires européennes. Hier soir, (télé)Rama Yade a annoncé publiquement qu’elle refusait de se présenter aux élections européennes, totalement disponible, elle devient favorite pour le poste. L’avantage de la nommer c’est que son ministère étant totalement inutile il n’y a pas besoin de chercher un remplaçant… L’inconvénient d’une telle nomination c’est bien sûr que le gouvernement Fillon perdra l’un de ses meilleurs éléments pour promouvoir sa ministre la plus inexpérimentée… Affaire à suivre.

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Vichyste – Vichyssois : le suffixe qui fait toute la différence.

4 novembre 2008

Une semaine après qu’une employée de la mairie du Vème arrondissement ait cru bon de dénoncer une famille de sans-papier, le climat autour du ministère de l’immigration demeure quelque peu tendu. Aujourd’hui, on accuse Brice Hortefeux de jouer avec des symboles qu’il ne maîtrise pas.

En convoquant la troisième sommet de l’immigration l’intégration de l’Union Européenne à Vichy, le gouvernement a réveillé de vieux démons dont beaucoup se seraient passés.

Il est vrai que l’on peut se demander quelle idée le gouvernement a-t-il pu avoir en convoquant le premier grand sommet à Vichy de ses soixante dernières années sur le thème de l’immigration…

Les interprétations et débordements vont bon train.

De nombreuses associations se sont étonnées que la présidence française ait choisi d’associer cette conférence sur l’intégration des étrangers en Europe à un régime – celui de Vichy – qui a pratiqué de 1940 à 1944 une politique hautement discriminatoire. Pour Daniel Rondepierre, secrétaire régional des Verts Auvergne, « avoir choisi Vichy pour organiser cette conférence c’est faire un appel du pied à l’extrême droite ». L’historien Maurice Rajsfus, pourtant l’auteur de La police de Vichy, Les forces de l’ordre françaises au service de la Gestapo 1940-1944, franchit un cap supplémentaire pour parler d’« une véritable provocation ». Évoquant un « langage codé » il a poursuivi en affirmant que « Les périodes sont différentes mais les méthodes sont les mêmes » [sic]. Rodolphe Nettier président de SôS – Soutien ô Sans-papiers association médiatisée par Brice Hortefeux qui a porté plainte contre-eux le 5 août dernier – a déclaré: « Je me demande si Brice Hortefeux n’est pas en train de franchir un cap. Aujourd’hui en France, on expulse des étrangers, on dénonce des étrangers. On a franchi beaucoup d’étapes dans la loi et maintenant, on franchit un cap dans les symboles ».

manifestant-limite-hors-jeu1Franchir le cap dans les symboles sera aussi et surement ce que l’on retiendra des quelques manifestants arrêtés hier à Vichy. Si la manifestation avait été bien cadrée par plusieurs partis, syndicats et associations c’était aussi vraisemblablement pour éviter de répondre à une provocation par une autre provocation. Le but des manifestants étaient de réclamer « une Europe des droits de l’Homme ». Un mot d’ordre un peu vaste surtout quand ils ne sont finalement que deux mille personnes mais un mot d’ordre qui à le mérite d’éviter de faire l’amalgame entre les Vichystes (partisans du régime de Vichy) d’hier et les vichyssois (Habitant de la ville de Vichy) d’aujourd’hui. Les manifestants ne cachaient pas leur déception hier à l’idée d’avoir un peu fait un flop. Les désobéissants ont d’ailleurs réussi à leur voler facilement la vedette. Vêtus de pyjama rayés et d’étoiles rouges (étoiles qui semblent plus être un symbole politique qu’un symbole issu des camps de concentrations où à l’exception des étoiles jaunes, les triangles étaient préférés) ils ont  »contre-manifesté » un peu plus loin (là où ils ont pu aller) et ont attiré tous les médias à eux – alors que ce groupuscule altermondialiste a déclaré ne jamais vouloir adresser la parole aux médias…

hortefeux1Symbole contre symbole, il semblerait que le gouvernement ait gagné la bataille. On peut de plus entendre les justifications du ministre pour qui le sommet de Vichy a pour unique objet de « rendre plus acceptable la politique européenne en matière d’immigration bancale à ce jour ». Il justifie le choix de la ville par une volonté de « de mettre fin à 60 ans d’ostracisme », « Il ne faut rien oublier de l’Histoire, sans pour autant faire supporter aux habitants de Vichy le poids du passé » ajouta-t-il. Le maire UMP de la ville – qui l’a emporté face à un radical de gauche qui voulait faire rebaptiser dans les livres d’histoire  »le régime de Vichy » par  »la dictature Pétain » pour débarrasser la ville de ses vieux fantômes – a déclaré: « Cet événement majeur est particulièrement symbolique pour Vichy, qui n’avait pas accueilli une réunion internationale de ce niveau depuis la Seconde Guerre Mondiale ». Claude Malhuret se félicite d’un tel choix. « Les Vichyssois ont le sentiment de recouvrer leur dignité ». Selon l’édile, il s’agit de mettre fin à des tabous mais aussi d’une reconnaissance des qualités de sa ville en matière d’accueil.

Beaucoup de journaux évoquent le choix de Brice Hortefeux comme celui de la volonté de réaliser un grand événement dans la région à laquelle il est très attachée, l’Auvergne. Le problème étant qu’un ministre n’est pas censé être un lobbyste de sa région et que parmi les prérogatives de son ministère Brice Hortefeux aurait pu choisir un autre sujet pour faire un sommet à Vichy, le co-développement par exemple. Sujet qui n’aurait vraisemblablement pas empêché des amalgames et autres manifestations de mauvais goût mais l’aurait au moins préservé des accusations qui lui sont réservées ces jours dans la presse et aurait certainement été une meilleure chose pour cette charmante ville de l’Allier.


Sarkozy aux deux extrêmes?

27 octobre 2008

En l’espace d’un week-end Nicolas Sarkozy a été à la fois accusé de se conduire comme un collaborateur d’Hitler et qualifié de « camarade » par Hugo Chavez, un véritable grand écart…

Hugo Chávez, Nicolas Sarkozy, Vaclav Klaus

Hugo Chávez, Nicolas Sarkozy, Vaclav Klaus

C’est le président du Vénézuela qui a ouvert le bal samedi en déclarant: «Sarkozy, tu es en train de te rapprocher du socialisme, bienvenu au club, ce sont des idées intéressantes». Il fait naturellement échos aux idées lancées par le président français pour résoudre la crise économique mondiale. Lors de son message transmis à la radio-télévision nationale, Hugo Chávez a appelé Nicolas Sarkozy – son camarade – a venir discuter de la mise en place d’un nouveau système. En parcourant les journaux vénézuélien, on peut retrouver cette phrase de leur président: « ¡Qué frase para la historia! Camarada Sarkozy, caramba, me tiene sorprendido »(Quelle déclaration historique! Caramba, le camarade Sarkozy m’a surpris). Il se réfère alors au fait que Nicolas Sarkozy ait souhaité réformer le capitalisme, ce qu’il voit comme un point commun entre eux. Même s’il sait que la président français est d’obédience libérale et qu’il ne nommera surement pas cette refonte du capitalisme « le socialisme », il pense que leurs deux nations peuvent collaborer pour changer le système mondial…

Mais le week-end était loin d’être terminé pour Nicolas Sarkozy, c’est au tour du président Tchèque de s’exprimer. La règle en matière de présidence de l’Union Européenne est presque la même depuis 50 ans. Tous les six mois le pays président change pour laisser place à son suivant dans l’ordre alphabétique. Avec l’élargissement de l’Union Européenne la désignation du pays suivant a un peu changé, il n’empêche que le roulement à tout de même lieu tous les six mois. Une durée qui semble peu convenir au président Sarkozy qui a trouvé dans la crise financière une manière d’exprimer sa volonté d’action, un rôle à sa mesure. Il se verrait bien garder ces pouvoirs quelques mois de plus. Le problème c’est qu’au premier janvier 2009, c’est à la République Tchèque d’exercer cette présidence. Selon Libération, Vaclav Klaus aurait déclaré: «M. Sarkozy veut siphonner notre présidence». Mais le problème c’est que ce libéral eurosceptique convaincu ne s’est pas arrêté à ce point, dans son allocution télévisuelle il aurait déclaré: « les quatre pays (France, Allemagne, Grande-Bretagne et Italie) qui ont initié début octobre une action européenne concertée sont les mêmes que ceux qui ont écrit les accords de Munich qui ont permis à Hitler d’envahir une partie de la Tchécoslovaquie en 1938. » Cet amalgame est tout à fait regrettable pour celui qui devrait être le prochain président de l’Union. On comprend pourquoi plusieurs journaux européens affirmaient cette semaine que la crise aurait été beaucoup plus mal gérée en Europe si elle avait eu lieu six mois plus tard c’est à dire pendant la présidence tchèque…

A l’issue d’un week-end comme celui-ci, on est en droit de se demander comment Nicolas Sarkozy va pouvoir (s’il peut) gérer son retour à l’anonymat de la présidence française. Il semble vraiment à l’aise quand il est au centre de toutes les attentions comme ce fut le cas ce week-end.


Une semaine chez nos voisins européens, L’image de notre président.

2 mars 2008
Une fois la surprise de dimanche passé atténuée, j’ai décidé de reprendre du service et de faire sur toute la semaine une revue de presse européenne. Dans le contexte de « sarkoze obsessionnelle » ambiante, j’ai une fois de plus décidé de m’intéresser à tous les articles qui lui sont réservés dans les colonnes des journaux de nos pays voisins. Afin d’essayer d’avoir le point de vue le plus complet j’ai choisi comme journaux : Pour l’Espagne : El Pais, journal proche du PSOE et El Mundo proche du PP, pour l’Italie Corriere della serra, proche de Romano Prodi et La Repubblica qui s’apparente relativement au parti démocrate ; pour la Suisse j’ai parcouru la Tribune de Genève ; pour l’Allemagne, j’ai choisi le Süddeutsche Zeitung qui est un journal libéral et le Frankfurter Allgemeine Zeitung. Nos voisins belges sont représentés par le Soir et La libre Belgique. Ce dernier, bien qu’ayant beaucoup évolué est un journal que l’on peut encore qualifier de catholique conservateur. Pour compléter le panorama, nous prendrons deux journaux chez nos voisins anglais, The Guardian – censé être aussi neutre que le Monde mais considéré comme de centre gauche – et Le Financial Times qui est dans la même posture mais qui est écrit et lu majoritairement par des conservateurs… Tous les thèmes sont abordés, du Salon de l’Agriculture aux excuses bidon, en passant par l’impopularité de notre président et la fragilité du couple Franco-allemand.

Commençons, tout d’abord, par un aperçu de ce que pensent nos voisins européens des excuses du président. Pour le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung même si le président regrettait vraiment les insultes du salon de l’Agriculture les dommages causés à sa popularité sont irréversibles. El Pais, insiste beaucoup sur le fait que ce ne sont pas de vraies excuses puisqu’elles ont été ajoutées par les services de l’Elysée. Le Frankfurter Allgemeine Zeitung est de cet avis, les regrets ne peuvent être sincères puisqu’ajoutés par l’Elysée. Le quotidien suisse, La Tribune de Genève, titre « Sarkozy regrette, en traînant les pieds », ils pensent que ces insultes étaient maîtrisées puisqu’elles ont servi à faire oublier l’affaire du conseil constitutionnel sur laquelle nous reviendrons.

Tous les journaux s’accordent pour dire que cette affaire devrait, une fois encore, se ressentir sur sa côte de popularité. Un journaliste d’El Pais pense que Sarkozy pourrait être un boulet pour tous les candidats UMP aux municipales. Pour eux, si la côte de popularité du Premier Ministre remonte c’est tout simplement parce que Nicolas Sarkozy ne correspond pas du tout à l’image que les Français ont d’un président de la République. La Tribune de Genève reprend cette idée dans un article intitulé « Pourquoi Sarkozy exaspère les Français », selon ce journal le président n’arrive pas à « revêtir ses habits de chef de l’Etat », « le principal ennemi de Sarkozy, c’est lui-même. » insiste un peu plus le journaliste, en citant Jacques Chirac. Dans cet article, Jean-Noël Cuénod va encore plus loin, il avance l’idée qu’une « sarkophobie » serait en train de naître en France. Elle serait liée à quatre points selon lui : Tout d’abord la vulgarité, quelle soit intentionnelle (Nettoyer la cité au karcher, parler de Carla pour faire oublier les autres problèmes), compulsive (pianotant des sms alors qu’il est en visite avec le Pape) ou encore spontanée, le « casses toi pauvre con » montre qu’il ne peut se contrôler. Mais aussi un égoïsme exacerbé, il a prononcé 47 fois « je veux » dans son discours sur les banlieues et ne « conçoit l’action politique qu’à travers son ego », un étalage de la vie privée, même si pour le journaliste suisse il y a une ambigüité entre le fait que les Français critiquent l’étalage de la vie privée du président et le fait qu’ils achètent massivement les magazines en faisant état, le journaliste affirme qu’une chose et sûre, les Français sont exaspérés de le voir fasciné par les milliardaires. Enfin, il pense que l’auto augmentation du président a du mal à passer, surtout que ça ne l’empêche pas de voler des stylos.

Le journaliste del Mundo est encore plus dur, pour lui, Sarkozy n’est plus une étoile montante de la politique mais plutôt l’auteur d’un « nouveau fascisme » dont la règle est « soit tu te soumets, soit je te méprise ». El Pais aura le dernier mot en citant Le Pen : « Sarkozy tient plus de Tintin que de de Gaulle ». Notons tout de même que La Libre Belgique préfère ironiser sur la fidélité du gouvernement, avec un titre adapté : « il faut sauver le soldat Sarkozy ». Insulter un homme au salon de l’agriculture, une erreur ? Pas du tout : le chef de l’Etat a simplement fait preuve d’« authenticité », a défendu lundi le grand communicant de l’UMP, Thierry Saussez. « Il n’est pas dans le double langage, pas dans l’hypocrisie. Il ne triche pas. Ce n’est plus, comme les précédents, un Président sur une autre planète, dans la distance avec les Français. Mais un Président qui est dans la vraie vie ». Et le porte-parole de l’UMP, Yves Jégo, de renchérir : « Je préfère un Président sincère à un Président hypocrite. Il n’est pas malsain que le chef d’Etat soit comme nous ». « Il ne joue pas un rôle, il ne se laisse pas insulter, c’est tout », a complété le ministre Bertrand. Le journaliste montre qu’ils ont « osé » comparer ce lynchage des « charognards » à celui qui a poussé Bérégovoy à se suicider…Cette ironie est aussi de ton dans le Financial Times, qui se moque de la façon soit disant « moderne » de faire de la politique. Pour ce journal, la reine d’Angleterre n’aurait jamais tenu de tels propos. Ils rappellent que la dernière fois que Jacques Chirac a été insulté de la sorte, il a répondu : « Ravi de vous rencontrer, mon nom est Jacques Chirac ». Il raille aussi le fait que notre président défende l’idée que sa chute dans les sondages ne soit que liée à des événements personnels. Le journaliste conclue sur cette belle formule : “During the presidential election campaign, Sarkozy hooked France. Now he has lost the fish.” [Pendant la campagne pour l’élection présidentielle Sarkozy avait la France au bout de l’hameçon, maintenent le poisson est parti] Pour filer la métaphore, notons que Le soir écrit que Marine Le Pen est comme chez elle sur le marché d’Henin-Beaumont, en allant à la pêche aux «déçus de Sarko».

Cette impopularité n’est pas la seule à faire couler beaucoup d’encre dans les journaux européens, El pais revient beaucoup sur la publicité interdite pour l’hebdomadaire Courrier International dont un des titres était « vu de Madrid, Sarkozy ce grand malade. » Bien que le journaliste explique que la société Replay, qui a refusé cette pub, appartient au groupe Lagardère dont le propriétaire est un ami personnel de notre président, il pense que les annonceurs ont, en fait, été effrayés par la poursuite au pénal du journaliste du Nouvel Observateur ayant révélé le célèbre sms. Le Financial Times quant à lui consacre un article entier sur « Sarkozy’s nuclear seduction ». Le journaliste montre à quel point les livres sur Carla Bruni se vendent bien. Il explique comment « Speedy Sarko » a réussi à conquérir Carla Bruni et conclue que malheureusement le mariage n’a pas réussi à impressionner l’électorat français. Les journaux espagnols quant à eux affirment que Carla Bruni-Sarkozy a éclipsé le président lors de la visite officielle en Afrique du Sud.

L’un des autres thèmes très présents, surtout dans la presse suisse et allemande, c’est le divorce entre Sarkozy et Angela Merkel. La Tribune de Genève titre « Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, un couple au bord de la crise de nerfs » et revient sur l’annulation à la dernière minute de la réunion entre Christine Lagarde, la ministre de l’Economie, et Peter Steinbrück, son homologue d’outre-Rhin alors que quelques jours auparavant, le président Nicolas Sarkozy et la chancelière Angela Merkel invoquaient un «calendrier chargé» pour annoncer le report au 9 juin d’un sommet prévu le 3 mars en Bavière. Pour ce journal « l’explication a tout du subterfuge » car c’est en fait « l’exaspération qu’a provoquée en Allemagne le projet français d’Union méditerranéenne » qui a entrainé ce froid entre les deux nations. Selon le quotidien Die Welt, Merkel aurait refusé de cosigner sur ce thème une contribution que Sarkozy souhaitait voir publiée dans deux journaux de part et d’autre de la frontière. De manière plus générale, Berlin dénonce à la fois un comportement arrogant et une initiative douteuse. Le FAZ pense que le président joue avant tout son égoïsme et qu’il a oublié sa phrase de campagne, « pour la France l’amitié germano française est sacrée ». Il ajoute que ce ne sont pas les bises de Sarkozy à Merkel qui remplacent la cordialité. Titrant « Zwischen Pathos und Pragmatismus » [entre pragmatisme et pathétique] le SZ affirme que Sarkozy ne pense pas à l’Allemagne en se rasant, probablement parce qu’il a bien d’autre soucis.

Enfin Sarkozy est raillé à cause de son immersion dans l’économie française notamment dans sa volonté de voir Daniel Bouton démissionner de la société générale, volonté reniée à deux reprises par les actionnaires de la banque. Le FAZ se dit ébahi de voir la secrétaire nationale aux droits de l’homme approuver l’utilisation du Malodore pour chasser les SDF de sa ville de Colombes.

Mais on ne dit pas que du mal de la France, le président du PDC Suisse a même plagié Nicolas Sarkozy. En effet, son discours d’investiture reprenait mot pour mot des passages d’un texte du président français. Fabiano Forte dit «assumer totalement» ce plagiat dénoncé par ses alliés du Parti radical. «J’ai effectivement repris certains passages, parce que je me reconnais dans ces propos, qui m’ont touché. Ils correspondent à ma manière d’être. En politique, il est parfois inutile de réinventer la roue.» Déclara-t-il, et si cet exemple ne suffit pas, rappelons que Marion Cotillard a été, l’espace d’une semaine, une excellente ambassadrice de la France.


Un dimanche chez nos voisins européens, L’image de notre président.

24 février 2008
En ce beau dimanche de février, je me décide à faire un petit tour des sites web des journaux de nos pays voisins que j’arrive à comprendre… Surprise, presque tous présentent en première page un article sur Nicolas Sarkozy, petite visite guidée.

Commençons par elpais.com. Le site du quotidien espagnol de référence a très vite repris l’information du Parisien, et titre donc, «Sarkozy: « ¡Pírate, pobre gilipollas! » »

[Casse-toi pauvre con]. Le journaliste explique que cet excès du président est certainement lié à sa « chute libre dans les sondages », il rappelle qu’il avait déjà eu de tels mots lors de sa visite chez les pêcheurs bretons, et ne manque pas de se moquer du « bonjour, merci » que le président semble répéter sans cesse au salon de l’agriculture. Ce n’est pas le seul journal espagnol à faire l’écho de cet « événement », elmundo.es, titre « Sarkozy ya no pierde la sonrisa ni cuando insulta » [Sarkozy ne perd pas le sourire même pendant qu’il insulte], ce journal fait aussi le lien avec les pêcheurs du Guilvinec.

Du côté italien, ce ne sont pas les insultes du président qui font la une, mais sa femme. Le corriere della serra s’intéresse au premier acte de Carla Bruni en tant que « première dame ». Le site revient aussi sur ce célèbre sms, « si tu reviens j’annule tout » notamment en mettant un lien vers le clip de Jeanne Cherhal qualifié de « hit ». C’est cette chanson qui fait la une de la rubrique « persone » du site repubblica.it. «Se torni, annullo tutto » titre le quotidien italien qui trouve la phrase encore plus romantique en français. On peut voir sur ce site une très belle galerie de Carla Bruni lors de la rencontre avec la famille d’Ingrid Betancourt. Les critiques sont beaucoup moins virulentes que ce que l’on peut lire dans les quotidiens espagnols.

En Suisse, on joue l’originalité, la Tribune de Genève s’intéresse à la société qui fabrique les mêmes bagues que celles que Nicolas Sarkozy a offertes à Cécilia et Carla, plus sérieusement, les articles sur Nicolas Sarkozy sont nombreux. On retrouve un édito qui se dit « surpris » de la nomination de Christine Ockrent à la tête de France Monde critiquant l’incompatibilité de son statut de numéro deux de l’audiovisuel extérieur avec celui de femme de son ministre de tutelle. Bien sûr, on retrouve des articles sur le salon de l’agriculture et sur le sms…

Il est moins facile de trouver sur le site du quotidien allemand de référence, le sueddeutsche.de, un article sur Nicolas Sarkozy. Rien en « une ». L’article le plus récent est intitulé « Verrat im Namen des Vaters » [trahi au nom du père]. Il s’intéresse à Jean Sarkozy donc. Pour eux la scène qui se déroule à Neuilly est une sorte de « farce à la fois fascinante et horrifiante » pour les Français. Le site du Frankfurter Allgemeine Zeitung, s’attache surtout à présenter le couple Bruni-Sarkozy, la rédaction spécule sur le lieu où aura lieu la nuit de noce…

L’humour Belge est en une du site du soir.be : une vidéo parodique de Nicolas Sarkozy ventant les mérites du Viagra. On trouve sinon beaucoup d’articles sur Neuilly « son univers impitoyable », le journaliste parle de « situation ridicule ». La Libre Belgique quant à elle met en doute l’intérêt du plan Espoir Banlieue du président, le journaliste ne semble pas conquis, il trouve que l’on est loin du Plan Marshall annoncé pendant la campagne par notre président.

Pour finir, je me suis logiquement rendu sur les sites de la presse anglaise. The Guardian, tout d’abord, s’intéresse à la nouvelle dynastie qui est en train de se lever en France. Stephen Bates, explique que la diction et le comportement de Jean Sarkozy sont totalement similaires à ceux de son père. Le qualifiant d’ « acteur à mi-temps », l’auteur montre que le jeune Sarkozy a déjà de nombreux privilèges, il revient notamment sur les moyens colossaux que la police avait mis en œuvre pour retrouver son scooter volé. Du côté du Financial Times, on peut lire que « Sarkozy farce fails to amuse voters » [La farce de Sarkozy n’a pas réussi à amuser les votants]. Ce titre fait bien sûr référence à Neuilly-sur-Seine. Le journaliste se moque ouvertement de Nicolas Sarkozy notamment en reportant ces propos qu’il aurait tenu à David Martinon : « I gave you my son and I gave you my town and you have left me in the shit. You could say sorry. » [Je vous ai donné mon fils et je vous ai donné ma ville et vous m’avez laissé dans la merde. Vous pourriez dire pardon.]

Oui, oui, Nicolas Sarkozy a raison, la France est bien de retour en Europe, aucun doute.