Sciences : Sarkozy VS Obama !

20 février 2009

Un montage particulièrement réussi qui compare les positions des deux aspirants au poste de président du monde sur le sujet des sciences.


Les simpson et la science

2 novembre 2008

Le livre que j’ai eu l’envie de vous faire découvrir aujourd’hui est vraisemblablement le seul bon livre paru sur Les Simpson en français. Son auteur Marco Malaspina travaille à l’institut italien d’astrophysique. Chercheur de formation, il est aussi chroniqueur scientifique pour le magazine Oggi et animateur d’une émission de vulgarisation scientifique à la radio. A travers cet ouvrage il essaie de nous expliquer en quoi la série peut nous permettre de mieux comprendre les grands problèmes contemporains.

Pour mettre en place son ouvrage, l’auteur insiste sur l’ambivalence des Simpson. Il nous explique que ce qui l’a séduit dans cette série c’est que « les personnages employaient les mêmes arguments que ceux auxquels [lui et ses collègues de l’institut d’astrophysique] avaient quotidiennement recours: « Chers collègues, nous risquons de perdre nos financement » disait-un astrologue dans les Simpson, « L’Amérique ne s’intéresse plus à l’exploration spatiale. » Toutefois l’ambivalence est mise en avant car selon lui: « Les épisodes des Simpson ne sont pas des pilules de science recouvertes d’une capsule jaune et amusante, ni un C’est pas sorcier placé sous le signe de l’humour. » , « La science telle qu’elle est représentée dans toute la série est souillée, corrompue, impure. ». En fait, l’auteur montre tout au long du livre qu’à chaque fois que les Simpson évoque quelque chose de vraiment scientifique, souvent à travers la parole de Lisa, « les scénaristes ont l’habileté d’accélérer le rythme des dialogues, jusqu’à les rendre presque inintelligibles, réduisant de ce fait pratiquement à zéro le danger que les téléspectateurs apprennent quoi que ce soit. ». En clair, « personne ne pourra qualifier les Simpson de dessin animé didactique. »

Pourtant, l’auteur prend la peine de nous rappeler à quel point les Simpson jouent un rôle sociétal important. Dès les premières lignes il nous rappelle que Le Time l’a qualifié de meilleur programme télévisuel des années 90, et que parmi tous les prix que la série a remportés on compte le Peabody Award, reconnaissance prestigieuse récompensant le plus souvent le journalisme d’investigation, attribué aux Simpson en 1996 pour « son acerbe satire sociale ». Tout au long de cet ouvrage, il nous montre que sur un strict point de vue scientifique, les Simpson s’avère être une véritable mine d’or. Il consacre un chapitre à six grands sujets scientifiques contemporains à savoir le nucléaire, l’écologie, la santé, l’alimentation, l’astronomie et enfin au débat entre évolutionnisme et créationnisme. Nous n’allons pas faire le tour de tous ces sujets pour que vous puissiez garder un quelconque intérêt à découvrir cet ouvrage. Mais regardons dans un premier temps les deux sujets initiaux.

Quiconque a déjà vu un épisode des Simpson, ne serait-ce que le générique, sait à quel point il y a imbrication entre la ville de Springfield et sa centrale nucléaire. Outre le fait de nous faire revivre quelques excellents scénarii de la série et notamment ce bénédicité prononcé par Homer avant son repas: « Seigneur, on vous est surtout reconnaissant pour l’énergie nucléaire, la plus sûre et la plus propre de toutes les sources d’énergie, mis à part l’énergie solaire, mais ça c’est du pipeau. » L’auteur nous montre que le personnage d’Homer Simpson semble être totalement sorti du rapport du Professeur Bernard Cohen sur la catastrophe de Tchernobyl. En effet, selon lui, cette catastrophe a été causée par « des ingénieurs qui trichent aux examens ou qui s’endorment sur leur lieu de travail, qui ne prennent pas le soin de présenter un rapport ponctuel sur les anomalies mineures, qui n’effectuent pas les vérifications requises. »…

Une fois encore sur le sujet de l’écologie les Simpson se font l’écho des vrais débats qui animent la société contemporaine. Selon l’auteur, ce qui fait la force de la série c’est de toujours réussir à railler les deux camps.« Si la satire contre l’anti-environnementalisme de la droite la plus fruste est féroce, il en va de même contre l’écologisme radical-chic. » « Le politiquement correct et l’écologie à la mode hollywoodienne sont donc considérés avec beaucoup de sarcasme. ». Pour ne prendre qu’un exemple cité dans cet ouvrage, nous pourrions rappeler cet épisode où l’ami de Lisa sa bat pour que la chaise électrique fonctionne à l’énergie solaire. Résultat: cette nouvelle chaise va contraindre le premier condamné à mort à subir de longues heures de grésillements atroces qui ne lui sont pas même fatals…

Mais pour Marco Malaspina « Le punching ball des scénaristes des Simpson est sans l’ombre d’un doute le système médical américain » comme l’indique Homer avec patriotisme : « T’en fais pas, Marge. Le système de santé américain est seulement second derrière le Japon… le Canada, la Suède, la Grande-Bretagne… toute l’Europe. On peut remercier notre bonne étoile, on ne vit pas au Paraguay. » Ceci est particulièrement bien mis en valeur par la rivalité entre les deux médecins de Springfield. Le docteur Hibert qui a inscrit sur la porte de son cabinet « organisation à but lucratif » et le docteur Rivera qui prend des cours sur cassette vidéo avant chaque intervention qu’il réalise pour seulement 129$99. L’auteur montre aussi que tous les sujets contemporains sont traités dans les Simpson: que ce soit la repousse des cheveux d’Homer, l’infertilité d’Apu et Manjula, la marijuana médicinale, le trafic de médicaments depuis les pays qui ont un vrai système de santé ou les pilules pour calmer les enfants au comportement antisocial.

L’acceptation de l’obésité, tout comme les OGM (avec cette célèbre réplique de Lisa: « ma pomme de terre mange ma carotte ») ou encore l’ADN sont traités dans cette série souvent à partir de films éducatifs diffusés en classe. « La solution des films éducatifs à écouter dans un silence religieux fait partie des solutions les plus sarcastiques et réussies de la série. »

Enfin, il faut noter que ce livre écrit par un scientifique permet aussi de lever quelques énigmes sur les anecdotes placées dans les épisodes des Simpson. On peut penser au mot écrit par Maggie avec ses cubes « EMCSQU » qui est en fait la traduction en lettres de la célèbre équation E=Mc² (EMC square), on peut aussi penser à ces célèbres équations qu’Homer rencontre dans l’épisode où il est perdu dans la troisième dimension. Il croise des égalités telles que 1+1=2, jusque là tout va bien mais aussi 1782²+1841²=1922². Cette dernière égalité n’a pas été choisie au hasard, il s’agit de l’illustration du théorème de Fermat selon lequel il n’existe pas de solutions entières positives à l’équation an + bn = cn pour n > 2. Le plus surprenant c’est que cette égalité n’a pas été choisie au hasard, si on la vérifie à la calculatrice elle semble juste. L’erreur provenant bien sûr de notre calculatrice qui ne peut afficher suffisamment de caractères. Rien n’est laissé au hasard, même la théorie d’un monde en forme de donut évoqué par Homer à la taverne de Moe renvoie réellement à un fait scientifique, la théorie dite du modèle toroïdal. Ceci provient du fait que dans l’équipe de scénaristes des Simpson il y a de nombreux scientifiques diplômés d’Harvard. Ce qui explique aussi la présence de nombreux scientifiques en guest dans la série comme le palétonthologue Stephen Jay Gould ou Dudley Hershbach qui déclara l’été passé à ABC News que son passage dans les Simpson est plus marquant sur son CV que son prix Nobel de chimie.

En conclusion, je vous laisse avec ces quelques mots de l’auteur: « Il est bien rare que l’on considère l’impact de la science sur ce réseau de relation intimes, quotidiennes et, par définition, non expert de la famille. Que se passe-t-il lors du dîner, dans la cuisine, quand on annonce à la télévision qu’une nouvelle épidémie de grippe est à craindre? Et quand on montre les images du lancement du Shuttle? Ou encore, au moment d’acheter une voiture, quand on s’intéresse à l’esthétique, d’une part, et aux émissions de C02, de l’autre? Ou quand sort un nouvel arrêté municipal sur le recyclage des déchets? Les Simpson nous montre une variété surprenante de nuances et de détails telle qu’elle fait du débat sur la science en famille une reproduction de ce qui advient à plus large échelle, dans les talk-shows ou au Parlement. »