Dany superstar !

17 juin 2009

Ce mercredi, jour des enfants et de la sortie de certains hebdos, devrait marquer la fin de l’omniprésence de Daniel Cohn-Bendit dans la presse. Depuis lundi passé, on ne parle que de lui, petit aperçu.

REUTERS/Philippe Wojazer, Daniel Cohn-Bendit le 7 juin 2009

REUTERS/Philippe Wojazer, Daniel Cohn-Bendit le 7 juin 2009

Au lendemain du scrutin, il n’y en avait plus que pour Europe Ecologie (et dans une moindre mesure l’UMP). Daniel Cohn-Bendit candidat en Île-de-France bien que de nationalité allemande s’est assuré les gros titres dans les deux pays. Du côté français, on a encore en tête toutes ces unes de plus ou moins bons goûts. Pour n’en rappeler que quelques unse, on peut noter que Le Figaro titrait « Cohn-Bendit bouleverse la donne à gauche » ou encore « Le Parti socialiste humilié par Cohn-Bendit » pendant que Rosalie Lucas pour Aujourd’hui en France évoquait « le coup de maître de Cohn-Bendit ». Plus récemment on peut noter le douteux « Cohn-Bendit, le grand bazar » de Marianne ou le « scandale Cohn-Bendit a niqué Bayrou » de Charlie-Hebdo. Côté Allemand, c’est la surprise qui prédomine. Sudwest Presse évoque le gros coup des verts français (« Grüne Franzosen; Überraschungscoup des Daniel Cohn-Bendit ») tandis que le Nürnberger Nachrichten affirme que Cohn-Bendit a créé un miracle vert (« Cohn-Bendit schafft grünes Wunder »), notons enfin que ce qui compte pour le Berliner Zeitung c’est la troisième place obtenue par les Verts (« Cohn-Bendit auf Platz drei »).

REUTERS/Philippe Wojazer, Daniel Cohn-Bendit et les médias le 7 juin 2009

REUTERS/Philippe Wojazer, Daniel Cohn-Bendit et les médias le 7 juin 2009

D’autres journaux européens ont, bien sûr, relayé l’information en insistant toujours sur la surprise du triomphe des Verts français : L’indépendant met en une « Cohn-Bendit, l’homme providentiel des Verts », La Repubblica annonce la renaissance de Cohn-Bendit (la rinascita di Cohn-Bendit ) tandis qu’El País titre « Daniel Cohn-Bendit, líder de Mayo de 1968, da la sorpresa en Francia » (Cohn-Bendit, leader de Mai 68, crée la surprise en France).

Mais le plus remarquable dans ces articles est la quantité de jeux de mots que cette élection a généré. Partout, on donne des Dany le Rouge ou des Dany le Vert jouant sur ce processus antonomasique pour souligner la diversité du parcours de Daniel Cohn-Bendit. Dans tous les pays, on retrouve cette image, ainsi on parle de ‘ Røde Dany’ dans le Politiken danois, AP titrait sa dépêche « Dany the red », « Rote Daniel » pour Die Presse et Dany « il verde » pour la Repubblica. Beaucoup d’articles soulignent le passage de Dany le Rouge à Dany le Vert, c’est le cas notamment du dossier conséquent du Parisien d’hier qui titrait « 1968-2009 : Dany du rouge au vert ». Die Press souligne que depuis longtemps Dany le rouge est le fer de lance des écologistes européens (Der « rote Daniel » ist längst ein grünes Zugpferd ), El Periòdic d’Andorra un peu perdu dans ces identités multiples titre en français « Dany le rouge/vert » et souligne tout au long de l’article la différence entre les deux. Dans la série des « Dany le », on trouve par exemple « Dany le trublion » (Le Point) ou « Dany l’Européen » (Le Point, Le Monde). Mais les meilleurs jeux de mots sont à mettre à l’actif de Libération. Si je tiens à souligner le beau travail d’allitération du Progrès qui titrait « le D-Day de Dany », parmi tous les titres que j’ai pu parcourir, les meilleurs sont, bien sûr, « Le Dany boom » de Matthieu Ecoiffier pour Libération ou toujours dans le même journal « François Bayrou victime des éclats de Vert de Daniel Cohn-Bendit ». Les jeux de mots de Libértion sont même repris à l’étranger, ainsi le lendemain de l’élection on pouvait trouver un article intitulé « Cohn-Bendit, le catalyseur vert », repris quelques jours plus tard par Die Press sous le titre « Cohn-Bendit: Europas grüner Katalysator ».

Depuis quelques jours la ferveur Cohn-Bendit commence à s’estomper même si on peut encore trouver dans les journaux d’aujourd’hui des titres comme « L’envol de Daniel Cohn-Bendit, la chute de François Bayrou » (LePoint.fr suite au sondage sur les personnalités politiques) ou « Cohn-Bendit M.Consensus » dans l’Express. Petit à petit Cohn-Bendit va surement quitter à nouveau nos journaux, rappelons qu’en dix jours il a recueilli plus d’articles que pendant toute sa campagne pour les européennes…



De la torture en démocratie, un dossier dérangeant de Books

4 mai 2009

Abonné à Books depuis le numéro 1 (comme j’avais pu l’expliquer ici), j’ai dévoré le dossier de ce mois sur la torture dans les démocraties. Intitulé : « Pourquoi les démocraties torturent. De la guerre d’Algérie à la guerre d’Irak », ce dossier revient en quatre articles sur ce cancer des démocraties mis en relief par les révélations sur les pratiques de l’administration Bush.

Vade-mecum de la torture moderne

torture-and-democracyBasé sur l’ouvrage de Darius Rejali, Torture and democracy, le premier article expose les grandes caractéristiques de la torture moderne. L’auteur affirme que pendant des millénaires, les tortionnaires ne se soucièrent guère de ne pas laisser de traces. Au contraire, une torture apparente se devait de servir d’exemple. Ces pratiques de torture étaient représentées par le « chat à neuf queues », ce fouet à neuf lanières lestées de métal qui infligeait des souffrances infâmes et laissaient des traces indélébiles. On peut aussi penser au fer rouge qui marquait chaque prisonnier de son délit. « La torture est soit évidente soit secrète. Écrit Rejali. Elle s’affiche ou se nie ; vise à punir ou à mettre en garde, ou à extorquer des renseignements. ». C’est comme cela qu’il explique qu’à l’heure où la torture est condamnée socialement, à l’heure où des ONG veillent au bon respect des droits de l’homme en démocratie, la règle d’or doit être de « provoquer des souffrances intolérables sans laisser de traces physiques ».

Pourtant si certains avocats affirment haut et fort la nécessité d’utiliser la torture dans la guerre contre le terrorisme, l’auteur affirme que « tolérer la torture au nom de l’urgence des informations à obtenir n’a pas de justification rationnelle. Il n’y a quasiment aucune preuve que la torture permette d’obtenir des informations fiables », c’est d’ailleurs pourquoi les tribunaux ne reconnaissent pas les preuves obtenues par la force.

Pour lui, l’homme a donc ce besoin de torture et « puisqu’il est mal de torturer, mais que nous éprouvons le besoin de le faire, il faut pratiquer la torture sans qu’elle se voie ». S’ensuivent quelques exemples troublants, comme le supplice du drap mouillé : la tête de la victime étroitement maintenue dans un drap humide qui à mesure qu’il sèche rétrécit et comprime douloureusement la tête… Il liste aussi une série de supplices par l’eau, avant d’évoquer d’autres types de tortures comme celle que peut créer une utilisation détournée du célèbre Taser

Dans cet article, on retrouve des exemples consternants de ce qu’une démocratie a pu entreprendre pour contourner ses propres principes, un article dérangeant sur un livre choc.

Le précédent Algérien

Le recours massif à la torture par l’armée française pendant la bataille d’Alger est un exemple classique de la manière dont un État démocratique légitime cette pratique.

Confirmant ce que montra Alexis de Tocqueville, il faut parfois un regard extérieur pour nous permettre de nous voir tels que nous sommes, Books nous présente l’ouvrage d’Allistair Horne intitulé A savage war of peace. Pour lui, la torture au moment de la Bataille d’Alger a été vaine, elle « obligea les Algériens « loyaux » à coopérer mais, après la bataille, ils renoncèrent à leur loyauté envers la France ou furent assassinés. ». Ainsi selon lui, « Massu a gagné la bataille d’Alger, mais cela signifiait perdre la guerre ». En effet, comme il était impossible de faire disparaître toutes les personnes torturées, on les relâchait et par la force du bouche à oreille tout le monde était au courant.

Cet article est utile à plus d’un titre. Il apporte le témoignage de certains tortionnaires affirmant que la « torture peut devenir une drogue ». De plus, il insiste en permanence sur l’inutilité des renseignements obtenus. « S’ils avaient su lire l’arabe, ils auraient trouvé l’atelier plus tôt. Mais ils étaient trop occupés à torturer. Comme on aurait pu le prédire s’engager dans cette voie a empêché le recours aux compétences ordinaires de la police, plus efficaces ».

Guantanamo : rien que de très ordinaire

Le troisième article de ce dossier se base sur l’ouvrage Torture Team de Philippe Sands. Ce livre montre que la CIA a toujours agi largement en dehors du droit, mais que dans le cas de Guantanamo, des documents signés par Donald Rumsfled autorisent une série de techniques d’interrogatoire coercitives allant bien au-delà de ce que l’armée acceptait jusqu’alors.

On retrouve dans cet article le poignant exemple de l’interrogatoire d’Al Khatani en 2002 :

« Il avait droit à un maximum de quatre heures de sommeil par nuit. Il fut menacé par des chiens, intégralement déshabillé, encapuchonné, obligé de porter des sous-vêtements féminins sur la tête, sexuellement humilié par des interrogatrices, soumis à des températures extrêmes et à des bruits intenses, aspergé d’eau froide. On lui injecta un produit liquide dans les veines, et comme il n’était pas autorisé à aller aux toilettes, il dut uriner sur lui. »

© Botero - Abu Grahib

© Botero - Abu Grahib

Illustré par les peintures de Botero extraites de son ouvrage Abu Grahib ce dossier peut être à plus d’un titre dérangeant notamment quand dans cet article, l’auteur affirme que les hauts dignitaires américains avaient l’impression de n’avoir rien fait de mal. Il conclut d’ailleurs par ces mots : « Dans l’Amérique de l’Après-11-Septembre, les idéalistes étaient rares ; un pragmatisme amoral borné, dominait. »

Des tortionnaires comme vous et moi

Ce dernier article est tout aussi intéressant puisqu’il s’appuie sur le livre du célèbre professeur Zimbardo, The Lucifer effect. Rappelez vous, ce chercheur est à l’origine de l’expérience de la prison de Stanford. Des prisonniers et des surveillants volontaires devaient se prêter à l’expérience définie par Zimbardo comme on le voit sur cette vidéo.

Rapidement, les prisonniers privés de sommeil commencèrent à présenter des symptômes de dépression et de déstructuration. Cette expérience montre que des gens ordinaires peuvent avoir des comportements inquiétants et cruels quand ils sont inscrits dans un groupe.

L’auteur fait un parallèle avec les exactions commises à Abu Grahib. Pour lui, « sous l’influence d’une autorité ou du lucifer1groupe, ils commettront des actes qu’ils seront plus tard stupéfaits d’avoir commis, des actes que la plupart des gens pensent qu’ils ne seraient jamais capables de commettre. ». Avec raison, Zimbardo invite à l’humilité : « rien ne nous permet d’affirmer que les atrocités sont le fait de quelques brebis galleuses, ni penser que seuls des gens loin de nous dans le temps et dans l’espace peuvent les commettre. »

Parfois, il semble dans cette ouvrage que la responsabilité collective efface la responsabilité individuelle ce qui est dérangeant. L’individu compte, même à Abu Grahib, les tortionnaires avaient le pouvoir de refuser ces actes.

Ce dossier demeure dans tous les cas très intéressant et se trouve inscrit dans une actualité brûlante. A lire et à relire pour mieux comprendre comment et pourquoi les démocraties peuvent-elles se mettre à torturer?


Sus au franglais! Cultivons le français du XXIème siècle.

26 janvier 2009

Faire un debriefing en one to one, développer le B to B, assurer le backup avant son day off, et ce, asap (as soon as possible), risque d’être de plus en plus compliqué. L’anglais comme langue corporate connait quelques déboires. Attaquées pour non-respect de la loi Toubon, des entreprises ont perdu en justice.

Chris Wattie / REUTERS 17-19 octobre 2008 sommet de la francophonie au Québec

Chris Wattie / REUTERS 17-19 octobre 2008 sommet de la francophonie au Québec

Dès 1975, les parlementaires soucieux de préserver la langue française face aux mots anglais passés trop vite dans le langage courant adopte la loi Bas-Lauriol. Cette loi allonge la longue liste des textes mort-nés, sans réelles mesures d’application, elle tombe rapidement en désuétude. Il faut attendre la motivation de quelques parlementaires, et un ministre en charge simultanément de la culture et de la francophonie pour voir ce projet de loi réapparaitre.

En 1994, Jacques Toubon fait de l’adoption de ce texte « une question de société, une question pour la place de la France et pour son avenir. » Le principe de cette loi est « de sortir du modèle unique anglo-marchand qui est en train de se répandre dans un certain nombre de pays. » Rien que ça. Le débat à l’assemblée nationale n’est pas très virulent. Les parlementaires ne sont pas contre le projet, ils sont simplement assurés qu’une fois encore cette loi va finir dans un placard sans avoir aucun impact sur l’arrivée de nouveaux termes anglo-saxons.

Sans grande difficulté nait donc la loi nº 94-665 du 4 août 1994 relative à l’emploi de la langue française plus connue sous le nom de loi Toubon. En quelques mots, cette loi prévoit que toute annonce, affiche, publicité visible dans les lieux publics ou dans les médias soit en français ou traduite dans notre langue de manière visible. Le détail de la loi est bien sûr plus complexe (lire ici), il prévoit aussi un quota de créations francophones à la radio et à la télévision ainsi que des mesures protégeant les travailleurs.

Si les parlementaires ne se sont pas opposés à cette loi, la presse notamment étrangère va railler sa publication. En France on évoque un « nationalisme linguistique », un « chauvinisme de la langue » ou une « fierté nationale mal placée». Les critiques les plus virulentes viennent de nos amis anglais. Avec des titres en français comme « Ne Parlez Pas Anglais » ou « Why france should be linguistically laissez-faire »1 les journalistes outre-manche se moquent de notre langue que l’on préserve comme une espèce protégée. L’amende prévues en cas de non respect de la loi (entre 3000 et 20000 francs de l’époque soit actuellement entre 500 et 3000€) est présentée comme démesurée et ridicule. N’ayant pas peur des clichés les anglais présentent Jacques Toubon (dénommé All-good) avec une baguette sous le bras et ce devant la Tour Eiffel expliquant que c’est l’image qu’il donne de la France. Avec un peu d’humour un journaliste de The Independent conclut son article par la formule suivante : « Any Anglo-Saxon with a soupcon of savoir-vivre would see the lack of chic in venturing up a linguistic cul-de-sac so palpably vieux jeu. »2

Pourtant le France est loin d’être le seul pays à avoir légiféré pour protéger sa langue. On peut prendre le cas du Quebec, du Mexique, de la Grèce, de la Catalogne ou encore de la Lituanie. Ce dernier pays interdit toute enseigne rédigée dans une autre langue que la langue officielle. Le Mexique, fort de 98 millions d’habitants, a cru bon se protéger de l’anglais. Les lois et règlements mexicains exigent non seulement l’usage de l’espagnol sur tout produit destiné au consommateur, mais ils vont jusqu’à prohiber l’anglais ou toute autre langue que l’espagnol sur les produits fabriqués au Mexique. Pour ce qui est des produits étrangers, un règlement imposait dès 1974 des caractères plus petits que l’espagnol.

La loi française a parfois été très protectrice pour les salariés. Elle constitue un recours en matière de droit au travail, à l’information, à la santé. A titre d’exemple, Europ Assistance a perdu en octobre dernier un procès qui l’oblige dès à présent à traduire un des logiciels mis à la disposition des employés. On a aussi vu des entreprises étrangères devoir adopter le français comme langue de travail, des études venant prouver que l’utilisation de termes anglais lors des réunions génère une double conséquence négative. D’une part certains salariés ne comprenant pas toujours les informations sortent de réunions sans en avoir saisi le sens ce qui peut avoir des conséquences plus ou moins graves. D’autre part cette pratique de l’anglais crée une sorte de discrimination et une hiérarchisation des employés en fonction de leur compétence linguistique ce qui défavorise particulièrement les employés plus âgés.

Si l’aspect protecteur de la loi est plutôt une réussite, force est de constater que ce texte n’a pas endigué la diffusion de l’anglais. Les termes de la nouvelle technologie sont essentiellement issus du monde anglo-saxon et les publicités utilisent toujours aussi souvent des slogans en anglais. Comme le cas de la Française des jeux qui bien qu’étant une entreprise publique diffuse actuellement cette publicité avec son slogan « j’ai la win ».

Ce n’est pourtant pas faute d’avoir mis les moyens. L’un des corollaire de la loi Toubon est la création de la très sérieuse commission générale de terminologie et de néologie chargée de proposer des équivalents aux termes anglais importés massivement en France. Si cette commission peut se venter de quelques réussites comme la diffusion du terme baladeur en lieu et place du walkman elle compte à ce jour quelques glorieux échecs dus à sa lenteur de fonctionnement. En moyenne il faut compter sept mois avant qu’un terme proposé à la commission ne fasse son entrée au journal officiel. Une procédure d’urgence a permis à la commission de proposer le terme de « téléchargement pour baladeur » pour podcasting mais cela n’a pas empêché que la périphrase proposée ne soit pas utilisée. Le vocabulaire paraissant au Journal Officiel s’impose pourtant à l’administration et aux établissements publics, depuis sa création en 2006 la commission a proposé sept cents équivalents à des termes anglais.

Pour ne donner qu’un petit exemple si vous voulez vous plier aux propositions de la commission ne dîtes plus : Je check mes mails, je supprime mes spams et si je suis pas trop dans le rush, je ferai un post sur mon blog avant le brainstorming sur notre startup et le B. to B. Mais dîtes plutôt, je vérifie si je n’ai pas reçu de courriers électroniques (si vous êtes dans le coup dîtes courriel), je supprime l’arrosage et si je ne suis pas trop en épreuve, je ferai un billet sur mon bloc-note avant le remue-méninges sur notre jeune-pousse et l’entreprise à entreprise en ligne (EEL). Il n’est pas dit que tout le monde vous comprenne du premier coup…

Pour permettre la diffusion de ce vocabulaire, la commission propose (ici et ça vaut le détour!) un dictionnaire des équivalents français des termes importés, on laisse bien sûr de côté les mots présents depuis longtemps et déjà digérés par notre langue. Méfiez-vous, si vous ne prenez pas soin de corriger vos erreurs de langage vous risquez de vous retrouver couronné du prix de la carpette anglaise décerné par l’académie du même nom dirigée par Philippe de Saint-Robert, président de l’association pour la sauvegarde et l’expansion de la langue française.


1Pourquoi la France devrait avoir une politique linguistique plus souple.

2Tout anglosaxon avec un soupçon de savoir vivre verrait le manque de chic de cette politique linguistique qui est un cul de sac manifestement vieux jeu.


Un mois après son élection, Obama dans la presse d’extrême droite française

4 décembre 2008

Alors que la planète entière célébrait la victoire de Barack Obama le mois passé (voir ici), j’ai voulu aller faire un tour du côté de la presse d’extrême droite française pour voir comment cette élection avait été reçue. Je me suis tourné vers les trois journaux qui font référence en la matière depuis la fin de l’ère National Hebdo, c’est à dire: Rivarol, Le Choc du Mois et bien sûr Minute. J’ai essentiellement parcouru les articles publiés en novembre par ces trois revues, même si je suis parfois allé piocher dans quelques autres articles des mois précédents.

Trois conclusions. La presse d’extrême droite française n’a pas « voté » pour Barack Obama ; ce n’est pas important d’avoir élu un noir président des Etats-Unis mais ce qui est dommageable c’est qu’il soit musulman ; son élection n’est en rien un événement.

small_obama_imageLes trois journaux font preuve d’une certaine unité dans le traitement d’une certaine élection. Tout d’abord, ce n’est pas un événement de premier plan. Ils consacreront chacun au maximum une « une » au sujet,  avec des articles moins étayés que ceux traitant de la carrière de Dieudonné (que l’on appelle volontiers « Dieudo ») ou de l’avenir du F.N.. On affiche un certain soutien à la candidature de Sarah Palin qui a été « honteusement lynchée » par les médias et surtout on n’aime pas, mais alors pas du tout, l’admiration que suscite Barack Obama dans la presse mondiale. Un journaliste de Rivarol pense d’ailleurs que « quiconque ne bée pas d’admiration devant Obama [sera considéré comme] raciste ». Il est vu comme une pure création des médias, « le produit de l’année, secteur grande distribution ».

Dans les quelques caricatures qui lui sont accordées (à côté d’une caricature d’un immigré qui apprend le français en commençant par les mots Allocs, sécu, chôm du, CMU, RSA [sic]) on le voit représenté en pantin manipulé par les lobbies. On le présente comme un « fumeur de hash » qui fait « honneur à la pègre », pire encore il est ça et là qualifié de Marxiste, de Trotskiste ou de Maoïste… Dans les colonnes de Minutes on affirme déjà qu’il va se planter sur tous les grands sujets et que la déception ne va pas tarder à se faire sentir.

Les trois journaux se voient aussi obligé de commenter la couleur du candidat (comme beaucoup de journaux par ailleurs). Elle n’est pas toujours traitée frontalement parfois les journalistes préfèrent un biais détourné comme les jeux de mots. C’est notamment le cas de Pierre Villedary dans Le Choc du Mois dont l’article intitulé « Quand l’Obamania altère la raison ; un loup déguisé en agneau » est paru avant l’annonce de la victoire d’Obama. Pour annoncer le suspens du résultat il utilise l’expression « Roulez tambours, résonnez gospels », une manière déguisée de renvoyer à la couleur du candidat. C’est aussi le cas d’articles parus dans les autres journaux où l’on retrouve par exemple l’idée que l’Amérique est tombée dans « le pot au noir (économiquement bien sûr)» ou quand on ironise sur le nom de la Maison Blanche que d’aucun voudrait renommer la « maison noire » et que François Couteil propose de renommer la Maison du Café. Un humour que chacun appréciera. Il n’est pas rare de trouver aussi de l’ironie autour de la couleur du candidat. Dans l’article que nous citions auparavant l’auteur utilise à trois reprises l’expression « noir (ou métis) » mais aussi le terme de « demi-noir » raillant ainsi les commentaires que l’on peut lire dans le reste de la presse. Minute renchérit en écrivant : « Il possède une particularité physique épatante: il est noir. ». Pour les journalistes de ces trois rédactions (qui sont parfois les mêmes d’un journal à l’autre) il s’agit d’une « négritude très politique » Pour Jean Sageret du Choc du Mois les conseillers de Barack Obama le rendent plus ou moins noirs selon les circonstances… Après avoir ajouté un jeu de mot à la liste – « Soyons clairs (pardon) » – le journaliste conclut que « sa couleur n’est pas un héritage mais un calcul politique ».

En fait, ce que les journalistes entendent surtout dénoncer c’est que Barack Obama n’est pas le chrétien qu’il prétend être. Le premier procédé employé est d’utiliser (presque) systématiquement le second prénom de Barack Obama que l’on écrit Hussein ou Husseyn selon les journalistes. Ces derniers n’oublient pas de noter qu’Hussein rappelle l’ex-dictateur irakien aussi surement qu’Obama rappelle Osama (Bin Laden). Dans une enquête parue en février dans Le choc du mois intitulée « Quand Obama rime avec Allah » les journalistes notent que le père de Barack était un polygame musulman (il était marié à une autre femme quand il a mis au monde le futur président!), que Barack Hussein a étudié dans une medresa,… Ils vont même jusqu’à retrouver un de ses camarades d’écoles qui affirment avoir vu le nouveau président américain dans une mosquée… Dans Rivarol, on le qualifie de « frotté d’Islam » et de « mutant emblématique du village planétaire », pour insister un peu davantage il est même nommé Obamessiah (de messiah le messie). Le journaliste conclut son article en affirmant qu’Obama préfèrerait surement porter serment sur le Coran que sur la Bible et finit son article par ces mots: « Pour tous ceux qui croient en lui dont nous ne sommes pas, souhaitons que « God Bless Obama » ou plutôt qu’Allah protège Obama. » Ironie du sort quelques mois plus tard, le même journaliste critiquera Obama pour être « A la botte des lobbies israéliens », on n’est pas à une contradiction près…


Une belle semaine en politique

3 décembre 2008

Alors que le P.S. mettait fin à ses querelles internes, enfin pour être plus précis, les mettait de côté pour s’accorder sur la victoire de Martine Aubry, la politique a repris ses droits cette semaine. Frédéric Lefebvre, le très médiatique secrétaire à l’économie de l’UMP souhaitait la bienvenue à la nouvelle secrétaire du P.S. en lui offrant une phrase dont il a le secret : « la dame des 35 heures, est totalement disqualifiée pour donner de grandes leçons en matière de politique de l’emploi ». Voilà qui est dit.

Monsieur Bockel, dans l’indifférence générale, a réuni pas mal de ministres de la majorité à sa réunion de la « gauche moderne » ce que (même) Martin Hirsch a raillé en déclarant qu’il était un peu dur de faire croire que « la gauche moderne serait située à droite » au sens où une gauche de gauche serait archaïque…

Pendant ce temps là Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez avaient enfin réussi à trouver le nom pour leur nouveau parti, il s’appellera le PG, le parti de gauche. Simple et efficace. Le parti tenait (déjà) sont premier meeting à Saint-Ouen, l’occasion de critiquer « un PS de centre-gauche » et de faire un clin d’œil à Olivier Besancenot.

D’ailleurs à propos de Besancenot, que l’on dit être le grand gagnant de la cacophonie au P.S., il n’a pas manqué cette semaine de travailler son humour. Alors qu’il nous avait déjà fait rire avec ses belles expressions (voir ici par exemple), il a annoncé dans une grande interview au Nouvel Obs’ qu’il ne se serait pas présenté si Coluche avait été encore en vie. Il aurait voté pour lui. Si c’est une tentative pour faire une publicité gratuite pour le film de De Caunes, c’est un peu raté, le film reste un flop avec ses 500 et quelques milles entrées vendues. Au passage il a aussi gagné son duel contre la société Taser et en a profité pour fêter ça en manifestant sa joie avec quelques amis de Monsieur Rouillan…

Pendant ce temps du côté de la majorité. Etienne Mougeotte affirmait qu’on ne le reprendra plus à truquer les photos. « Aucune modification ne pourra être apportée à une photo d’actualité. » Rappelez vous, le Figaro qu’il dirige avait pris soin d’effacer une grosse bague (Cartier) sur un cliché de Rachida Dati paru en « une ». Malheureusement, quelques minutes après cette déclaration un soutien de poids était venu appuyer son choix. Gala affirmait qu’en fait la photo de Rachida Dati avait été prise en juin dernier et que depuis elle arborait une bague plus discrète qui pourrait ressembler à une alliance (ah ah).

Nicolas Sarkozy a perdu son procès contre la poupée Vaudou à son effigie qui pourra donc bien se trouver sous les sapins de Noël. Mais il a perdu un peu plus cette semaine. Depuis qu’il a reçu Kadhafi à l’Élysée, il a compris qu’il n’était pas facile d’accueillir n’importe qui au château. Il avait trouvé un bon moyen pour rencontrer un grand délinquant sans le faire venir en France, le rencontrer en terrain neutre. En Pologne par exemple. C’est là qu’il doit en fin de semaine rencontrer le Dalaï-lama, qu’il ne pouvait décemment pas faire venir à l’Élysée. Malheureusement, le gouvernement chinois a repérer son manège et a annulé sur le champ la prochaine rencontre avec l’Union Européenne, dommage c’était bien joué.

Pendant ce temps là, sa ministre du logement prenait conscience que des gens mourraient de froid en France et que la coercition ni ferait rien. Après quatre morts anonymes elle se décida enfin à aller « visiter » le bois de Vincennes s’efforçant à ne pas ramasser de champignons.

Christine Albanel – la toujours ministre de la Culture – assurait qu’il n’était pas gentil de la part de France Télévisions de faire grève parce que promis la publicité sera compensée par 450 millions d’euros des caisses de l’Etat jusqu’en 2011. La promesse n’engage qu’elle et puis avec un peu de chance d’ici 2011 la télé publique n’existera plus, le problème serait auto-résolu. Notons tout de même qu’elle est la seule ministre à s’être émue du sort de Vittorio de Filippis. Cet ancien patron de Libération que la police est venu récupérer à son domicile vendredi matin (un peu tôt il est vrai) en disant devant ses enfants qu’il était « pire que de la racaille » (et que de fait il ne sera pas même nettoyé au Karcher). Rachida Dati a trouvé cela normal, tout autant que de voir l’association Droit Au Logement (qui ne peut pas recevoir de dons) condamnée à 32000€ d’amende. Surprenant pour quelqu’un qui aimait tant critiquer les décisions de justice.

A me lire, on dirait qu’il ne s’est rien passé au MoDem cette semaine et pourtant, François Bayrou invité à France Inter a distribué les bons points aux candidats socialistes et surtout, surtout!, Yann Wehrling a rejoint son parti. Une grande nouvelle, lui que personne n’a oublié tellement il avait été un leader extrêmement charismatique des Verts est passé à l’orange…


Books, un magazine plein d’avenir…

1 décembre 2008

Ces derniebooks2rs temps les nouveautés presses ne m’ont pas vraiment emballé (comme on peut le lire ici et ). En fait, depuis GQ (que j’ai cessé de lire depuis) rien ne m’avait vraiment plu dans les nouveautés proposées par nos amis kiosquiers.

Je ne suis donc pas mécontent de pouvoir vous parler aujourd’hui d’un nouveau mensuel qui me plait et auquel je risque même de m’abonner. Ce magazine c’est books sous-titré L’actualité par les livres du monde. « Books n’est pas un magazine sur les livres. Les livres, ou plus exactement les analyses parues à propos des livres, sont l’instrument privilégié pour décrypter l’actualité ».

Olivier Postel-Vinay, directeur de la rédaction, affirme que sa volonté de créer ce magazine « a été nourrie par l’absence sur le marché français de magazine du type de la New York Review of Books, de la London Review of Books ou du Times Literary Supplement. »

Si j’ai apprécié ce magazine c’est pour quantités de raisons. Tout d’abord la maquette est extrêmement réussie. D’une clarté absolue, avec des encadrés utiles, un précieux résumé des articles, une présentation concise et efficace des auteurs et un référencement réussi des livres présentés ainsi que d’autres livres en lien avec le sujet, ce magazine s’avère très agréable à l’œil. On peut déplorer le grand nombre de rubriques, mais ce n’est en fait que le reflet de la grande diversité des sujets traités. On lit déjà des critiques affirmant que le magazine est trop tourné vers les livres du monde et pas assez sur l’actualité française, c’est vrai, mais c’est son atout. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si son fondateur a été au préalable rédacteur en chef du Courrier international. On peut enfin reprocher à la rédaction de traduire trop d’articles ( de la New York Review of Books), ce n’est pas faux, mais tous ces articles sont traduits intelligemment, re-contextualisés, et permettent un éclairage totalement différent de l’actualité.

Le dossier de ce numéro est consacré à la crise et au comportement moutonnier des acteurs économiques. Il peut être apprécié sans un doctorat en économie tout en proposant une analyse plus poussée que ce que l’on a pu lire ces derniers temps dans la presse, notamment en présentant le point de vues des économistes qui pensent que la spéculation boursière est un jeu de hasard et que les 11000 et quelques points qu’avaient pu atteindre la bourse new-yorkaise n’était absolument pas fondés.

Le dossier consacré à la numérisation des livres pas Google au moment où aurait dû débuter le projet Europeana est plus qu’intéressant. Le format de ce magazine permet d’offrir à la fois une interview de Robert Darnton qui dirige le réseau des bibliothèques d’Harvard (coopérant à l’entreprise de google) et celui de Bruno Racine président de la BNF opposé à ce projet (que l’on peut retrouver ici).

Je ne vais pas m’arrêter plus sur ce magazine car je risque vraiment de tomber dans la publicité gratuite, lisez-le numéro un (en vente jusqu’au mois de janvier au prix de 3 euros ) pour vous faire une idée, il est possible que lorsque le magazine sera au prix de 6€, ils deviennent relativement moins intéressant…


La cacophonie au P.S. amuse le monde.

24 novembre 2008

A l’heure où les dirigeants du P.S. comptent, décomptent, recomptent les bulletins des militants de vendredi dernier, la presse mondiale se moque de ce parti incapable de se renouveler. Petite revue de presse de ce qui a pu être écrit ce week-end chez nos voisins plus ou moins lointains.

aubryroyalRegardons dans un premier temps ce que ces journaux pensent de la situation du P.S., inutile de préciser que les mots que l’on retrouve le plus souvent appartiennent au registre de la division. Ce qui est plus surprenant c’est l’omniprésence du champ lexical de la guerre. Pretoria News le journal sud-africain est certainement celui qui va plus loin dans cette métaphore en allant jusqu’à titrer « civil war in France ». On retrouve souvent l’idée de « guerre des chiffres » entre les deux camps. Le Welt am Sonntag évoque une guerre des femmes (« Krieg der Frauen ») et le quotidien de référence espagnol, El Mundo traite des événements de ces derniers jours comme d’une pulsion de mort qui entrainera les deux camps au tribunal. (« El pulso a muerte entre Aubry y Royal acaba en los tribunales »). Dans ce registre, la palme du journal le plus drôle et le plus moqueur est accordé à The Independent comparant les événements du P.S. à un combat de boue entre femmes (« Female mud-wrestling, French style »). Pour le journaliste anglosaxon, il s’agit du seul moyen de détourner pendant quelques temps les médias du président français… Tout au long de l’article il file la métaphore du catch allant jusqu’à appeler Ségolène Royal « the Poitou hellcat ». Le résultat de ces querelles intestines est parfois qualifié de chaos, de désastre et de complet désarroi. Pour le Daily Telegraph ce chaos est un désastre de plus pour un parti dont le déclin est facile à mesurer depuis la mort de Mitterrand. Le journaliste y voit une illustration de l’apathie française et de l’incapacité de notre pays à se réformer.

Les journaux insistent beaucoup sur la division. Beaucoup soulignent que le P.S. est à présent totalement divisé en deux. La dépêche de l’AFP en espagnol parlait d’un parti au bord de la scission (« al borde de la escisión »), Reuters surenchérit dans sa dépêche dédiée à l’Amérique Latine en utilisant le mot « schisme » (« El cisma del socialismo francés podría acabar en los tribunales »). L’image du divorce est aussi souvent évoquée, l’éditorialiste del Mundo pense que les deux factions du PS ont autant de chance de se mélanger que l’huile et l’eau (« Como el agua y el aceite. Así han quedado las dos facciones del Partido Socialista francés después de la votación celebrada el pasado viernes para elegir a su líder.”)

Les journaux essayent aussi de dresser un portrait des deux candidates. Celles que le Berliner Zeitung nomme les « Feindliche Schwestern » (les sœurs rivales) sont souvent décrites de la même façon. Ségolène Royal est plus connue, on l’évoque comme la candidate du PS à l’élection présidentielle de 2007 alors que l’on s’arrête un peu davantage sur Martine Aubry. « Madame 50,02 Prozent » (Madame 50,02 %) comme la nomme Die Welt, est souvent renvoyée à son poste de ministre du travail de Lionel Jospin et surtout à sa réforme clé les 35heures. Le Basler Zeitung l’appelle en français dans le texte «Madame 35 heures». The Daily Telegraph utilise aussi un mot français pour la qualifier, celui d’éléphant qu’il traduit plus loin par old guard, le journaliste affirme que sa réforme a profondément endommagé la productivité française. Pour lui le choix de Martine Aubry prouve que la France est passéiste (stuck to the past). Le Times de Londres enlève tout mérite à sa victoire, pour le journaliste, elle n’est pas vraiment appréciée et n’a gagné que parce qu’une courte majorité des militants socialistes ne voulaient pas de Ségolène Royal pourtant nommée ‘Zapatera prodigiosa’ par El Mundo et qualifiée de glamour par l’éditorialiste du New York Times

A quelques mois des élections européennes, le P.S. est la risée de l’Europe entière, aujourd’hui encore il a présenté une image déplorable. Il apparaît incapable de se mouvoir, de changer, de présenter des idées, et est en fait bien plus divisé qu’on ne le dit. Car si le camp Royal semble relativement uni autour de sa candidate, rien ne nous dit que les anciens soutiens de Delanoë et de Benoît Hamon soient capables de s’entendre sur l’avenir du P.S. en se rangeant derrière Martine Aubry. Un nouveau vote ne résoudrait vraisemblablement rien, qu’on le veuille ou non, il y aura des déçus au Parti Socialiste. Dans le cas d’un nouveau vote, si Ségolène Royal l’emportait quelques 70 000 militants se sentiraient floués et risqueraient de nourrir une réelle rancœur contre la candidate. Si la commission devait décider de proclamer la victoire de Martine Aubry, il ne laisse aucun doute que l’équipe de Ségolène Royal entrerait en résistance au sein du parti dans l’espoir de reprendre la main en 2012 face à cette coalition hétéroclite… Quelques belles années en perspective donc.