Frédéric Mitterrand, le gros coup médiatique

24 juin 2009

On ne parle que de lui dans les colonnes des journaux ce matin, un remaniement plus important que prévu et pourtant un seul nom sur toutes les lèvres, Frédéric Mitterrand. Petite revue de presse européenne sur ce joli coup médiatique.

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Comme à son habitude, Libération a soigné sa une et l’a parée d’un jeu de mot simple mais efficace, « la farce tranquille ». Et oui, on rit à ce coup politique qui n’en est pas un puisque cela fait fort longtemps que Frédéric Mitterrand n’a de socialiste que le patronyme. L’édito de Laurent Joffrin, le souligne à merveille : « C’est ce qu’on pourrait appeler une nomination calembour. Mitterrand arrive au pouvoir sous Sarkozy : la force d’un patronyme ainsi arraisonné colore un remaniement pour le reste fondu dans la grisaille. Voilà une bonne farce servie à la gauche, qui sait bien que le neveu vif-argent n’est guère fidèle à l’oncle tutélaire, mais qui devra supporter néanmoins les inconvénients de cette niche familiale et homonymique. »

En onomastique (étude du nom propre) on considère souvent que si le nom propre n’a à l’origine pas de sens, il en acquiert dans le discours. C’est ce qui est visé à travers le choix de Frédéric Mitterrand : «  le contenu sémantique du nom propre n’est pas fondamentalement différent de celui du nom commun », écrivait Sarah Leroy dans Le nom propre en français. Ainsi dans l’imaginaire collectif Mitterrand renvoie au socialisme et pour être plus précis au seul président socialiste de la Cinquième République. S’il est avéré que Frédéric Mitterrand est d’avantage une ouverture au chiraquien, il n’en demeure pas moins par le sens que l’on donne à son nom, par son héritage familial, un gros coup politco-médiatique.

La presse européenne relaie d’ailleurs abondamment l’information. Du côté de l’Espagne, El País, titre ce matin : « Sarkozy ficha a un sobrino de Mitterrand para su Gobierno » (Sarkozy invite le neveu de Mitterrand pour son gouvernement). Le journaliste écrit que « El nombramiento da fe de la tendencia algo caníbal de Sarkozy a fagocitar valores situados en el campo político contrario. La potencia simbólica del nuevo titular del cargo es evidente: François Mitterrand, presidente de la República durante dos mandatos, encarnó durante muchos años al último líder incuestionable de la izquierda francesa.»1 Les autres journaux du pays lui emboitent le pas, La Voz de Galicia insiste aussi sur le fait que la star du remaniement n’ait pas su tenir sa langue et qu’il a dès lors obligé Sarkozy à avancer l’annonce du gouvernement de quelques heures.

C’est dans les journaux italiens que j’ai trouvé les meilleurs titres, pour le Corriere de la Serra, Sarkozy fait entrer un Mitterrand dans sa cour (« Un Mitterrand entra alla corte di Sarkozy ») alors qu’Il Jornio titre « Sarkò chiama Mitterrand jr al Governo » (Sarkozy appelle Mitterrand Junior au gouvernement). Si l’expression Mitterrand Junior est à proprement parler fausse, puisqu’il s’agit du neveu et non du fils Mitterrand, cet article à le mérite de bien résumer les choses. On choisit Mitterrand uniquement pour la valeur symbolique et pour son héritage politique, ce journal comme beaucoup d’autre reprend la citation du futur ministre de la Culture : « Sarkozy a bien été ministre de Mitterrand ».

Dans les titres de la presse francophone, on peut s’amuser de la similitude de l’article de 24 heures et de La tribune de Genève : «  Un Mitterrand dans le gouvernement Sarkozy ». On retrouve de toute façon ce titre dans à peu près tous les pays, notamment en Allemagne où le Süddeutsche Zeitung titre : « Frédéric Mitterrand Neuzugang im Kabinett von Nicolas Sarkozy »2. C’est plus du côté anglosaxon que viennent les surprises. On s’intéresse beaucoup au reshuffle du gouvernement français. The Independent dresse d’ailleurs un long portrait du futur ministre de la Culture en soulignant beaucoup son homosexualité :

« A talented film-maker and writer, Mr Mitterrand is open about his homosexuality, even writing about his “paid loves” with young men. A year ago, with the support of the first lady, he won a bitter contest to become the director of the Villa Medicis, an extension of the French Academy in Rome.

The film-maker, writer and TV presenter Frederic Mitterrand, 61, nephew of the late President François Mitterrand, will become culture minister, a very high-profile job in France. This appointment, welcomed by many in the artistic world, will irritate the Catholic, conservative right. M. Mitterrand is a vociferous campaigner for homosexual rights and a columnist in the gay magazine, Tetu.»3

En France, on a déjà que trop parlé des nombreux articles de presse ; à noter tout de même que Jean-Marcel Bouguereau écrit dans l’édito de la République des Pyrénées que « l’ouverture c’est fini » soulignant que « même si la nomination de Frédéric Mitterrand fait effet d’optique, celui-ci n’a jamais caché ses opinions de droite ».

A peu près partout en Europe, on n’a retenu que la nomination de Frédéric Mitterrand, peu d’articles soulignent l’absence de parité dans ce nouveau gouvernement, comme finalement peu d’articles parlent de François Fillon qui devrait pourtant être à l’origine de ce remaniement. Un peu partout on lit l’expression « gouvernement Sarkozy » qui n’a pourtant pas de sens constitutionnellement.

1La nomination fait foi de la tendance légèrement cannibale de Sarkozy à phagocyter des valeurs situées dans le camp socialiste. La puissance symbolique du nouveau titulaire de la charge est évidente : François Mitterrand, président de la République pendant deux septennats, est le dernier chef indiscutable de la gauche française.

2Frédéric Mitterrand recruté dans le gouvernement de Nicolas Sarkozy.

3Un talentueux auteur et réalisateur qui a affirmé publiquement son homosexualité et à même écrit à propos de ses relations payées avec des jeunes garçons. Il est devenu directeur de la Villa Médis grâce à ses relations intimes avec Carla Sarkozy. L’auteur, réalisateur et présentateur Frédéric Mitterrand, neveu de François Mitterrand, va devenir ministre de la Culture, un poste clé en France [sic]. Cette nomination bien accueillie par beaucoup dans le monde artistique devrait irriter les catholiques et la droite conservatrice. Monsieur Mitterrand étant un fervent défenseur des droits des homosexuels et collaborant au magazine gay Têtu.

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www.stoplouverture.com, c’est quoi cette affaire ?

18 juin 2009

En lisant mes courriers électroniques sur Gmail à l’instant, je suis tombé sur une publicité pour un site intitulé stoplouverture.com

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Le message n’est  pas très lisible, mais il est indiqué, « Non à l’entrée des gauchistes, signez la pétition ». Je me suis dès lors rendu sur le site qui annonce fièrement 11709 signataires.

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Première chose, que je remarque sur ce site c’est ce logo UMPS. En dessous, il est indiqué que ce site est réalisé par des militants UMP qui soutiennent Sarkozy. Le terme UMPS renvoie pourtant plutôt à Jean-Marie Le Pen qui en a la paternité, et à François Bayrou qui l’a souvent employé en 2007.

Que l’on signe ou non la pétition, il est impossible de voir qui sont ces quelques milliers de signataires, ce qui laisse à penser qu’il s’agit d’un faux. Le but du site est de lutter contre une seconde vague d’ouverture la semaine prochaine avec ce slogan : « un peu d’ouverture ça va, beaucoup d’ouverture bonjour les dégâts ! ». Pour eux,  « l’ouverture ne doit pas devenir un gadget médiatique renvoyant l’idée que les valeurs, l’intelligence et la compétence sont à gauche. »

Leur crainte est résumée en cinq points : risque de brouiller le message, affaiblissement de la cohésion gouvernementale, détérioration des relations avec les parlementaires (qui n’auront pas de postes), éloignement de la majorité de ses électeurs, et le clou du spectacle : risque de débarrasser les opportunistes du PS et ainsi d’aider le parti à se refonder… [sic]

Jack_Lang s’offusque sur Twitter et demande le retrait de sa photo sur la bannière du site. Site qui d’ailleurs n’est composé que d’une seule page, le contact en bas renvoie sur une adresse email banalisée et on retrouve un lien vers un article de Claude Goasguen dans Valeurs Actuelles, c’est tout.

Etrange site que ce stoplouverture.com qui a les moyens de s’offrir des pubs sur gmail mais qui ne donne aucune information sur ses créateurs ni sur les signataires…


Le sondage qui fait mal au P.S.!

13 mai 2009

Alors qu’il y a quatre ans, le PS avait progressé régulièrement dans les sondages jusqu’à arracher presque le tiers des suffrages – infligeant une sévère défaite à l’UMP – les sondages à paraître demain à propos des élections européennes sont affreusement décourageants pour les socialistes.

C’est une information que l’on pouvait retrouver dès hier soir sur le site du Figaro et aujourd’hui dans la version papier de la plupart des quotidiens. Le dernier sondage sur les élections européennes est loin d’être bon pour le PS.

Sondages

Le PS est situé actuellement à 7,5 points en-dessous de leur résultat des élections européennes précédentes et à 5,5 points du parti présidentiel. Le pire, c’est qu’il affiche une dynamique négative, par rapport au mois passé le PS est crédité d’un point de moins passant à 21,5% des intentions de vote. Comme on le voit sur le petit tableau récapitulatif ci-dessus, l’UMP est largement en tête et ne semble menacée par aucun parti. Le MODEM demeure deux points au-dessus de leur résultat d’il y a cinq ans.

Parmi les autres conclusions que l’on peut tirer de ce sondage, Frédéric Dabi, directeur du département d’opinion de l’IFOP, évoque l’hypothèse d’une « surprise Front de gauche » et relève qu’« au sein de cette gauche de la gauche semble s’opérer un changement de dynamique. Flirtant en février avec la barre des 10 %, le NPA d’Olivier Besancenot subit une baisse, laquelle profite aux listes du Front de gauche ». « Avec 6,5 % d’intentions de vote, ajoute-t-il, ces dernières s’avèrent en progrès constant et pourraient venir contester au NPA son leadership au sein de la gauche radicale. »

Dans un tel cadre, le parti socialiste devrait réellement se remettre en question, notamment sur la discrétion de leur campagne à trois semaines du scrutin. Il est peut-être temps d’offrir des meetings unitaires et de voir Ségolène Royal et Martine Aubry en campagne. Les élections intermédiaires (c’est-à-dire les élections qui ont lieu entre les élections capitales que sont les législatives et les présidentielles) sont généralement des élections très profitables à l’opposition, cela s’est quasiment vérifié à chaque élection au cours de la Cinquième République, c’était notamment le cas des européennes et des régionales de 2004. Le PS avait alors bénéficié du « vote sanction » contre le gouvernement.

Fort de ces sondages, Xavier Bertrand fanfaronne aujourd’hui dans Le Figaro : « Les Français ne se trompent jamais d’élection. Nous, nous parlons de notre projet pour l’Europe et des succès de la présidence française. Si certains ne sont pas à l’aise sur l’Europe et veulent parler de notre action, j’y suis également prêt. Mais si les socialistes avaient des choses à dire sur l’Europe, cela se saurait et ils auraient su cicatriser leurs blessures du référendum. »

Il est vrai que comparé à la cuisante défaite d’il y a cinq ans, l’UMP aborde ces élections européennes dans de très bonnes conditions. Dans le dernier sondage le rapport de force gauche-droite, n’est pas très différent de celui des dernières élections européennes (la gauche perdrait tout de même trois points par rapport à 2004), mais les positions de l’UMP et du PS sont totalement différentes. Si le PS perdrait environ 7,5 points, l’UMP lui en gagnerait plus de 10 points par rapport aux résultats de 2004. L’opposition cumule 41,5% seulement ce qui montre qu’il n’y a pas réellement d’aspect « vote sanction » actuellement. Le PS aurait à peu près une voix sur deux parmi les votes de gauche alors qu’en 2004 il récupérait près de 65% de ces votes de gauche, il faut dire que depuis le référendum sur la Constitution Européenne a laissé des traces. Ces chiffres montrent un rapport de force très défavorable au parti socialiste qui avait en 2007 bénéficié d’un important effet « vote utile ».

A trois semaines du scrutin, le parti socialiste devrait remettre à plat sa stratégie pour les européennes. Alors que Nicolas Sarkozy à une côte de popularité assez basse, la gauche ne réussit pas à bénéficier de l’aspect « vote sanction » des scrutins intermédiaires. Si ce sondage se vérifiait dans trois semaines dans les urnes, cela redonnerait une grande légitimité au gouvernement Fillon et à la présidence Sarkozy et risquerait de mettre à mal le PS et les mobilisations collectives. A gauche, le seul gagnant de ce scrutin semblerait être le Front de gauche qui pourrait réussir à voler la vedette au NPA.


Dix jours à l’UMP : des mots et des bas

1 février 2009

Comme me faisait remarquer le dernier commentaire de l’article précédent, je n’ai rien publié depuis une semaine. A vrai dire je préparais mes premiers écrits sur le futur blog collaboratif Chez Saint Pierre. L’actualité politique a pourtant été chargée ces derniers jours : petit aperçu.

Du changement à l’UMP

Dimanche passé, le site Betapolitique publiait un article annonçant que l’UMP réfléchissait à un changement de nom. Une agence de publicité aurait été contactée par le parti pour inventer un nom plus simple à prononcer, un acronyme sur le modèle du MoDem. Non contente de réfléchir à cette possibilité, l’agence aurait aussi été sommée de trouver une nouvelle dénomination possible pour les « militants » de ce futur parti. Même s’il ne le dit plus vraiment, Nicolas Sarkozy aime toujours à penser qu’il est le président de la rupture. Son parti n’est plus celui de 2002, les personnes qui y adhèrent ne sont pas juste militants c’est d’ailleurs dans cette idée que l’université d’été du parti était devenue « un campus d’été ». Un nouveau nom prêt pour renouveler le parti en cas de défaite aux européennes ou simplement un changement de nom à défaut d’un changement de politique? Affaire à suivre.

Des miettes à l’invasion

Ces derniers jours ont été riches sur le plan lexical. Tout d’abord, il y a eu cet acte de résistance d’Axel Poniatowski – qui comme tous les fils de lutte pour se faire un prénom – au sujet de la prochaine nomination d’Eric Besson à la direction de l’UMP : il a affirmé que son parti n’était pas un « ramasse-miettes ». Si l’ouverture au sein du gouvernement n’avait pas ravi tous les membres de la majorité, l’ouverture au cœur de la direction du parti est accompagnée d’indignation et d’incompréhension.

Le concerné s’exprimant la semaine passée au micro de RTL a marqué son passage par un magnifique lapsus. Évoquant l’invasion en lieu et place de l’immigration en provenance du Maghreb et de l’Afrique. Ce sera un des buzz de la semaine sur Internet.

Pendant ce temps là, Roselyne Bachelot que l’on entend de moins en moins souvent a fait parler d’elle en « souhaitant de tout coeur » que Martine Aubry « se casse la gueule »… L’humour de notre ministre de la Santé est toujours aussi ravageur!

Seconde motion de censure contre le gouvernement Fillon

Après la motion de censure dénonçant l’enlisement des troupes françaises en Afghanistan, le groupe SRC (socialiste, radical, citoyen et divers gauche) a déposé une seconde motion de censure contre la politique économique et sociale du gouvernement de François Fillon et plus précisément contre son inaction. L’occasion d’une belle joute verbale dont on retiendra que pour le parti socialiste le «président n’écoute plus personne» alors que pour François Fillon l’opposition veut rétablir « le socialisme d’hier » et utilise cette motion de censure pour qu’on oublie un temps ses « divisions ».

Karoutchi et son plan com’

Roger Karoutchi continue à déployer son plan com’ pour vendre son ouvrage à paraître. On sait d’ores et déjà que la seule chose captivante dans ce livre est la révélation de son homosexualité. On peut être surpris ou consterné de voir qu’une telle annonce soit un événement captivant et de constater à quel point cette histoire a pu passionner. Son plan média a été un peu bousculé par la sortie anticipée du numéro de l‘Optimum où il annonçait déjà le scoop ce qui ne l’a pas empêché d’être présent dans un grand nombre d’émissions télé et radio. Nicolas Sarkozy ne semble pas trop perturbé par l’instance de Roger Karoutchi sur ce sujet alors qu’il écrivait en 2001 dans Libre : « Quelle mouche a bien pu piquer Bertrand Delanoë de vouloir à tout prix révéler son homosexualité au motif de sa candidature à la Mairie de Paris ? »… les temps changent.

Haut-fonctionnaire et précaire.

Alors qu’une grève populaire et massivement suivie avait remplacé la tempête en une des journaux, Nicolas Sarkozy a essayé de muter en douce le préfet et le directeur de la police de la Manche. «C’est scandaleux. C’est une pratique d’un autre temps» déclare Jean-François Legrand, sénateur UMP et patron du Conseil général de la Manche. Les médias et l’opposition se sont emparés de l’affaire obligeant le gouvernement à justifier ces mutations. François Bayrou a évoqué un « fait du prince » alors que le PS faisait part de «son inquiétude répétée et grandissante devant la dérive des pratiques» du chef de l’Etat. Dans un communiqué, Marie-Pierre de la Gontrie, secrétaire nationale du PS chargée des Libertés publiques et de la Justice, dénonce «ces deux décisions autoritaires et capricieuses» qui ont «vocation à exercer une pression très forte sur les hauts fonctionnaires». Il est vrai que ces décisions rappellent les cas de Yannick Blanc, Alain Genestar ou encore Dominique Rossi.

Une semaine bien chargée à l’UMP sur laquelle le président pourrait bien revenir jeudi en direct sur TF1 et France 2, affaire à suivre!


Xavier Bertrand, enfant gâté ou fils illégitime?

11 décembre 2008

En pleine tergiversations autour de l’impossible nomination de Rama Yade au poste de secrétaire d’Etat aux affaires européennes, deux leaders du parti de la majorité se déclarent une guerre des mots.

bertrand2Alors qu’il y a du remaniement dans l’air du gouvernement Fillon, Xavier Bertrand vient de signer pour six semaines d’intérim à la tête de l’UMP. Six semaines qui pourraient bien se conclurent par l’obtention du poste qu’il aimerait tant celui de secrétaire général de l’UMP.

Cette nomination n’est pas du goût de tout le monde. Jean-François Copé, président du groupe UMP à l’assemblée – et qui de fait, essaye de trouver un rôle à ses députés dans un gouvernement dont toutes les idées semblent venir du haut – ne voit pas d’un très bon œil la nomination du protégé du patron à ce poste. Il sait qu’il va désormais devoir batailler avec un chef de parti plus puissant.

Un de ses proches déclarait déjà la guerre hier avec cette petite phrase qui a déjà beaucoup circulé : «Bertrand ? Il fait un parcours de nommé ». Rien d’anodin dans ces mots, ils servent à montrer l’illégitimité de Xavier Bertrand pour prendre ce poste lui qui n’aurait jamais recueilli le moindre suffrage. Pourtant, cette phrase est basée sur une contre-vérité puisque Xavier Bertrand a été élu dans un premier temps à la mairie de St Quentin puis député de l’Aisne (à deux reprises). S’il est bien le préféré, il a avant tout fait un parcours d’élu.

Il n’y a pourtant pas que Jean-François Copé qui s’en prenne à lui. Si Patrick Devedjian en quittant son poste a fait circuler le nom de Brice Hortefeux, c’est surement aussi pour rappeler à Chouchou (surnom retenu par ses biographes non autorisés Christophe Jakubyszyn et Muriel Pleynet) qu’il n’était pas le bienvenu.

Petits flingages entre amis comme titre aujourd’hui Libération. Dur, dur d’être un fayot.


Une belle semaine en politique

3 décembre 2008

Alors que le P.S. mettait fin à ses querelles internes, enfin pour être plus précis, les mettait de côté pour s’accorder sur la victoire de Martine Aubry, la politique a repris ses droits cette semaine. Frédéric Lefebvre, le très médiatique secrétaire à l’économie de l’UMP souhaitait la bienvenue à la nouvelle secrétaire du P.S. en lui offrant une phrase dont il a le secret : « la dame des 35 heures, est totalement disqualifiée pour donner de grandes leçons en matière de politique de l’emploi ». Voilà qui est dit.

Monsieur Bockel, dans l’indifférence générale, a réuni pas mal de ministres de la majorité à sa réunion de la « gauche moderne » ce que (même) Martin Hirsch a raillé en déclarant qu’il était un peu dur de faire croire que « la gauche moderne serait située à droite » au sens où une gauche de gauche serait archaïque…

Pendant ce temps là Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez avaient enfin réussi à trouver le nom pour leur nouveau parti, il s’appellera le PG, le parti de gauche. Simple et efficace. Le parti tenait (déjà) sont premier meeting à Saint-Ouen, l’occasion de critiquer « un PS de centre-gauche » et de faire un clin d’œil à Olivier Besancenot.

D’ailleurs à propos de Besancenot, que l’on dit être le grand gagnant de la cacophonie au P.S., il n’a pas manqué cette semaine de travailler son humour. Alors qu’il nous avait déjà fait rire avec ses belles expressions (voir ici par exemple), il a annoncé dans une grande interview au Nouvel Obs’ qu’il ne se serait pas présenté si Coluche avait été encore en vie. Il aurait voté pour lui. Si c’est une tentative pour faire une publicité gratuite pour le film de De Caunes, c’est un peu raté, le film reste un flop avec ses 500 et quelques milles entrées vendues. Au passage il a aussi gagné son duel contre la société Taser et en a profité pour fêter ça en manifestant sa joie avec quelques amis de Monsieur Rouillan…

Pendant ce temps du côté de la majorité. Etienne Mougeotte affirmait qu’on ne le reprendra plus à truquer les photos. « Aucune modification ne pourra être apportée à une photo d’actualité. » Rappelez vous, le Figaro qu’il dirige avait pris soin d’effacer une grosse bague (Cartier) sur un cliché de Rachida Dati paru en « une ». Malheureusement, quelques minutes après cette déclaration un soutien de poids était venu appuyer son choix. Gala affirmait qu’en fait la photo de Rachida Dati avait été prise en juin dernier et que depuis elle arborait une bague plus discrète qui pourrait ressembler à une alliance (ah ah).

Nicolas Sarkozy a perdu son procès contre la poupée Vaudou à son effigie qui pourra donc bien se trouver sous les sapins de Noël. Mais il a perdu un peu plus cette semaine. Depuis qu’il a reçu Kadhafi à l’Élysée, il a compris qu’il n’était pas facile d’accueillir n’importe qui au château. Il avait trouvé un bon moyen pour rencontrer un grand délinquant sans le faire venir en France, le rencontrer en terrain neutre. En Pologne par exemple. C’est là qu’il doit en fin de semaine rencontrer le Dalaï-lama, qu’il ne pouvait décemment pas faire venir à l’Élysée. Malheureusement, le gouvernement chinois a repérer son manège et a annulé sur le champ la prochaine rencontre avec l’Union Européenne, dommage c’était bien joué.

Pendant ce temps là, sa ministre du logement prenait conscience que des gens mourraient de froid en France et que la coercition ni ferait rien. Après quatre morts anonymes elle se décida enfin à aller « visiter » le bois de Vincennes s’efforçant à ne pas ramasser de champignons.

Christine Albanel – la toujours ministre de la Culture – assurait qu’il n’était pas gentil de la part de France Télévisions de faire grève parce que promis la publicité sera compensée par 450 millions d’euros des caisses de l’Etat jusqu’en 2011. La promesse n’engage qu’elle et puis avec un peu de chance d’ici 2011 la télé publique n’existera plus, le problème serait auto-résolu. Notons tout de même qu’elle est la seule ministre à s’être émue du sort de Vittorio de Filippis. Cet ancien patron de Libération que la police est venu récupérer à son domicile vendredi matin (un peu tôt il est vrai) en disant devant ses enfants qu’il était « pire que de la racaille » (et que de fait il ne sera pas même nettoyé au Karcher). Rachida Dati a trouvé cela normal, tout autant que de voir l’association Droit Au Logement (qui ne peut pas recevoir de dons) condamnée à 32000€ d’amende. Surprenant pour quelqu’un qui aimait tant critiquer les décisions de justice.

A me lire, on dirait qu’il ne s’est rien passé au MoDem cette semaine et pourtant, François Bayrou invité à France Inter a distribué les bons points aux candidats socialistes et surtout, surtout!, Yann Wehrling a rejoint son parti. Une grande nouvelle, lui que personne n’a oublié tellement il avait été un leader extrêmement charismatique des Verts est passé à l’orange…


La politique rend fou!

17 novembre 2008

demange

Il se suicide après avoir donner la mort à la femme qu’il aime. Un sobre fait divers? Le sujet du prochain policier de TF1?

Pas vraiment, c’est (peut-être) l’histoire du député UMP Jean-Marie Demange trouvé mort ce matin à son domicile de Thionville. Il siégeait à l’assemblée nationale depuis 22 ans et faisait partie de la commission des Affaires étrangères du Palais-Bourbon.

Peut-être avait-il essayé de regarder le Congrès de Reims sur La chaîne Parlementaire et comme beaucoup il ne s’en est pas vraiment remis, mais cette hypothèse ne semble pas celle retenue actuellement par la police…

En tout cas, il ne semble pas avoir voulu faire mieux que Jean Lassalle, il n’y a pas de traces de revendication politique dans son acte.

Bon courage à la famille pour supporter l’hyper-médiatisation à venir de cet événement.