Vendredi, un journal utile?

18 octobre 2008

Après une campagne publicitaire savamment orchestrée, notamment sur le Web, l’hebdomadaire Vendredi a enfin vu le jour hier dans nos kiosques.

Je ne vais rien vous cacher, j’ai acheté ce journal avec pas mal de préjugés. Je ne voyais pas vraiment son intérêt tant les médias traditionnels ont du mal à s’approprier le web. L’idée même d’un journal qui évoque ce qui se fait de bien sur le web me paraissait déjà paradoxale.

Je me suis pourtant rendu hier chez mon marchand de journaux pour me procurer Vendredi. Qu’elle ne fût pas ma surprise quand j’ai sorti ce journal du présentoir. Il est d’un format encore moins pratique que Le Monde ou Le Figaro. 60 cm de hauteur pour 30 cm de largeur (donc 60*60 une fois déplié), un journal bien peu manœuvrable. J’ai aussitôt repensé à leur publicité qui circule ces temps-ci sur le web (cf supra) et je mets au défi quiconque de boire un café dans une brasserie parisienne en tournant une page de ce journal… Il me semble finalement plus pratique d’amener son ordinateur portable… soit.

Passé cet inconvénient j’ai donc attendu d’être chez moi pour déplier ce journal (qui n’a pas voulu tenir dans mon cartable même plié en deux) pour lire ce qu’il contenait. Je dois bien l’avouer j’ai été un peu moins déçu que prévu. Le lire m’a confirmé qu’il est impossible de représenter le meilleur du web dans un journal, mais finalement, pour quelqu’un qui n’a pas trop de temps à consacrer à la procrastination sur Internet, ce journal peut s’avérer utile. Toutefois, il demeure un journal très « mainstream », les blogs cités étant les plus connus, on regrette finalement que la rédaction ne soit pas allée chercher un peu plus loin.

J’ai trouvé également que l’éditorial était d’une prétention sans nom. « Il se crée un hebdo d’actualité en France tous les dix ans», ah bon ? Ils doivent avoir une vision très parcellaire de l’hebdo d’actualités… Plusieurs titres me sont passés en tête, j’ai pensé aux hebdos suppléments comme Le Monde 2 ou Libé Next, aux gratuits, à d’autres hebdomadaires comme feu Le Vrai Papier Journal ou plus récemment et plus satirique à Siné Hebdo… Si ces titres peuvent éventuellement ne pas rentrer dans la case « hebdo d’actualité Français », je ne conçois pas pour autant une filiation entre la création du Nouvel Obs’, ou celle de Marianne et celle de Vendredi qui n’est finalement qu’un journal qui propose un résumé en huit pages de ce qui se passe sur Internet. J’attendais en outre de l’édito qu’il nous explique un peu mieux la ligne éditoriale du journal et surtout qu’il nous éclaire sur le choix du nom du magazine. Il est fort probable qu’il s’appelle ainsi parce qu’il parait le vendredi, soit. Mais pourquoi avoir repris le nom de la publication hebdomadaire dans laquelle sévissait André Gide pendant la période du front populaire ? Mystère.

Pour continuer la liste des défauts, je dois avouer que mon exemplaire (peut-être est-ce de la malchance ?) était à certains endroits quasi-illisible. Certains dessins sont flous, et sur la une, « l’image de la semaine » est à peine distinguable. Je trouve, en plus, qu’il est tout à fait inutile de faire un « zapping » des meilleures vidéos du web sur un journal papier. Il est en effet assez difficile d’imaginer en quoi ces vidéos peuvent être intéressantes et il est, en outre, très fastidieux d’aller par la suite les visionner sur le net.

A noter tout de même quelques articles intéressants que j’ai pris du plaisir à parcourir sans trouver cela pour autant exceptionnel. Le site web en revanche (www.vendredi.info) me semble assez réussi (et utile) même s’il est actuellement inachevé.

Vous l’aurez compris, je ne compterai pas parmi les premiers abonnés de cet hebdomadaire, je ne pense pas que l’avenir de la presse consiste à regarder ce qui se passe sur Internet. Cela dit avec un format plus pratique, ce journal pourrait être utile à ceux qui manque de temps et qui ne savent pas ce qu’est un agrégateur de flux RSS…


GQ – lancement réussi

25 février 2008

GQ – 120 sec
Vidéo envoyée par masculin.fr

C’est le buzz médias de la semaine – si on excepte les excès de langage présidentiel – un nouveau mensuel pour homme vient de paraître, GQ. GQ où comment faire un titre paradoxal en deux lettres. GQ signifie, en effet, Gentlemen’s Quarterly soit le trimestriel des gentlemen, or c’est un mensuel. Passons. Ce mensuel se veut « masculin, beau et intelligent », tout un programme. Mais GQ s’appuie sur son expérience, rappelons que c’est déjà un mensuel de référence dans douze pays en matière de sport, mode, culture, … Il appartient au même groupe que Vogue ou Vanitiy Fair, et a commencé sa parution en 1957 Outre-Atlantique. Cette revue a eu pour égérie des personnalités telles que Richard Gere, John Travolta, Michael Jordan, Sting, Harrison Ford ou Sean Penn, pour son lancement en France, c’est Vincent Cassel qui assume ce rôle.
Ce magazine se veut, vous l’aurez compris, ouvert aux préoccupations de l’homme. Bien que son rédacteur en chef, soit une rédactrice, Anne Boulay, GQ parle de l’homme en disant « nous ». Dans ce numéro 1, tous les sujets sont traités, de l’homme au foyer, en passant par le foot, les belles voitures, le ciné, la culture, la politique, mais aussi comment bien porter un costume-cravate… On y trouve des recettes de cuisine, un reportage au cœur d’une milice talibane et même un peu d’économie. Au centre de ce magazine, on peut apprécier la rubrique Salon, qui laisse tribune libre à des écrivains plus ou moins célèbres ; on retrouve d’ailleurs avec plaisir Nicolas Rey, que nous avions un peu perdu de vue depuis la sortie de Courir à trente ans.

Je pense que vous l’aurez déjà compris, j’ai aimé que dire j’ai adoré ce magazine. Petites explications. J’aime le soin apporté aux photos, que ce soit celles des talibans ou celles des places boursières, ces photos sont esthétiquement belles tout en étant surprenantes. J’aime aussi le soin apporté aux mots, par exemple, la définition du geek : « c’est Peter Parker avant qu’il ne devienne Spiderman. Un adolescent boutonneux à lunettes fan d’informatique et amoureux en secret de la plus belle fille du lycée. ». Mais aussi la rubrique salon, dont le style – bien que très littéraire – intéresse, attire, informe. J’ai beaucoup apprécié l’entretien Bayrou-Beigbeder, le procédé paraît artificiel – mettre deux personnalités autours d’une table et enregistrer – mais le résultat est très intéressant, beaucoup plus que la plupart des interviews politiques. J’ai aussi aimé passer d’articles en articles divers et variés, des photos de Jean-Loup Sieff à l’orgasme féminin en passant par le Rubbot ou l’anti-coup de foudre.

Ce n’est pas très positif, de finir par pointer les défauts de ce magazine, mais je dois bien y faire un petit crochet. Les amateurs de mode et de tendance resteront un peu sur leur faim, il manque un peu de pages consacrées à ce sujet. Ainsi quand dans le sommaire vous lisez « L’équipe de France a-t-elle un style ? », je m’attendais à une analyse du look des footballeurs, malheureusement c’était un article sur le style de jeu… On relègue à la fin du journal les rubriques qui se doivent d’être présentes dans un magasine masculin, soit les belles voitures, les belles femmes et le foot, personnellement j’aurais bien réduit un peu les articles sur ces sujets (qui a dit supprimé ?) pour mettre un peu plus de deux recettes de cuisine mais bon je ne suis pas le seul lecteur de GQ, il faut bien que ça se vende !

En résumé, ce magazine s’adresse aux hommes qui en ont marre de finir sur les forums féminins quand ils recherchent une recette de cuisine, qui prennent soin de leur look et sont prêts à assumer qu’on leur parle avec des termes tels qu’ « über-beauf ». Quant à moi, si je ne devais en dire que deux mots ce serait surement Merci. Encore.